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Un peu de poésie avec GOOGLE

Un peu de détente et de rétrospective.....

Si l'addiction à google est une pathologie commune à beaucoup de blogueur, il ne faut pas oublier que dernière leur technologie il a un artiste....

La preuve: (ici)

(une fois sur la page prendre l'ascenseur vers le bas...)

 

La défaillance de notre chaîne de financement de la création d'entreprises

Désolé j'insiste après mon billet d'hier....

Mais,Ernst & Young et DowJones VentureOne viennent de produire une étude sur la situation du capital risque européen.

867 entreprises ont été financées en 2006 pour un montant total de 4,1 milliards d'euros.

Cette forte sélectivité engendre une augmentation du ticket moyen d'intervention qui affiche maintenant 2,2 millions d'euros (petit projet prière de s'abstenir....)

Et sur ces 867 entreprises combien de projets financés en phase d'amorçage?

300...non

200......non

100 alors.....toujours non

26..... quelqu'un a parlé de sélectivité ?

Les secteurs d'activités privilégiés sont:



1- les technologies de l'information,

2- les sciences de la vie (239 projets et 1,4 milliards d'euros),

3- le commerce (86 projets et 329 millions d'euros).

 

Un petit commentaire sur un article du journal les Echos

Un article des Echos de ce jour (ici) aborde la question centrale du financement de la création d'entreprises. Il en ressort une présentation plutôt optimiste de la situation du financement en insistant sur:

- l'augmentation des montants investis dans le capital risque,

- les effets positifs de la politique fiscale menée,

- le rĂ´le des FCPI

- l'intérêt de l'organisme de financement France investissement.

Lorsque l'on aborde la situation du financement de la création d'entreprise on peut voir le verre à moitié vide ou à moitié plein.

Reste que dans la chaîne du financement de la création d'entreprises le parent pauvre est sans conteste le financement des dépenses de faisabilité technologique et commerciale. Cette étape est cruciale puisque l'entrepreneur cherche des fonds pour finaliser son produit, pour concevoir le prototype voire déposer un brevet.... et ce 1 à 2 ans avant de lancer véritablement la phase de commercialisation et de production.

Cette phase d'amorçage très risquée est peu appréciée par les sociétés de capital investissement qui préfèrent financer des entreprises "matures" (capital développement) ou des opérations de transmission (capital transmission).

Ce faisant combien y -a - t 'il vĂ©ritablement de projets financĂ©s en phase d'amorçage ? 20,30,40,... moins de 60 probablement. RapportĂ©e au nombre d'entrepreneurs en quĂŞte de financement, 500, 800 probablement plus de 1 000, la probabilitĂ© de rĂ©ussite est faible.

Concernant la phase de lancement commercial et de production (phase de capital risque), elle aussi est délaissée. Car derrière les chiffres se cache une autre réalité:

  • beaucoup de financements dans cette phase ne concernent pas de nouvelles entreprises mais des re-financements. C'est-Ă -dire des sociĂ©tĂ©s qui ont dĂ©jĂ  Ă©tĂ© financĂ©es et qui bĂ©nĂ©ficient d'un second tour de table.
  • la phase de capital risque Ă  la française est particulière puisqu'elle ne correspond que peu avec la dĂ©finition qui en est donnĂ©e gĂ©nĂ©ralement.

En effet la plupart des sociĂ©tĂ©s de capital risque, contrairement Ă  ce que l'on pourrait espĂ©rer, demande Ă  ce que l'entreprise dispose dĂ©jĂ  d'un volant de chiffre d'affaires, avec une rĂ©ponse classique : « nous ne sommes pas lĂ  pour permettre Ă  l'entreprise d'Ă©vangĂ©liser le marchĂ©, revenez nous voir lorsque vous aurez fait la preuve qu'il existe une clientèle ».

  • les FCPI sont Ă©galement dans cette dĂ©marche avec une difficultĂ© supplĂ©mentaire: en dessous d'un besoin financier infĂ©rieur Ă  500 000 euros, pour la plupart, vous ne les intĂ©ressez pas. Ce qui, vous en conviendrez, limite fortement le nombre d'entreprises potentiellement Ă©ligibles.

En ce qui concerne la politique fiscale celle-ci est peu incitative car la plupart des mesures sont plafonnées.


  • Le dispositif Madelin est loin d'avoir rĂ©volutionnĂ© le financement de la crĂ©ation d'entreprises.

Sinon comment expliquer que la France dispose de 10 fois moins de business angels que la Grande Bretagne, comment expliquer qu'un pays comme le Japon où il n'existait quasiment pas de business angels en 1 an a réussi à en comptabiliser plus de 3000 et ce n'est qu'un début.

Mais au Japon un particulier qui investit dans une entreprise peut déduire la moitié du montant investi de ses impôts qu'il devra payer au titre de ses plus-values. En France un couple marié pourra déduire au maximum 40 000 euros.

En ce qui concerne l'opportunité de création de la structure France Investissement, il est intéressant de se rapporter à une étude récente de la Caisse des dépôt et Consignation sur le comportement des sociétés de capital investissement.

Plusieurs indications:

  • les sociĂ©tĂ©s de capital investissement n'ont pas de difficultĂ©s pour mobiliser des fonds auprès de leurs souscripteurs. Ceci confirme l'interrogation que l'on peut avoir sur l'intĂ©rĂŞt de crĂ©er la structure de financement "France Investissement" qui va probablement apporter 2 milliard d'euros Ă  des organismes qui en ont peu besoin.
  • les sorties (revente des actions achetĂ©es lors de l'entrĂ©e au capital) sont rĂ©alisĂ©es dans de bonnes conditions: les plus values constatĂ©es au premier semestre 2006 sont supĂ©rieures de 25% Ă  celles affichĂ©es sur la mĂŞme pĂ©riode en 2005.
  • l'Ă©tude constate Ă©galement qu'il existe un goulot d'Ă©tranglement entre les flux d'entrĂ©es (les sommes collectĂ©es) et les flux de sorties (les investissements).

Ce faisant le financement des entreprises en phase de création ou de développement pour les PME n'est pas limité par un manque d'argent. Ce n'est pas un problème d'offre de financement mais plutôt un problème de distribution, d'allocation des fonds.

Ainsi créer une nouvelle structure de financement peut être justifiée si elle comble un manque dans la chaîne du financement de la création d'entreprises. C'est à dire le financement de:

  • la phase d'amorçage (validation de la technologie, dĂ©pĂ´t de brevet, prototype),
  • la phase de capital risque (lancement industriel et commercial du produit)

Or rien n'indique aujourd'hui que France Investissement va investir en priorité sur ces deux axes.

Derrière les mots il est urgent d'aller voir ce qui s'y cache car ne nous trompons pas lorsque l'on parle de capital risque en France il s'agit plutôt, sur le terrain, de capital développement

 

Un instant je me suis imaginé japonnais.....

Comme vous le savez le problème de financement des entreprises explique en grande partie le différentiel de création d'entreprises que nous pouvons constater avec nos pays voisins ou plus éloignés.

Il est un pays où malgré la croisance économique et la faiblesse du taux de chomage (moyenne de 4%) on continue de proposer de nouvelles mesures afin de favoriser la sphère économique.

Au Japon un particulier qui investit dans une entreprise peut déduire la moitié du montant investi de ses impôts qu'il devra payer au titre de ses plus-values.

  • Ainsi un particulier qui achete une action 100 euros et qui la revend 500 euros va rĂ©aliser un plus value de 400 euros.
  • Sans le dispositif fiscal il aurait dĂ» s'aquitter d'un impĂ´t de 80 euros (20% par exemple), mais grâce Ă  cette politique de stimulation du financement de la crĂ©ation d'entreprises il ne sera redevable que de 30 euros ( 80- 100/2) soit une Ă©conomie de 62,5%

Ce type de mesure a permis de multiplier par 10 le nombre de business angels.

Là encore les autorités japonnaise se sont inspirées du mécanisme fiscal des Etats Unis (autant s'inspirer de ce qui marche).

En France nous sommes trés loin de cette efficacité avec des mécanismes fiscaux compliqués et peu motivants:

  • les possibilitĂ©s de dĂ©duction fiscale sont toujours plafonnĂ©es Ă  des niveaux trop bas. Par exemple le dispositif Madelin:

Les investisseurs, qui sont des particuliers, bĂ©nĂ©ficieront d'une rĂ©duction d'impĂ´t lors de l'entrĂ©e au capital de l'entreprise financĂ©e : 25% des sommes investies, dans la limite du plafond de 40.000 euros pour un couple. Pas assez stimulant....

  • et lorsqu'il existe des dispositifs fiscaux qui vont dans le bon sens ils sont supprimĂ©s comme celui indiquĂ© ci-dessous:

Pour les particuliers qui avaient financé la création d'une entreprise en participant au capital, si cette dernière déposait le bilan pendant les 8 prochaines années, ils pouvaient bénéficier d'une déduction de leur impôt sur le revenu égale au montant de leur souscription.

La dĂ©duction Ă©tait limitĂ©e annuellement Ă  :



- 60 000 euros pour un couple marié

- 30 000 euros pour les autres contribuables

Bon n'en parlons plus.....

 

Un fonctionnaire peut créer une entreprise en minimisant les risques d'echec

Carte de la franceA compter du 1er juillet 2007 tout fonctionnaire souhaitant créer ou reprendre une entreprise aura la possibilité de cumuler ses fonctions au sein de l'administration et celles relatives à la création ou à la reprise d'une entreprise.

Ce cumul est valable 1 an renouvelable une fois.

De plus les fonctionnaires peuvent être associés dans une SARL ou être actionnaires d'une SA (SAS); autrement dit détenir des titres de propriétés d'entreprises ( actions ou parts sociales). En conséquence un fonctionnaire peut tout à fait obtenir une "rémunération" complémentaire sous la forme de dividende.

A précisé que les personnels enseignants, techniques ou scientifiques des établissements d'enseignement et les personnes pratiquant des activités artistiques seront autorisés à exercer les professions libérales découlant de leurs fonctions.

Source : loi n° 2007-148 du 2 fĂ©vrier 2007, Journal officiel du 6 fĂ©vrier 2007, p.2 160

Ce type de dispositif est intéressant car tout ce qui peut stimuler la création d'entreprises est "bon à prendre".

NĂ©anmoins au lieu de stimuler une catĂ©gorie professionnelle qui reste assez Ă©loignĂ©e de la logique de la crĂ©ation d'entreprises ne vaudrait il pas mieux stimuler des catĂ©gories qui par nature sont dĂ©jĂ  plus portĂ©es Ă  prendre des risques ?

Faut il rappeler qu'une des motivations principales pour intégrer l'administration réside dans la sécurité de l'emploi qu'elle propose.

Si l'on souhaite avoir une visibilité assurée sur sa rémunération et sur son poste de travail il ne faut surtout pas envisager la création d'une entreprise:

  • La plupart des entreprises que nous accompagnons au sein de la pĂ©pinière d'entreprises de Narbonne ont une visibilitĂ© Ă  6 mois sur leur chiffre d'affaires.
  • Pas Ă©vident de continuer Ă  ĂŞtre serein lorsque vous ne savez pas qui sera votre prochain client et qu'elle sera vĂ©ritablement le chiffre d'affaires de l'entreprise.

Il sera intéressant d'évaluer combien de fonctionnaires auront sauté le pas courant 2007/2008 suite à ces mesures.

A suivre donc....

Actualisation septembre 2009:

Il me semble opportun de corriger la "tournure de ce billet". En effet ce dernier date de février 2007 et l'affirmation de l'époque reprise ci-dessous appelle un commentaire:

"Néanmoins au lieu de stimuler une catégorie professionnelle qui reste assez éloignée de la logique de la création d'entreprises ne vaudrait il pas mieux stimuler des catégories qui par nature sont déjà plus portées à prendre des risques ?"

Il suffit de lire le nombre de commentaires (250) lié à ce billet, de constater l'engouement de nombreux fonctionnaires pour bénéficier du régime de l'auto entrepreneur pour contredire cette affirmation:

Il n'y a plus de frontière entre la sphère du fonctionnariat et celle de l'entrepreneuriat...

Je suis ravi de mettre trompé: car une nouvelle clientèle va taper aux portes de nos pépinières d'entreprises...

A bientĂ´t alors....