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Business plan et société de capital risque

Je viens de terminer un séminaire de formation où pendant deux jours nous avons étudié avec des ingénieurs créateurs d'entreprises innovantes, hébergées par l'Incubateur de l'Ecole des Mînes d'Alès (ici) , la délicate question de l'élaboration d'un business plan efficace.

Le business plan efficace étant celui qui permet à l'entrepreneur de motiver le lecteur destinataire du document dans le sens souhaité. Sachant que le sens souhaité peut prendre différentes natures:
  • obtenir un prĂŞt bancaire,
  • nĂ©gocier l'entrĂ©e de capitaux risqueur,
  • obtenir l'intĂ©gration de futurs associĂ©s apportant une compĂ©tence technique.
  • ...
Dans la mesure où un business plan doit toujours s'adapter au lecteur final il sera forcément différent dans sa structure mais également dans son contenu selon que l'on s'adresse à une collectivité territoriale (région, département), une banque, voire à un business angel.

Par conséquent avant décrire le business plan mieux il vaut appréhender quels sont les objectifs et référentiels culturels du destinataire dudit document.

Par rapport à cette compréhension des objectifs de « l'autre » est revenue la question centrale au sujet des sociétés de capital investissement : à partir de quel niveau de rentabilité ou de plus values les sociétés de capital risque sont intéressées par un projet ?

Une première réponse consiste à indiquer que pour obtenir un Taux de Rendement Interne (TRI) de leur portefeuille supérieur à 12% par an, chaque projet est étudié en phase de création probablement avec un Taux de Rendement Interne supérieur à 40%. C'est en espérant sur certains dossiers faire entre 40% et 110% que la société de capital risque compensera les dossiers à perte et pourra in fine afficher un TRI au-delà de 12%.

L'autre réponse consiste à étudier les projets récents qui ont fait l'objet de plus values jugées intéressantes. Pour exemple la société de capital risque Acess2Net (ici) vient de céder les 10% qu'elle possédait chez la société PRYLOS.

Quelques informations sur l'opération:
  • Acces2net avait valorisĂ© la sociĂ©tĂ© avant leur intĂ©gration Ă  585 000 euros,
  • Acces2 net a apportĂ© 65 000 euros ce qui valorisait la sociĂ©tĂ© après augmentation de capital Ă  650 000 euros. Ce faisant Acces2Net possĂ©dait bien 10% du capital.
  • les actions ont Ă©tĂ© vendues 167 000 euros soit une plus value de 102 000 euros
Au total sur un an le TRI a été 157%,.....intéressant non ?

En conséquence: si votre projet peut afficher potentiellement des niveaux de TRI proche de ceux de la société PRYLOS alors vous intéresserez nos amis capitaux risqueurs.
 

Un comparatif Entrepreneur Français / Entrepreneur Américain

businessfinanceFIDUCIAL et l'IFOP présentent les résultats d'une enquête croisée auprès de patrons de TPE américains et français afin de mettre en avant ce qui les rapproche et les différencie dans leur quotidien, leurs valeurs, leur conception de l'entreprise et du métier de dirigeant.

L'enquête a été menée auprès d'un échantillon représentatif de 500 dirigeants français de TPE et 1000 dirigeants de TPE basées aux Etats-Unis.

Les principaux enseignements:

- Un goût d'entreprendre partagé:

  • 54% des patrons français considèrent que les Français ont le goĂ»t pour entreprendre,</li>
  • 92% des patrons amĂ©ricains, considèrent que leurs compatriotes ont l'esprit d'entreprise</li>
  • Les patrons français se lancent dans l'aventure de la crĂ©ation d'entreprise pour satisfaire un besoin d'indĂ©pendance (35% contre 26% pour les AmĂ©ricains) et se rĂ©aliser (23% contre 10% pour les AmĂ©ricains)
  • Les patrons amĂ©ricains mettent Ă©galement en avant la possibilitĂ© de gagner plus d'argent (17% contre 4% en France)
  • En France, les entrepreneurs se dĂ©finissent d'abord comme indĂ©pendants, autodidactes (55% contre 40% d'amĂ©ricains) et chef d'entreprise (21% contre 9%), tandis qu'aux Etats-Unis, les dimensions de manager et de leader sont plus rĂ©pandues (26% contre 6%).

- Un socle de valeurs communes:

  • Les patrons des 2 pays partagent une valeur : le sens de l'effort qu'ils considèrent comme l'atout indispensable pour diriger une entreprise (73% des dirigeants français, 63% des dirigeants amĂ©ricains).
  • Un engagement qui se traduit dans les horaires de travail : bien que les congĂ©s du chef d'entreprise soient plus Ă©levĂ©s en France qu'aux Etats-Unis (en moyenne 19 jours/an contre 11), la durĂ©e moyenne du temps de travail hebdomadaire y est plus Ă©levĂ©e (54 heures/semaine contre 52). Selon ces estimations, les chefs d'entreprise des 2 pays travailleraient en moyenne 2 600 heures par an, soit 950 heures de plus que le salariĂ© français aux 35 heures.
  • Comme autres atouts pour diriger, les Français mettent en exergue l'expĂ©rience et la compĂ©tence ou le relationnel et le commercial (56% contre 28%) quand les patrons amĂ©ricains insistent plus sur la capacitĂ© Ă  manager et le goĂ»t du risque (48% contre 22%).

- Une vie plus facile pour les entrepreneurs aux USA:

  • Les responsabilitĂ©s et les tracas de la vie de dirigeant semblent moins ressentis aux Etats-Unis : 57% des Français trouvent qu'une entreprise reprĂ©sente beaucoup de tracas, contre 28% aux Etats-Unis.
  • Une majoritĂ© de dirigeants amĂ©ricains considère qu'il est plutĂ´t aisĂ© : d'innover sur de nouveaux produits ou nouveaux services (55% contre 37% pour les patrons français), d'obtenir des crĂ©dits bancaires (51% contre 27%),

ou de développer sa clientèle ou ses marchés (50% contre 35%).

- Optimisme et confiance en l'avenir:

  • Si l'optimisme Ă  moyen terme des patrons est majoritaire en France et aux Etats-Unis, il est plus Ă©levĂ© chez les chefs d'entreprise amĂ©ricains (76% contre 53% sur le climat gĂ©nĂ©ral, 85% contre 69% sur leur activitĂ©).
  • De plus, le taux de croissance de leur activitĂ© prĂ©vu pour les 2 prochaines annĂ©es par les patrons amĂ©ricains est quasiment le double du taux espĂ©rĂ© par les Français (4,5% contre 2,3% l'an).
 

Une société de capital risque à vous présenter

Le Conseil régional de Bourgogne lance une nouvelle société de capital risque, Bourgogne Croissance Innovation (BCI), qui sera opérationnelle dès 2007.

Cette société de capital investissement devrait intervenir dans le financement de la création et du premier développement des jeunes entreprises innovantes. Ce faisant des projets:
  • en phase amorçage (validation de la technologie, dĂ©pĂ´t de brevet, prototype...),
  • ou en phase de capital risque (lancement industriel et commercial du produit, projets de dĂ©veloppement pour des entreprises âgĂ©es de moins de 7 ans) devraient ĂŞtre Ă©ligibles.

La structure sera dotée d'un capital de 3 millions d'euros, son président sera Gilles Bordes (Président du groupe ELABOR).

La fourchette d'intervention sera entre 50 000 et 150 00 euros par entreprise, avec en moyenne 4 Ă  5 dossiers par an.

Cette nouvelle société de capital risque sera complémentaire avec une autre société financière : IDEB (Institut de Développement Economique de la Bourgogne).

L'IDEB est une société de capital investissement qui intervient dans le financement de PME-PMI « matures ».

Pour plus d'informations sur l'IDEB voir le billet suivant (ici)
 

Une société de capital développement à vous présenter

L'IDEB est une société de capital investissement qui rayonne en région Bourgogne et intervient dans le financement:
  • de projet de dĂ©veloppement de PME-PMI « matures »,
  • dans des opĂ©rations de transmission d'entreprises.
Les modalités d'interventions sont les suivantes:
  • participation au capital dans la limite de 35 %,
  • montant minimum d'intervention : 75 K€,
  • montant maximum d'intervention : 400 K€.
Le financement de l'entreprise peut prendre plusieurs formes:
  • souscription Ă  des actions,
  • souscription Ă  des obligations convertibles,
  • possibilitĂ© de compte courant adossĂ© Ă  des bons de souscription en actions.
Après 20 ans d'expérience de capital investissement et d'ingénierie financière, l'IDEB a accordé plus de 18 M€.

Contact:

Grégoire BOUTEFEU, Directeur d'investissements
4 rue Joseph Tissot BP 35240
21052 DIJON CEDEX
TĂ©l: 03 80 60 08 00
Fax: 03 80 60 08 04

idebourgogne@wanadoo.fr
 

La situation du capital risque / capital investissement

La Caisse des dépôt et Consignation a publié récemment une étude sur le comportement des sociétés de capital investissement.

Plusieurs indications :
  • le secteur ne connaĂ®t pas de problème particulier pour obtenir des financements auprès des souscripteurs habituels.

    Ceci confirme l'interrogation que l'on peut avoir sur l'intérêt de créer la structure de financement "France Investissement" (voir billet précédent ici)
  • les sorties (revente des actions achetĂ©es lors de l'entrĂ©e au capital) sont rĂ©alisĂ©es dans de bonnes conditions: les plus values constatĂ©es au premier semestre 2006 sont supĂ©rieures de 25% Ă  celles affichĂ©es sur la mĂŞme pĂ©riode en 2005.
  • la plupart des sorties concernent la filière Technologie de l'information.
  • en moyenne les sociĂ©tĂ©s de capital investissement lors du premier tour de table apportent 1.5 millions d'euros.
  • 67% des investissements sont rĂ©alisĂ©s dans les technologies de l'information.
  • 23% des financements sont attribuĂ©s aux sciences de la vie.
  • l'industrie n'est pas oubliĂ©e avec 7 % des investissements dans ce secteur

L'étude constate également qu'il existe un goulot d'étranglement entre les flux d'entrées (les sommes collectées) et les flux de sorties (les investissements).

Il faut espérer que la France ne connaîtra pas la même situation que les Etats-Unis où certains fonds courant 2006 ont remboursé leur souscripteur faute d'investissement.