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Besoin de financement: demander un prêt BEI

DollarsLa Banque Européenne d’Investissement (BEI) dédie 30 milliards d’euros aux PME en Europe, sous forme de nouveaux prêts, par l’intermédiaire de banques commerciales

À la demande des ministres des finances de l’Union européenne réunis en Conseil informel à Nice les 12-13 septembre 2008, le Groupe Banque européenne d’investissement (Groupe BEI) renforce et modernise son appui aux Petites et Moyennes Entreprises en Europe, afin de les soutenir en période de crise financière.

Le Conseil d’administration de la BEI a adopté le 23 septembre une première série de mesures:

  • La BEI va consacrer 15 milliards d’euros sur la période 2008-2009 à des prêts pour les petites et moyennes entreprises en Europe par l’intermédiaire de banques commerciales, dans le cadre d'une enveloppe de 30 milliards d'euros d'ici 2011.

Ceci représente une augmentation significative par rapport à son activité habituelle dans ce secteur.

La BEI va donc faire plus, mais également faire mieux : elle a développé une nouvelle formule de prêts, appelée prêt BEI pour les PME, toujours accordée par l’intermédiaire de banques commerciales, mais plus simple, plus flexible et plus transparente de façon à bénéficier concrètement à un plus grand nombre de PME. Ce dispositif rénové fait suite à une large consultation des acteurs du marché des PME, menée par la BEI en 2007-2008.

  • Dans un deuxième temps, d’ici la fin de l’année, la BEI proposera aux banques intermédiaires des produits plus sophistiqués par lesquels elle interviendra en partage de risques afin de stimuler les segments où les banques commerciales ont du mal à s’engager (PME dont le risque est perçu comme trop élevé ou dont les garanties sont jugées insuffisantes).

Le prêt BEI pour les PME:

Concrètement, qui peut en bénéficier, pour financer quel type d’investissement et comment procéder pour obtenir un prêt BEI pour les PME?

  • Qui peut bénéficier d’un prêt BEI pour les PME?

Toutes les entreprises autonomes de moins de 250 employés. Les filiales ou les sociétés holdings des groupes industriels ne sont pas éligibles, car ces prêts BEI sont réservés aux petites et moyennes entreprises.

  • Pour financer quoi?

Les prêts BEI peuvent soutenir des investissements matériels, immatériels ou de fonds de roulement. Les prêts BEI pour les PME peuvent soutenir tous types d’investissements ou dépenses nécessaires au développement au sens large d’une petite entreprise. Les investissements peuvent ainsi être:

- Matériels, c'est-à-dire l’achat d’équipement ou de biens immobiliers. En principe l’achat de terrain foncier est exclu sauf s’il est vital pour l’investissement mais l’achat de terres agricoles est exclu totalement.

- Immatériels, comme le financement des dépenses liées directement à des activités de recherche et développement, la constitution ou la reprise de réseaux de distribution, y compris dans un autre pays membre de l’Union européenne, le dépôt ou l’achat de brevets ou les dépenses induites lors de la transmission d’une entreprise lorsque celle-ci permet le maintien de l’activité économique (lorsque l’acheteur et l’entreprise mise en vente sont des PME et le montant de financement de la transmission n’excède pas 1 million d’euros).

- L’augmentation permanente des fonds de roulement nécessaires au développement d’une PME en expansion.

Dans presque tous les secteurs de l’économie:

Les prêts BEI pour les PME peuvent soutenir des investissements dans tous les secteurs de l’économie, sauf l’armement, les jeux d’argent, le tabac, les activités impliquant des expériences sur les animaux, les activités dont l’impact sur l’environnement ne peut être largement atténué ou compensé, les secteurs moralement ou éthiquement controversés (comme le clonage humain), ni la pure promotion immobilière.

Sont également exclues les transactions purement financières (par exemple le rachat d’entreprises) à l’exception des transmissions d’entreprises dans les cas spécifiques décrits ci-dessus.

  • Pour quel montant et à quelles conditions?

Les prêts BEI pour les PME peuvent soutenir des investissements de tous montants, depuis de très petits projets jusqu’à des investissements d’un coût maximum de 25 millions d’euros.

Le soutien de la BEI pourra être obtenu pour des prêts d’une durée comprise généralement entre 2 et 12 ans. La durée effective sera fonction de la durée de vie économique des investissements financés. Le montant maximum soutenu par la BEI ne pourra dépasser 12,5 millions d’euros par prêt.

Les prêts BEI pour les PME seront attribués par l’intermédiaire de banques commerciales dans toute l’Union européenne, chargées d’évaluer chaque demande de prêt présentée par une petite ou moyenne entreprise. Sur la plupart des opérations, la décision d’octroyer ou non un prêt à la PME appartient entièrement à la banque intermédiaire. L’intervention de la BEI permet d’améliorer les conditions financières d’un prêt ainsi accordé, et elle veillera à ce que ces améliorations soient clairement communiquées aux PME concernées.

Sur certaines opérations, la BEI pourra également intervenir en partage de risque avec le partenaire bancaire ou à travers des opérations mezzanines. Les modalités pratiques de ses deux options seront précisées ultérieurement.

  • Concrètement à qui s’adresser?

Plus d’une centaine de banques travaillent déjà régulièrement avec la BEI dans les 27 pays membres de l’Union européenne. Pour chaque pays, veuillez trouver leurs coordonnées régulièrement mises à jour (voir le lien ci-dessous).

  • Quand les nouveaux prêts BEI pour les PME seront-ils disponibles?

Les premiers prêts BEI pour les PME nouvelle formule seront disponibles dès début octobre, dans plusieurs pays. Ils feront l'objet d'annonces séparées.

  • Quel est l’avantage des nouveaux prêts BEI pour les PME?

La BEI est la banque de l’Union européenne. Grâce à ses statuts et ses actionnaires, qui sont les 27 États Membres, elle jouit de la meilleure notation possible sur les marchés des capitaux (« AAA »). La BEI peut ainsi emprunter des fonds sur les marchés des capitaux à des conditions favorables. Ce sont ces conditions qu’elle répercute dans les prêts qu’elle accorde, notamment aux PME via les banques intermédiaires. Ces banques s’engagent à informer concrètement et individuellement les PME de l’intervention BEI et de son impact sur les conditions financières du prêt reçu, par une lettre d’information par exemple.

  • Les nouveaux prêts BEI pour les PME seront-ils disponibles dans tous les pays de l’Union européenne?

Oui, les prêts BEI pour les PME pourront soutenir des investissements situés dans les 27 pays de l’Union européenne.

  • D’où proviennent les 30 milliards d’euros que la BEI va mettre à disposition des PME?

La BEI est une banque à but politique, ne pesant ni sur le budget de l’Union européenne, ni sur les contribuables nationaux. Elle emprunte ses fonds sur les marchés des capitaux de façon autonome (plus de 50 Mrd EUR en 2007). Elle agit donc comme un « orientateur d’épargne » au service des politiques de l’Union, levant d’importants volumes financiers à l’échelle mondiale pour les affecter au développement de l’économie européenne.

De nouveaux produits en cours de préparation

Dans un deuxième temps, d’ici la fin de l’année, la BEI proposera aux banques intermédiaires des produits plus sophistiqués par lesquels elle interviendra en partage de risques afin de stimuler les segments où les banques commerciales ont du mal à s’engager (PME dont le risque est perçu comme trop élevé ou dont les garanties sont jugées insuffisantes). Trois types de mesures seront développés:

  • des prêts en partage de risques avec les banques, par lesquels la BEI garantit une partie du risque global pris par la banque intermédiaire;
  • des prêts où la BEI prend directement un risque sur la PME bénéficiaire, en parallèle de la banque intermédiaire;
  • des produits dits « mezzanine » pour les PME en forte croissance ou « gazelles ». Par l’intervention de sa filiale le Fonds européen d’investissement (FEI), le Groupe BEI proposera des prêts participatifs, dits de ‘’haut de bilan’’, en ce qu’ils s’assimilent à des quasi-fonds propres et permettent aux « gazelles » de renforcer leur capacité d’emprunt bancaire sans pour autant devoir ouvrir le capital, ni apporter des garanties importantes (ce n’est que si l’entreprise n’est pas en mesure de rembourser que le prêt participatif est converti en actions).

Enfin, la BEI et la Commission européenne uniront leurs efforts pour mettre en place un Fonds paneuropéen de microcrédit destiné aux TPE. Ce fonds permettra de relayer, à travers une trentaine d’institutions de micro-finance en Europe, des prêts à la création et au développement ainsi que de l’assistance technique aux TPE, notamment celles localisées en zone sensibles.

Note de contexte:

  • La BEI partenaire du financement des PME depuis 40 ans
  • Le Groupe BEI finance les PME depuis 1968, ses Gouverneurs – les 27 Ministres de l’Économie et des Finances de l’Union européenne – en ont fait une des 5 « priorités opérationnelles » de la Banque en 2005.

Jusqu’en 2007, l’activité PME du Groupe BEI s’exprimait sous trois lignes de produits, relayés par plus de 200 banques commerciales et près de 300 fonds de capital investissement dans les 27 pays d’Europe:

- des lignes de crédit de la BEI à des banques commerciales pour le financement à moyen ou long terme des investissements physiques des PME ; Cette activité de prêt représentait un volume annuel proche de 5 milliards d’EUR atteignant quelque 50.000 PME par an.

- du capital-risque: depuis 2000, le FEI a investi 4,4 milliards d’EUR dans 273 fonds de capital-investissement, qui prennent des participations au capital de PME, essentiellement innovantes et à fort potentiel de croissance (Stratégie de Lisbonne). Ces fonds ont permis plus de 800.000 créations de PME dans toute l’Union européenne, depuis 2001.

- des garanties bancaires, également apportées par le FEI. 190 opérations ont permis de garantir partiellement 11,6 milliards d’engagements de prêts de banques sur les PME. En partageant ainsi le risque commercial avec les banques, le FEI déplace le risque ce qui réduit les réserves devant être constituées par les banques en application de Bâle II ; ce levier financier indirect stimule le marché bancaire des PME.

  • La BEI : une solution miracle ?

Non, la BEI ne peut pas offrir la panacée. Mais dans cette période où la marge de manÅ“uvre de la plupart des États Membres est réduite et où le secteur bancaire doit affronter une crise financière de grande ampleur, le recours au Groupe BEI peut apporter un complément à la fois efficace et souple. Banque des États Membres, ne pesant ni sur le budget de l’Union européenne, ni sur les contribuables nationaux, la BEI emprunte ses fonds sur les marchés des capitaux (plus de 50 milliards EUR en 2007), de façon autonome et sans garantie de ses États membres. Elle agit donc comme un « orientateur d’épargne » au service des politiques de l’Union, levant d’importants volumes financiers à l’échelle planétaire pour les affecter au développement de l’économie européenne.

 

Semaine des Business Angels 2008

michelLa Semaine des Business Angels 2008 c'est du 17 au 21 Novembre 2008 à Limoges, Chambéry-Savoie Technolac, Paris, Nice-Sophia Antipolis

La Semaine des Business Angels s’inscrit dans le cadre des Journées de l’entrepreneur

Pour la 3° année consécutive, France Angels organise pendant une semaine, dans toute la France, une série de manifestations dédiées aux investisseurs individuels.

Limoges (le 18), Chambéry – Savoie Technolac (le 19), Paris (le 20) et Nice – Sophia Antipolis (le 21) accueilleront la tournée 2008 des Business Angels – ces personnes physiques qui investissent une partie de leur argent mais aussi de leur temps dans des entreprises à fort potentiel de croissance et innovantes.

La Semaine débutera par une journée Porte Ouvertes des réseaux de Business Angels, le lundi 17 novembre 2008.

Événement de promotion national, la Semaine des Business Angels a déjà réuni en 2006 et 2007, 3000 Business Angels et entrepreneurs et a permis de susciter des vocations d’investisseurs actifs.

Les réseaux de Business Angels ont pu constater une augmentation des adhésions, des projets reçus et de leur visibilité.

Cette année, le thème de la Semaine des Business Angels est : « le financement des PME innovantes en 2008 : La valeur ajoutée des Business Angels» afin de mettre en avant les compétences, les réseaux relationnels et l’expérience apportés par ce type d’investisseurs.

A noter que deux journées ont un programme spécifique : Paris et Nice – Sophia Antipolis.

  • L’étape parisienne est tournée vers les porteurs de projets en recherche de financement. Il s’agit de les informer sur le fonctionnement des Business Angels et de les guider dans leurs démarches.
  • A Nice – Sophia Antipolis, la manifestation a lieu dans le cadre d’un projet européen, EASY qui promeut les investissements transnationaux au sein de l’Union Européenne.

Journée du 18/11/08 à Limoges

Journée du 19/11/08 : Chambéry Savoie Technolac

Journée du 20/11/08 : Paris

Journée du 21/11/08 : Nice Sophia-Antipolis

 

Exonération pour les sociétés reprenant une entreprise en difficulté

businessfinanceLes sociétés créées pour reprendre une entreprise industrielle en difficulté bénéficient d’exonération de l’impôt sur les sociétés.

Afin de clarifier les règles applicables à cette exonération, l’administration fiscale vient de publier une instruction qui détaille les conditions permettant d’en bénéficier.

Sont également détaillées les activités expressément exclues du dispositif : transports, construction automobile, construction de navires civils, fabrication de fibres artificielles ou synthétiques, sidérurgie, industrie charbonnière, production ou transformation de produits agricoles, pêche, aquaculture et pisciculture.

 

Capitaux-risqueurs et Business Angels s'adaptent à la crise financière

usaLes capitaux risqueurs et les business angels made in USA sont également impactés par la crise actuelle.

Si l'on en croit la NVCA (National Venture Capital Association) qui étudie le comportement des sociétés de capital risque et les business angels, les investissements réalisés par ces derniers sur le troisième trimestre 2008 ont baissé de 10% par rapport au troisième trimestre de 2007. Ceci est la plus importante baisse constatée sur ces 5 dernières années (pour obtenir des résultats aussi problématiques il faut revenir à l'explosion de la bulle internet en 2002-2003)

Cette baisse s'explique par :

  • une vision plus critique des investisseurs financiers dans la capacités des start up à générer du cash rapidement, Sequoia Capital et Benchmark Capital deux sociétés de capital investissement qui comptent dans la planète finance conseillent à leurs entreprises en portefeuille de limiter les charges fixes voir de limiter la voilure en terme d'effectif.
  • mais également par la difficulté qu'ils auront une fois investis de sortir... c'est à dire de trouver des acquéreurs de leurs actions permettant de générer une plus value. Par exemple lors du troisième semestre 2008 il y a eu seulement 58 acquisition par des groupes contre 102 sur la même période en 2007.

De plus les sortis en bourse sont très rares ( 7 jusqu'à septembre 2008).

Dans cette situation les capitaux risqueurs amplifient un tendance de fonds chez eux: ré-investir dans des entreprises déjà en portefeuille plutôt que d'investir dans de nouvelles start up. La filière la plus touchée est celle des NTIC qui affiche une baisse de 36% des investissements en fonds propres par rapport à 2007.

Cette situation reste problématique lorsque l'on sait le poids important des VC et des business angels aux USA: 23 milliards d'euros investis en 2007 pour les premiers et 20 milliards d'euros pour les seconds.

Comme l'indique le Bulletins électroniques autant d'argent en moins c'est autant d'entreprises et de projet en R/D non financés.

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Fusion ANPE/Assedic : Laurent Wauquiez a dialogué avec les internautes

Carte de la frabceLe secrétaire d’Etat chargé de l’Emploi a dialogué en direct avec les internautes, le 16 octobre 2008.

Ce chat a porté sur le nouveau Service public de l’emploi issu de la fusion de l’ANPE et du réseau des Assedic. Le nouveau nom et les nouveaux services pour les demandeurs d’emploi ont été présentés par le Secrétaire d’Etat chargé de l’Emploi.

Ci-dessous un extrait du script du chat

Modérateur : Bonjour à tous, le chat commence dans quelques minutes. Posez dès maintenant vos questions...

* JJBB35 : Est-ce que L’ANPE est plus efficace et y a-t-il un meilleur contrôle des chômeurs ou des demandeurs d’emploi ?

L. Wauquiez : On considère que l’accompagnement par l’ANPE offre un gain d’efficacité de 20% pour trouver un emploi.

Max : Quelle sera la répartition des rôles entre le nouvel opérateur et les Maisons de l’Emploi ?

L. Wauquiez : Il faut dire les choses clairement. Les maisons de l’emploi ont été créées car on n’osait pas fusionner l’ANPE et l’ASSEDIC. Les maisons de l’emploi apporteront d’autres choses à travers les missions locales et l’orientation.

Laurent : Quel est le coût estimé de cette fusion ? Qui va payer ? (recherche d’un logo - recherche d’un nom - immobilier (nouveaux sites et sièges) - signalétiques - brochures - site internet - formations de plusieurs dizaines de milliers d’agents en vue de la polyvalence, etc.)

L. Wauquiez : Tout d’abord le coût pour trouver le nom est de 135 000 euros. C’est un prix compétitif. On a vraiment essayé de faire au plus juste. Je suis auvergnat et nous avons la réputation de compter chaque sou. Donc j’essaie que la réforme soit bien ajustée en termes de dépenses. Bien sûr, cela a un coût car il faut former les agents. Mais c’est un investissement qui vaut la peine. Cela va améliorer leur efficacité et donc ce sont des gains à terme. Par ailleurs, il y a deux services de gestion des RH, deux services de compta, etc. Cela fait beaucoup de monde qui n’est pas au service des demandeurs d’emploi.

pourvoir : La fusion ASSEDIC-ANPE va-t-elle contribuer à ce que l’ANPE s’intéresse un peu plus au public des bénéficiaires des minimas sociaux (notamment RSA) et non pas uniquement aux demandeurs d’emploi indemnisés par l’ASSEDIC ?

L. Wauquiez : C’est une question importante car un des buts de la réforme est de savoir si cela va les aider ou non. Aujourd’hui, vous avez des aides à la mobilité aux ASSEDIC si vous entrez dans les cases. Ce qui m’intéresse, c’est de savoir si on vous aide à trouver un job. Maintenant, on ne vous aidera pas en fonction de votre bon ou mauvais statut, mais parce que cela vous aidera à trouver un emploi.

isidore61 : C’est la 1re fois qu’une fusion entre 2 opérateurs qui ont des statuts et des missions différentes se réalise ; avez-vous vraiment pris la mesure de la complexité de la démarche ? Cette complexité ne pourrait-elle pas amoindrir, du fait des longues négociations et du coût, les bénéfices de la fusion ?

L. Wauquiez : C’est vrai, c’est une très grosse opération. C’est 45 000 agents, 1 500 sites sur le territoire. On demande un gros effort aux agents. Souvent, le travail fait par les agents ASSEDIC est caricaturé et à tort. C’est parce qu’ils ont fait ce job que pour le Pôle Emploi, je suis confiant. Je ne veux pas que ce soit juste la réforme d’une usine à gaz administrative, mais je veux qu’on améliore le service rendu.

Béatrice : Les métiers des agents ANPE et ASSEDIC sont très différents. Chacun va-t-il devoir apprendre le métier de l’autre ?

L. Wauquiez : Oui, en partie. D’abord, c’est un métier qui est complexe dans lequel il y a une vraie spécialité. Quand vous êtes ASSEDIC, il faut connaître le domaine juridique. Mais il faut que tous les agents pour l’emploi puissent être en lien avec les demandeurs d’emploi. Derrière, il y a des tâches plus spécialisées avec des agents plus spécialisés. Une formation sera faite pour les agents afin de leur permettre de mieux se connaître. C’est un beau défi, dans une vie professionnelle, de pouvoir moderniser le travail qu’on rend. L’accompagnement pour les demandeurs d’emploi, c’est un beau défi !

Tengaar : Les agents Pôle Emploi auront-ils plus de temps pour s’intéresser aux entreprises et les mettre plus en relation avec les demandeurs d’emploi ?

L. Wauquiez : C’est une question très importante car le service public de l’emploi est là pour s’occuper des demandeurs d’emploi, et aussi pour récupérer les offres. Un des gros avantages de la création de Pôle Emploi, c’est qu’on va mettre la culture et les compétences ensemble. Je souhaite qu’on développe des partenariats avec les entreprises sur la durée, que nous les accompagnions vraiment, en leur proposant les personnes, les formations, etc. C’est dans cette logique qu’il faut créer une force de prospective pour aller chercher les emplois un à un.

christandebeziers : L’UNEDIC est bénéficiaire cette année mais le « bénef » a été retiré pour financer autre chose, pourquoi ?

L. Wauquiez : L’UNEDIC est bénéficiaire certes mais ce n’est pas fait pour ça. On a suffisamment de choses à faire, comme bien accompagner les gens et arriver à financer tous nos défis. Une partie de l’argent de l’UNEDIC, 10%, sert à financer cette réforme. C’était déjà le cas avant, il s’agit de financer l’amélioration pour les demandeurs d’emploi.

Karim : Quand est-il de la mobilité des demandeurs d’emploi après l’expérimentation ?

L. Wauquiez : C’est un sujet qui me tient très à cÅ“ur. Je viens d’un département plutôt rural, la Haute-Loire, dans lequel les questions de mobilité ne sont pas négligeables. Si vous n’avez pas des aides pour la mobilité, vous ne pouvez pas y arriver. Quelqu’un qui n’a pas son permis de conduire a des chances réduites d’accéder à un emploi. Cela vaut donc la peine d’investir là-dessus. Je préfère financer le permis de conduire, ou le prêt d’une voiture plutôt que de laisser galérer quelqu’un.

Mr Douh : La crise financière va-t-elle impacter l’emploi ? Est-ce que la fusion va apporter un plus dans cette gestion de crise ?

L. Wauquiez : Oui, elle va impacter l’emploi. Ce ne serait pas honnête de dire l’inverse. Par contre, mon travail est d’essayer de protéger le plus possible le secteur et d’amortir le choc. C’est ce qu’on essaie d’ailleurs en créant Pôle Emploi. C’est ce qu’on essaie aussi de faire en travaillant sur la formation professionnelle pour qu’elle bénéficie à ceux qui en ont vraiment besoin. Hier, par exemple, on a signé une convention avec BNP Paribas pour développer des emplois dans le service. J’aime bien quand les banques s’occupent de ça. C’est aussi en allant chercher les nouveaux emplois, je pense aux emplois verts pour le développement de l’écologie ou le secteur du service à la personne. Je suis très intéressé que les internautes posent des questions là-dessus. Ma vision de la politique de l’emploi, c’est de préférer des mesures pragmatiques plutôt que des grosses usines à gaz. Aider, par exemple, quelqu’un à passer son permis de conduire, c’est lui permettre de trouver un emploi près de chez lui. Je crois beaucoup à ces mesures concrètes, très pragmatiques.

brigitte : Je déplore un peu que les agents de l’ANPE nous envoient des offres qui ne correspondent absolument pas à notre profil ?

L. Wauquiez : Je comprends ce que dit Brigitte. En même temps, il ne faut pas jeter la pierre à l’ANPE, ils gèrent beaucoup d’emplois et beaucoup d’employeurs. Parfois, quand on est employeur, on se retrouve avec des piles d’offres. Cela fait partie des secteurs où l’on a une marge d’amélioration, cela fait aussi partie des sujets sur lesquels on veut passer des partenariats pour les techniques de recrutement. Une technique de recrutement que j’aime bien... C’est de faire des recrutements en regardant le profil des gens, ce qu’ils ont au fond d’eux-mêmes, s’ils peuvent devenir de bons collaborateurs. Ce n’est pas le diplôme qui compte.

Alpharad : L’accompagnement renforcé des demandeurs d’emplois n’est-il pas une manière cachée de pouvoir accroître le nombre de radiations ? (pièges à radier)

L. Wauquiez : Ce n’est pas le but, mais le but est quand même, même en période de crise, de refuser ceux qui abusent du système. On veut mieux accompagner ceux qui cherchent un job. Il y a des gens qui sont indemnisés en France, et qui travaillent en Belgique. Je ne peux pas accepter ça. Ces gens prennent l’argent qui pourrait être mieux utilisé pour ceux qui cherchent de l’emploi. On n’accepte pas tout et n’importe quoi.

Malik34 : Je suis agent ANPE, à quand l’objectif fixé par Mme LAGARDE de 30 demandeurs d’emplois à suivre par conseiller ? J’en ai actuellement 140 à suivre par mois.

L. Wauquiez : Pardonnez-moi, ce n’est pas à moi de le dire car vous connaissez mieux votre métier que moi, mais la moyenne de demandeurs d’emploi suivis par conseiller est de 80 aujourd’hui. Mais si on vous met des personnes vraiment éloignées de l’emploi, c’est impossible. Sur ces 80, s’il y a des cadres, il n’y aura pas de problème à le faire. En Suède par exemple, 80 demandeurs d’emploi sont suivis, mais ils arrivent à mieux spécialiser les accompagnements. Cela aboutit à une efficacité plus importante. Je raisonne plus dans l’objectif de « faciliter votre travail ».

Michel49 : Pourquoi les agents ANPE qui placent les chômeurs ne sont pas issus du monde actuel de l’entreprise ? Car hélas, beaucoup ne connaissent rien au monde actuel.

L. Wauquiez : Tous les agents du futur Pôle Emploi méritent mieux que la caricature. Il y en a plein qui viennent de l’entreprise. Donc il y a un vrai brassage. Ce n’est pas les agents qui sont mauvais, c’est le système qui n’était pas bon. Les coupables, c’est nous les politiques.

alfredob : Comment peut-on privilégier le sauvetage des banques à la précarité et au chômage ? Je trouve ça inhumain

L. Wauquiez : Bien sûr que les chiffres annoncés donnent le vertige avec tous ces milliards d’euros. Il faut comprendre que ce n’est pas de l’argent qui sort, c’est un engagement, une signature faite par l’État destinée à redonner confiance. C’est une erreur d’opposer le secteur économique et financier et le job que vous aurez. Ce qui m’intéresse, ce n’est pas de sauver les banques pour sauver les banques, mais pour sauver les emplois. Mon job est surtout de m’occuper de l’emploi et de ceux qui en cherchent un. Il faut qu’on garde espoir, qu’on se batte, il y a une tempête, il faut tout faire pour essayer d’amortir la crise. Mes derniers mots seront pour les gens de « Pôle Emploi », pour leur dire qu’aujourd’hui, c’est un jour important. Ils changent de nom et on leur demande beaucoup d’efforts. Je voulais les remercier de toute l’énergie qu’ils vont développer, car leur job est très beau. Ils peuvent redonner de l’espoir à des gens.