Carte de la franceMarylise Lebranchu, ministre de la Réforme de l’Etat et de la Décentralisation, a récemment déclaré que les Régions pourraient financer directement des entreprises et en contrepartie devenir actionnaire.

Pour ce faire la loi doit être modifiée car aujourd'hui cela n'est pas possible.

Cette annonce est pour le moins déroutante. L'activité de capital investissement nécessite une véritable expertise pour évaluer la faisabilité et la viabilité d'un projet qu'il soit de création ou de développement. Les Régions ne sont pas "outillés"...

L'application de cette future loi poserait plusieurs problèmes:

  • les rĂ©gions feront "doublons" avec les sociĂ©tĂ©s de capital risque rĂ©gionales....A l'heure des restrictions budgĂ©taires est-ce opportun et efficace ?
  • le copinage, non excusez moi je suis trop direct, le relationnel particulier que pourrait avoir un chef d'entreprise avec un Ă©lu pourrait favoriser son financement...
  • Au delĂ  du copinage l'absence d'une maĂ®trise de ce mĂ©tier engendrerait probablement des pertes considĂ©rables...

Une petite anecdote:

Un directeur d'une société de capital risque filiale d'une grande banque nationale m'a indiqué que dans les années 80 le board avait songé a arrêter l'activité capital risque qui était encore jeune en interne... vu le taux d'échec sur les investissements.

L'erreur commise: ne pas avoir intégré que le métier de capital risqueur ne répondait pas aux mêmes logiques et mécanismes que celui de banquier. Du jour au lendemain transformer un chargé de clientèle banque en Chargé d'investissement posait des problèmes en termes d'analyse des projets...

Alors si le fait d'être un banquier performant n'augure en rien de la même excellence comme capital risqueur...vous imaginez pour une collectivité locale...

Si les régions veulent faire du capital risque, qu'elles continuent à abonder les fonds propres des sociétés de capital risque.

A chacun son métier en la matière:

  • les rĂ©gion lèvent l'impĂ´t, mobilisent des financements complĂ©mentaires ( Europe...) afin de financer les sociĂ©tĂ©s de capital risque qui financeront nos entreprises.
  • les rĂ©gions impulsent des dynamiques en irriguant des filières en flĂ©chant les financements. Dans ce rĂ´le d'aiguilleur pour aider le financement de nos start up il serait utile que les Conseil RĂ©gionaux exigent qu'au minimum 30% des fonds qu'ils apportent soit dĂ©diĂ©s Ă  la phase d'amorçage des projets de crĂ©ation.
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