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Une négociation avec une société de capital risque, aucun droit à l'erreur

Lorsque vous êtes en phase de recherche de financement auprès de sociétés de capital risque, finalement vous n'avez pas le droit à l'erreur, rarement vous aurez droit à une séance de rattrapage

Trois raisons Ă  Ă©voquer:
  • Le ChargĂ© d'affaires doit Ă©valuer votre projet et donc au final porter un jugement sur la faisabilitĂ© et la crĂ©dibilitĂ© de votre business. C'est une analyse auto-centrĂ©e sur vous: ce faisant on analyse en valeur absolue votre projet.
  • Il vous faudra donc convaincre dès la première entrevenue ou au minimum faire adhĂ©rer pour partie le chargĂ© d'affaires Ă  votre cause, sinon il n'y aura pas de second rendez-vous.
  • Si le capital risqueur est convaincu de la crĂ©dibilitĂ© de votre projet, l'affaire n'est pas encore gagnĂ©e car en parallèle il va analyser de manière relative votre projet. Autrement dit il va comparer votre business aux 40 autres dossiers qu'il reçoit par mois. La partie ne sera gagnĂ©e que lorsque vous franchirez cette ultime Ă©tape.
Notons que l'absence de droit à l'erreur, dans la conception du business plan, dans les multiples entretiens en face à face...s'explique également par le fait qu'un chargé d'affaires cumule plusieurs fonctions que schématiquement j'ai essayé de pondérer.

La proportion du temps de travail est indiquée en noire:

Prospection de projets (recherche de la perle rare) -10 %

SĂ©lection des projets- 10 %

Due diligence ( analyse, audit) - 7 %

NĂ©gociation des contrats de collaboration - 5 %

Suivi des participations - 43 %

RĂ©unions - 15 %

Préparation de la sortie - 10 %


Ainsi le temps alloué à la recherche de projet est relativement faible, surtout si on le compare au temps destiné aux suivis des participations.

Raison de plus pour être préparé au mieux car en vous lançant dans une opération de levée de fonds en phase d'amorçage ou de capital risque ayez toujours en tête cette phrase avant d'entrée chez un capital investisseur : "aujourd'hui c'est du one shot"
 

Association de Business Angels

Les réseaux d'investisseurs de proximité (business angels) sont appelés à jouer un rôle prépondérant dans le financement de la création d'entreprises.

Ce faisant le ministère des PME, du commerce, de l'artisanat et des professions libérales a lancé un programme visant à « mailler » le territoire national par des réseaux de business angels.

Profil de l'association de Business Angels :

Chaque association souhaitant entrer dans ce programme et donc bénéficier d'une soutien financier pendant 3 ans devra répondre à différents critères, entre autre :
  • constituer un rĂ©seau officiel connu par le plus grand nombre,
  • investir dans des projets de crĂ©ation d'entreprises Ă  potentiel,
  • aider les crĂ©ateurs Ă  mobiliser d'autres types de financement en fonds propres,
  • conseiller les crĂ©ateurs,
  • Ă©valuer les projets,
  • accroĂ®tre le nombre d'investisseurs de proximitĂ©s par la mise en oeuvre d'actions de communication
L'aide de l'état sous la forme de subvention est une aide ponctuelle qui permet de stimuler la création d'association de business angels

Cette aide est donc accessible pendant les 3 premières années de création de l'association et ne pourra:
  • excĂ©der au total 100 000 euros,
  • ĂŞtre supĂ©rieure Ă  50% du budget de l'association.
De plus l'aide sera limitée à 1 000 euros par dossier présenté (2000 si forte activité de l'association)

Appel à projet lancé le 28 novembre 2006 et fin des candidatures le 20 décembre 2006

Informations:
http://www.pme.gouv.fr/croissance/1106PRESENTATION_1.pdf
 

100 000 Entrepreneurs dans nos collèges et lycées

L'opération « 100 000 Entrepreneurs » organise des témoignages de chefs d'entreprise et de responsables associatifs dans les collèges, les lycées et l'enseignement supérieur en France.

Si vous pensez qu'il est urgent de :

  • Sensibiliser les 13-25 ans au monde de l'entreprise et des associations,
  • Leur faire prendre conscience que l'avenir peut ĂŞtre une source d'Ă©panouissement et d'opportunitĂ©s pour qui veut bien le prendre en main
Alors soutenez cette action en vous inscrivant sur le site: http://www.100000entrepreneurs.com/
 

Comment la concurrence démocratise notre confort de vie et notre portefeuille

Ce billet prend naissance dans un avion en partance de Carcassonne en direction de Charleroix (Belgique) avec la compagnie de transport aérien Ryanair.

Bien que professionnel, ce déplacement est l'occasion de constater comment la concurrence lorsqu'elle est pleine et entière profite aux consommateurs.

Qui pourrait regretter le monopole de l'ex Air France, lorsque pour 80 euros (A/R) des compagnies low cost vous proposent de faire des milliers de kilomètres en une poignée d'heures et d'euros.

L'ouverture du ciel français à la concurrence depuis 1990 a généré une baisse significative des prix et ainsi permis au plus grand nombre d'accéder à ce type de transport: la mixité sociale est devenue une plus grande réalité dans nos aéroports.

Avec la chute des prix sur de nombreuses destinations, l'avion est devenue plus accessible: personne ne peut raisonnablement regretter le temps où le trajet Nice/Paris rapporté au kilomètre était le plus cher au monde.

Au-delà de notre confort personnel et financier combien de régions, de communes ont vu leur tissu économique stimulé suite à la création de lignes à bas coût. Ainsi Marseille va se doter d'une aérogare réservée exclusivement aux compagnies low cost avec à la clé 1 millions de touristes attendus sur les bouches du Rhône, le Var et le Vaucluse.
 

Et si nos sociétés de capital risque Françaises s'inspiraient de leur consoeurs Américaines ?

Sur Techcrunch une info intéressante concernant une société de capital renommée : Charles River Ventures (1.8 milliards de dollars investi sur ces 36 dernières années).

Cette dernière lance le projet Quick Start qui consiste à financer des projets en phase d'amorçage: phase cruciale où le créateur formalise son idée, détermine les solutions techniques afin d'aboutir à un prototype ou un démonstrateur.

Ce qui est intéressant dans la démarche c'est la relative faiblesse des tickets d'entrée : les créateurs doivent avoir un besoin de financement compris entre 100 000 et 500 000 dollars.

Notons que la plupart de leurs confrères US interviennent sur des levées de fonds où l'unité de compte est le million de dollars.

De plus les modalités d'interventions sont originales par rapport à notre pays:

Ils financent l'entreprise avec un outil financier qui ressemble fortement à nos obligations convertibles en actions :l'apport d'argent est réalisé sous la forme d'un prêt avec les caractéristiques suivantes :
  • un taux d'intĂ©rĂŞt est appliquĂ©,
  • la sociĂ©tĂ© de capital risque a la possibilitĂ© de convertir son prĂŞt en actions et donc de devenir Ă  terme propriĂ©taire d'une quĂ´te part de l'entreprise financĂ©e.
Lorsque la « start up » va passer à une phase de production et de commercialisation de l'innovation, un nouveau tour de table va être lancé. C'est à ce moment là que l'originalité de la démarche apparaît:

De nouveaux capitaux risqueurs vont être appelés afin de financer cette seconde phase. Ces nouveaux entrants vont retenir une valeur de la société qui va déterminer le niveau de dilution des actionnaires initiaux.

Par rapport à cette valorisation Quick Star va bénéficier d'une décote de 5% par mois avec un plafond correspondant à 25%.

Pourquoi nos capitaux risqueurs Français ne proposent pas cette offre qui répondrait pourtant à:
  • une demande de financement de l'amorçage (parent pauvre de la chaĂ®ne de financement en France),
  • une demande de financement pour des tickets relativement faibles. On assiste depuis 5 ans Ă  une augmentation rĂ©gulière des tickets d'entrĂ©e ; pour exemple très difficile de mobiliser un FCPI pour des tickets infĂ©rieurs Ă  1 millions d'euros,
  • une demande de rĂ©activitĂ© et de rapiditĂ© dans la mise en place d'un tour de table. La procĂ©dure amenant Ă  une levĂ©e de fonds est souvent extrĂŞmement longue (en moyenne plus de 8 mois) Le fait de ne pas nĂ©gocier dès le dĂ©part la valorisation de la sociĂ©tĂ© rend l'accord plus aisĂ© et rend peut ĂŞtre les diligences plus rapides et centralisĂ©es sur l'essentiel.