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Connaissez -vous la BOX E-commerce lancée par la poste ?

la posteLa Box E-commerce proposée par La poste comprend deux packs destinés aux entrepreneurs et aux associations:

1- Le pack Vitrine

S'adresse aux artisans et commerçants, chef d'entreprises et associations qui souhaitent bénéficier d'une visibilité sur le net. L'objectif n'est pas de vendre directement leurs prestations ou produits mais de se faire connaître.

La plate-forme proposée permet dans ce cas la présentation et la mise en valeur de leurs activités ou services Pour être visible sur le net plusieurs services sont intégrés au pack Vitrine de La poste:

  • Une solution 100% en ligne (aucune installation nécessaire, gestion et pilotage par Internet)
  • 25 pages pour présenter les activités
  • Un outil de traduction intégré (2 langues au choix)
  • Une sous domaine offert (choix possible)
  • Un référencement optimisé (intégration Google, mots clés, urls courtes, ...)
  • la possibilité d'évolution vers l'offre boutique
  • la prise en main en 4 étapes (assistant de création)
  • 2 choix de formule (avec ou sans engagement)

2- Le pack Boutique

S'adresse aux artisans et commerçants, chef d'entreprises, et associations qui souhaitent disposer d'un outil fiable pour vendre leurs produits ou services. Pour vendre sur le net plusieurs services sont intégrés au pack Boutique de La poste:

  • une solution 100% en ligne (aucune installation nécessaire, gestion et pilotage par Internet)
  • un tableau de bord intégré (suivi des commandes, outils de statistiques, gestion des stocks, …)
  • Jusqu'à 2000 fiches produits
  • Une prise en main en 4 étapes (assistant de création)
  • un accompagnement personnalisé
  • 2 choix de formule (avec ou sans engagement)

Ces 2 offres comprises dans la Box E-commerce sont totalement intégrées et incluent :

1. La conception, l’hébergement et l’administration du site

2. La gestion des commandes et le back office : interfaçage avec les logiciels de gestion du marché (eBP…)

3. Le Paiement : Banque Postale (système SCELLIUS), Paypal, mais aussi les systèmes des autres banques

4. L’Expédition : ColiPoste, Chronopost, Lettre Max…

5. Du Marketing Direct : liens vers des offres de Marketing Direct

6. Du Marketing on line (référencement…) : Google, etc..

Qui peut être intéressé par la Box E-commerce et ces deux packs ?

Cette offre s’adresse aux professionnels (Siret/RC obligatoire) : TPE, artisans, petits commerçants… mais aussi TPE de services et associations.

Plus particulièrement sont visés par cette offre les commerçants ayant déjà une boutique physique ou même ceux déjà présents sur eBay et Priceminister, ainsi que les TPE vendant des marchandises et ayant déjà une activité.

La Box E-commerce peut répondre à de nombreux projets de création ou de développement d'entreprises:

  • Pour le pack visibilité certaines activités peuvent bénéficier ainsi "d'un coup de pouce": conception de site internet, consultant, bureau d'études et architecte, conseiller en gestion de patrimoine, menuisiers....
  • Pour le pack boutique, les activités visées pourraient être de manière non exclusives: activités de négoce (achat puis vente) réalisée par un particulier sous le statut d'auto entrepreneur.

Avec l'option expédition ce pack peut être analysé comme un moyen de proposer de la livraison à domicile. Ce faisant pour des boutiques situées en centre ville cela peut permettre de toucher une clientèle dans des villages relativement enclavés ou éloignés.

Bénéfices clients :

  • Une présence en ligne pour donner de la visibilité, permettant de faire connaitre la société et ses produits, et de développer son chiffre d’affaires auprès d’une clientèle au-delà de la zone de chalandise traditionnelle
  • Un système personnalisé, avec une adresse Internet, une présentation et une mise en valeur propres à chaque entreprise, et une adaptation aux différents types de PME et associations (offre marchande et non marchande). Un vrai site professionnel.
  • Un service financièrement accessible, avec une facturation sur la base d’un abonnement mensuel
  • Des avantages exclusifs négociés avec des partenaires de choix : réduction sur l’achat de mots clés Google, frais de transactions offerts avec Paypal lors des premières semaines, intégration simplifiée et gratuite de progiciels de comptabilité de référence du marché…

PRIX et abonnements :

Offre Vitrine : 16,90€ HT / mois

Offre Boutique : 39,90€ HT/mois

Possibilité de s’inscrire en test gratuitement pendant un mois.

Abonnement sans engagement au mois

La promotion en cours : 6 mois offerts pour tout abonnement d’un an : ce faisant 19,95 €/mois au lieu de 39,90 €:mois

Un exemple d'entreprise utilisant la Box E-commerce ?

Le site d'écommerce Flopi Art, qui via sa boutique en ligne propose une sélection d'oeuvres uniques et de créations en séries limitées d'artistes internationaux.

Plus d’infos sur www.laposte.fr/boxecommerce

Article sponsorisé

 

Mimétisme et économie…

Remi GuilletCet article a été écrit par Rémi GUILLET aujourd’hui retraité. Ingénieur de l’Ecole Centrale Nantes (ex ENSM promotion 1966) il est aussi Docteur en Mécanique et Energétique (Université H. Poincaré-Nancy 1-2002) et diplômé en Economie/Gestion (DEA Université Paris 13-2001).
Son activité professionnelle l’a amené à travailler essentiellement en recherche appliquée dans le domaine de la combustion. Il s’est fait notamment connaître pour ses travaux sur la « combustion humide », recevant un Prix « Montgolfier » des Arts chimiques en 2002 (Prix décerné par la Société d’Encouragement de l’Industrie Nationale).

Il a été en charge du secteur Energie/BTP au siège de OSEO entre 1995 et 1998…


Les anthropologues et autres sociologues savent - et souvent depuis longtemps (Aristote l’avait déjà observé !) - que le mimétisme est à la base des comportements animaux et plus particulièrement des comportements humains…

Ainsi le mimétisme est l’un des fondements de nos envies (1), envies de posséder ce qu’un autre possède… et qui peut même être « idolâtré » par ce biais. A moins que le processus soit inverse avec une idolâtrie qui induit le mimétisme ! L’élève copie son maître en toute circonstance, en « bien » comme en « mal »… Des dérives peuvent alors naître d’envies et désirs issus d’un mimétisme mal contrôlé comme aujourd’hui chez les plus jeunes avec la pratique du chantage et autres rackets.

Plus ou moins consciemment, les économistes ont su profiter de cet atavisme humain pour l’utiliser comme axiome de départ à des théories productivistes débouchant sur la manufacture à grande échelle d’une « offre » pouvant être produite indéfiniment (et d’autant plus rentable !).

Pour plus d’efficacité, aller plus loin au service de ce type de « modèle économique », les publicitaires ont alors compris qu’ils avaient un rôle à jouer… s’appuyant sur la capacité des images à focaliser, faire converger plus efficacement les aspirations de consommateurs (par ailleurs toujours convaincus de liberté de choisir !) vers des produits, des « marques » uniques… passer de la méga à la giga manufacture… et ainsi faire de la Chine le premier « atelier du monde » au service de consommateurs victimes (plutôt) consentantes.

Des stars du cinéma, des sportifs de haut niveau, ont alors vu leur popularité se construire autant à partir de leur capacité à faire converger les goûts consuméristes que par leur performance dans la pratique de leur art !

Ainsi le monde moderne s’est développé… pour le plus grand « profit » de quelques heureux élus…

Voici une présentation sans doute inattendue de l’origine et de l’évolution de notre « société de consommation » aux performances boostées par la permissivité d’un libre échange mondial, global, au service d’un capitalisme débridé et d’autant plus remarquables que des avancées technologiques majeures reposant notamment sur la manne énergétique fossile, le développement de moyens de transports très efficaces, le développement de l’outil informatique partout et pour tout - notamment de la robotique - et puis plus récemment de la communication électronique… ont accompagné cette évolution… pour en venir à une situation paroxysmique !

Aujourd’hui, la croissance est devenue nécessaire à la survie dudit modèle économique. Elle est recherchée à « tout prix », car indispensable à un paradigme qui, désormais, ne « tient » debout qu’avec le soutien du crédit (donc l’endettement à des niveaux toujours plus élevés, jusqu’à mettre en cause la responsabilité de ceux qui s’y engagent, à titre individuel comme au nom de la collectivité, acceptant d’hypothéquer toujours plus lourdement leur avenir et celui de leurs concitoyens...

De plus, cette croissance (tant souhaitée !) suppose que des ressources naturelles soient toujours disponibles, sans limitation, alors qu’il y a bien longtemps que nous savons que l’aire de jeu et les stocks de « munitions » indispensables à notre business sont des entités finies !

Pour des raisons techniques la concentration de la production à laquelle nous sommes arrivés induit des gaspillages spécifiques en tous genres de patrimoine naturel… pour la fabrication et le transport de produits et autres denrées souvent invendus, inutilisés… qui grossissent un peu plus l’impact de notre activité sur l’environnement.

Ainsi le hiatus à (court ? moyen ? long ?) terme est devenu une évidence. Plus trivialement dit : « On est certain d’aller dans le mur ! ».

Il faut aussi rappeler les conséquences sociales de ce modèle « mondialisé » dans un contexte exempt de régulation, mesurées à l’aune de l’injustice, de l’iniquité entre pays, entre citoyens d’un même pays.

Aujourd’hui la technologie a pris massivement le relais du travail humain dans les sociétés les plus avancées (au moins dans ses tâches les plus répétitives). La compétition internationale ne les oblige - t - elle pas à toujours augmenter la productivité du travail ?... N’offrant plus aucune vraie perspective d’emplois pour tous et donc de résorption du chômage de masse existant désormais partout !

Malgré cela on continue à tout attendre - sans douter de la valeur de l’argument proféré - de la capacité de la croissance à produire de l’emploi et rétablir des équilibres (enfin reconnus comme essentiels). Rappelons par exemple qu’il suffit que ladite croissance soit inférieure à celle de la productivité du travail pour rendre caduque ce qui nous est constamment asséné !

Hasard, nécessité ? Le monde pouvait-il devenir autre ?

S’il n’a pas su convaincre, car trop peu productif, on ne peut passer sous silence l’expérience d’un modèle socialiste qui n’a pas su laisser assez de place à la liberté individuelle, à la liberté d’entreprise… du moins dans sa version XXième siècle…

Mais aujourd’hui il est plus pertinent de s’attarder sur une autre expérience du socialisme qui, cette fois-ci, pratique le mimétisme vis-à-vis des défis de l’économie capitaliste occidentale.

Revenons donc sur le cas chinois qui est alors remarquable. Toujours officiellement socialiste, ce pays affiche une croissance atteignant souvent les deux chiffres depuis maintenant 15 ans (taux de croissance cumulé entre 1990 et 2006 de 330% pour la Chine contre 35% pour la France sur la même période)… Et ce n’est (probablement) pas fini !

Quand le socialisme décide de se mettre au service du capitalisme… on ne tergiverse pas ! Ainsi le nouveau port de Shanghai (un Shanghai ne figurant pas dans la liste des 25 plus grands ports maritimes à la fin du XXième siècle) est devenu depuis 2005, et après à peine cinq ans de construction, le premier port du monde en terme de trafic…

Aujourd’hui équivalent à 25 fois le port du Havre et plus de trois fois Rotterdam, premier port européen… inondant la planète de tout de ce produit la Chine, c’est-à-dire pratiquement tous les produits manufacturés… Et l’ogre - pardon le Dragon - n’est pas repu si on sait les projets d’extension du premier port du monde et la vitesse d’exécution des travaux de génie civil dans un pays qui ne connaît pas « la pause » !

Nous attendrons davantage pour appréhender jusqu’à quel point la Chine saura judicieusement placer le curseur entre un socialisme stérile et un capitalisme débridé, prouver qu’elle est capable d’éviter les excès des pratiques économiques occidentales, trouver une voie pour un développement équilibré, harmonieux, durable à tout point de vue. (Des « frémissements » indiqueraient que les salariés de ce pays pourraient contribuer à trouver ce subtil équilibre !).

Mais dans le même temps, le cas chinois (avec d’autres comparables du point de vue démographique, croissance économique, comme celui de l’Inde, du Brésil… en attendant que d’autres se manifestent : le Mexique, l’Indonésie, l’Afrique…) nous interpelle quant au devenir d’une Europe bien hésitante, tâtonnante… pour ne pas dire en panne…avec des Etats endettés au point de menacer leur monnaie commune et l’ensemble de leur projet commun… Une Europe pourtant condamnée à affronter tous ces géants venus d’ailleurs !

Ainsi, c’est donc le monde dans son ensemble qui, par mimétisme, répondant d’instinct à un même défi économique, s’obstine à aller, au galop, dans le « mur » !

Nous n’insisterons pas ici sur ce qu’en lieu et place d’une compétition mondiale au caractère animalier, un objectif de meilleur partage de la croissance, du travail, des richesses produites… pourrait induire de changement profond sur le devenir de l’humanité (2), ni non plus sur des expériences malheureuses comme celle faite en France et dans ce sens (du partage) avec les « 35 heures » au début des années 2000, mais évoquerons une piste davantage psychologique comme préparation à un changement généralement considéré comme inéluctable… vers d’autres perspectives socio-économiques - espérons - le - plus enclines à l’équité, la durabilité…

A titre anecdotique, l’actualité française nous amène à évoquer ici le côté surréaliste du débat national en cours à propos des retraites et qui semble ignorer notre incapacité à partager ce qu’il reste de travail, à résorber le chômage des jeunes, celui des seniors… pour ne plus porter que sur l’aspect idéologique à accepter ou à refuser le recul au delà de 60 ans de l’âge du « retrait » ! Alors que l’avenir se chargera forcément de régler cet aspect du problème…

Si le mimétisme qui est à la base du modèle économique et unanimement envié, mène à une impasse, alors que reste-t-il comme perspectives ? Sur quel levier agir pour préparer un futur viable ?

De notre analyse il devient évident qu’une piste passe par une réflexion approfondie sur le vrai rôle du mimétisme dans « l’affaire » et sur notre capacité à s’en écarter…

Il s’agit donc d’analyser l’importance relative sur nos comportements consuméristes de l’inné versus l’acquis… Bien sûr, nous n’aborderons pas ici cette analyse, mais indiquerons comme une évidence qu’une communication qui avilit le mimétisme, qui vante la diversité comme support de notre désir d’exister, avec nos différences (aspiration existentielle de chacun) en lieu et place de l’envie de reproduire indéfiniment l’image d’une star, d’une idole, offre des perspectives de rupture avec nos pratiques comportementales en tant que consommateurs… et ainsi offre des chances de retouches profondes à l’organisation actuelle des production et distribution marchandes.

Redéployer l’activité artisanale

Simultanément avec le sauvetage de la biodiversité, nous devons donc « travailler » collectivement (car nous sommes tous conscients du nécessaire ré - équilibrage sociétal) à une évolution de nos choix consuméristes, soutenir la « diversité » comme nécessaire à la satisfaction d’envies existentielles et ainsi favoriser un retour vers une activité économique plus « humaine », moins productiviste et plus porteuse d’espoir pour tous.

Alors le retour vers plus d’artisanat, plus de production régionale et locale, nous apparaît comme une voie « naturelle » nous ramenant à ces équilibres sociaux et sociétaux aujourd’hui détruits, nous apparaît comme un chemin menant à un équilibre plus pertinent entre la capacité de production et la capacité de consommation, menant à moins de gaspillage, offrant également des perspectives vers plus d’équité dans l’accès au travail, vers une meilleure répartition de ce que nous produisons de « valeurs ajoutées » (3)…

Une production plus proche des consommateurs, c’est aussi des transports réduits, moins coûteux en énergie… Ce peut être moins d’intermédiaires pénalisant souvent inutilement et excessivement les prix finaux. C’est une façon d’envisager de remplacer quantité par qualité… et d’offrir l’originalité revendiquée ici au nom de tous et en respect du caractère unique de chacun.

Il ne s’agit plus de soutenir l’artisanat comme un folklore, une activité marginale, mais une modalité de production réinventée, revisitée, avec l’espoir qu’il soit une vraie contribution au retour à des équilibres vitaux au plan social !



Toutefois, il ne s’agit pas non plus de renoncer à tout ce qui a été inventé pour permettre un large accès à des technologies, à un confort qui améliorent indéniablement les conditions de vie du plus grand nombre, mais de trouver le « juste milieu », d’éviter les excès à la faveur d’un productivisme ignorant les retombées sociales de ses choix. Il s’agit de trouver le bon équilibre entre pénurie et pléthore de production. Il s’agit d’aborder globalement la question de l’équité et du partage…

Concrètement, il s’agit d’éviter que des classes moyennes relativement aisées continuent avec leur tendance actuelle à se tourner de plus en plus vers le « discount ». Il s’agit de rompre avec une croissance reposant sur la course aux coûts et aux prix, toujours plus bas : une tendance collectivement suicidaire ! Si on oublie la problématique du « partage » des richesses, la France et d’autres pays occidentaux ont connu ce moment de « juste balance » au début des années 70…

Un temps qu’il eût fallu « arrêter » !

Vers plus de « sagesse » …

Plutôt qu’envier massivement l’objet porté par la publicité, incarné par telle ou telle star, objet venu de giga ateliers travaillant pour la planète et donc d’abord caractérisé par la démesure de sa « diffusion », aller vers l’objet rare qui reflète un travail à l’échelle « humaine », aller vers une approche de l’économie qui valorise à la fois réalisateur et acquéreur, producteur et consommateur.

Plutôt que souscrire au toujours plus de consommation « irresponsable », oubliant les conditions de fabrication, accepter de payer ce que l’objet représente de savoir faire, d’heures passées, d’abnégation, voire de souffrance. Respecter l’objet pour ce qu’il représente pour soi-même… pour ce qu’il représente de patrimoine naturel utilisé. Penser à l’objet non plus comme un produit jetable, ni même recyclable, mais comme un élément destiné à devenir un prolongement de soi, être le reflet (pourquoi pas « durable » !) de la personnalité de chacun. Autant de critères pour une « sage » pratique de l’économie !

Alors, si on adhère à cette « vision » de l’objet, de sa manufacture, de sa « consommation » - vision qui n’a rien de rétrograde mais plutôt nous rapproche davantage des sentiments et émotions que sont sensées produire les Å“uvres d’art - alors tout (re) devient possible !

Et, s’appuyant sur ce nouveau regard, la sagesse nous menant vers des changements d’échelle, avec un retour vers une approche plus humaniste de l’activité économique, offrira alors aux « politiques » d’autres perspectives pour résoudre les problèmes sociaux, sociétaux « insurmontables » auxquels ils sont aujourd’hui confrontés.

Certes rien n’est gagné, car cette « sagesse » risque d’être longtemps attendue des autres… Admettant ses vertus, sa pratique suppose un autre éveil à la vie, un véritable « réveil » des goûts et de la sensibilité de chacun, un autre « acquis » depuis la tendre enfance et l’école maternelle jusqu’à l’université… et plus tard encore… pour contrarier les forces instinctives qui ont forgé et entretiennent le modèle économique que nous avons imaginé et subissons !

Mais le changement comportemental passe aussi par plus de rapprochement, plus de formation au plus haut niveau, plus de travaux de fond à l’intersection des sciences économiques et des sciences sociales (aujourd’hui deux disciplines universitaires trop éloignées l’une de l’autre)…

Il passe aussi par un environnement publicitaire allant dans le même sens, appuyant nos « désirs de changement d’envies », donc par une communication davantage portée par la collectivité, donc par les pouvoirs publics, pour contrer l’avilissement des campagnes publicitaires (privées) traditionnelles…

Au final, une volonté politique - qu’on ne sent pas forcément « poindre » - est donc essentielle pour favoriser le profond changement d’attitude nécessaire à la préparation d’un nouveau paradigme économique… Alors et compte tenu de leur mission devenue aujourd’hui impossible à réussir, les « politiques » seront les premiers « bénéficiaires » de leur « investissement éthique ». …

En attendant, ce message ne doit pas être reçue comme un « impossible rêve » (4 ), mais montrer à quel point le « changement » espéré par certains (la plupart d’entre-nous !), rejeté par d’autres, mais au bout du compte inéluctable, devra toucher au plus profond de nos racines, de nos comportements, pour répondre aux défis d’aujourd’hui.

(1) Cf. les travaux de René Girard sur le désir mimétique… (2) Voir l’article « Plaidoyer pour une autre croissance » par R. Guillet (sur ce site) (3) Voir Livre « Pour plus de solidarité entre le capital et le travail… » par Rémi Guillet (paru chez l’Harmattan : versions 2004 et 2009, ainsi que les articles associés du même auteur, dont certains parus également sur ce site) (4) Cf. « La quête » de J. Brel dans « L’homme de la Manche »

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Cendres et autres syndromes récents de la fragilité du monde… et de la précarité des individus

Remi GuilletCet article a été écrit par Rémi GUILLET aujourd’hui retraité. Ingénieur de l’Ecole Centrale Nantes (ex ENSM promotion 1966) il est aussi Docteur en Mécanique et Energétique (Université H. Poincaré-Nancy 1-2002) et diplômé en Economie/Gestion (DEA Université Paris 13-2001).
Son activité professionnelle l’a amené à travailler essentiellement en recherche appliquée dans le domaine de la combustion. Il s’est fait notamment connaître pour ses travaux sur la « combustion humide », recevant un Prix « Montgolfier » des Arts chimiques en 2002 (Prix décerné par la Société d’Encouragement de l’Industrie Nationale).

Il a été en charge du secteur Energie/BTP au siège de OSEO entre 1995 et 1998…


Ce sont des cendres volcaniques qui ont fait récemment vaciller le monde …. Mais les politiques - ayant malgré tout gardé un certain pouvoir décisionnel pour manifester la plus grande prudence en bloquant au sol les aéronefs - se sont vus, au bout de quelques jours, dans l’obligation de « revoir leur copie » et de relâcher la contrainte imposée par le très louable principe de précaution… sous la pression d’acteurs économiques agitant la perspective de très nombreuses faillites…

Ainsi, beaucoup plus fines qu’un grain de sable, les cendres volcaniques islandaises (quelques microns !) allaient, courant avril, figer pendant une semaine la vie économique internationale… Après une accalmie, le phénomène d’éruption et de rejet de laves et cendres a repris de la vigueur début mai, puis mi-mai, menaçant à nouveau le trafic aérien moyen et long courriers...

Mais ce syndrome nous donne surtout l’occasion de méditer sur la fragilité du modèle de développement du monde que l’Occident a su inventer puis appliquer : un modèle de développement que s’empressent d’imiter les pays émergents ou aspirant à l’être !

Il n’est donc plus besoin d’attendre que les dégâts du réchauffement climatique s’amplifient (si cela est encore nécessaire pour éveiller la conscience chez les plus sceptiques), pour prendre du recul sur cette « agitation » commerciale, ces échanges intercontinentaux de tout et de rien, tout ce « bling-bling » technologique, pensés comme nécessairement « bons pour tous »… et qui seraient la manifestation la plus tangible de l’intelligence humaine, des aptitude et capacité « supérieures » de notre espèce !

Plus d’avions et ce monde s’écroule !

D’abord ce sont des voyageurs aux ailes coupées tout surpris d’être condamnés à vivre, là où ils sont « piégés », quelques jours de plus que programmés, et qui prennent subitement conscience d’un nouveau risque … qu’ils ont du mal à assumer ! Risque qui, cumulé avec d’autres plus connus ou à venir pourraient un jour faire basculer les comportements vers davantage de sédentarité, vers des comportements plus enclins à vivre les vertus de la proximité… (En vérité, un enjeu économique très important, car le trafic « voyageurs » représente des centaines de milliards de km par passagers annuels et donc un business colossal !).

Durant la première séquence des « perturbations cendrées », et pour la seule France, la perte a été estimée à 260 millions d’euros pour les compagnies aériennes et les voyagistes.

Puis c’est un fret tous azimuts soudainement interrompu qui très vite menace des filières industrielles devenues internationalement dépendantes (qu’il s’agisse de production de pièces détachées low cost, de yaourts, de Jean’s… autant de filières qui voient apparaître avec les cendres islandaises une nouvelle limitation à la « pertinence » de stratégies assujetties à la fiabilité du trafic aérien européen ou intercontinental.

A noter que si le fret aérien ne représente que 5 % du trafic marchandises en volume, en valeur, il pèse à hauteur de 40 % du trafic mondial, selon D. Mirza, professeur d'économie et chercheur au Centre d'études prospectives et d'informations internationales…

Et c’est le cri d’alarme d’entreprises du transport aérien qui annoncent leur faillite à très court terme, ne pouvant accepter un « blocage au sol » supérieur ici à 3 jours, là à un mois. Avec des sous traitants et sous traitants de sous traitants encore plus vulnérables… et des milliards qui s’envolent (les seuls à voler en la circonstance !). En fait des milliards qui ne changent plus de main, ne générant plus de valeur ajoutée, car encalminés comme peut l’être la marine à voile au passage de certains pots au noir !

Alors les décisions politiques à la faveur de la précaution sont mises à l’épreuve par des acteurs économiques exerçant une pression de plus en plus forte sur des décisions manquant d’antécédents et sans doute de justifications solides.

Grâce à Dieu, la satanée éruption islandaise a alors bien voulu s’apaiser puis se faire oublier… permettant à chacun de sauver la face... avant de reprendre, plus ou moins adoucie… mais toujours perturbante pour le trafic aérien…

Globalement, le secteur aérien a évalué à 2,5 milliards d'euros les pertes subies pour la première et plus forte perturbation « volcanique ». Mais d’autres estimations n’ont pas manqué pour dire que ce qui est perdu ici est gagné là (pour les moyens courriers, moins d’avions c’est plus de trains et de trafic autoroutier !)…

Et une économie de proximité s’est révélée prête à relayer l’économie
« mondialisée » !

Un monde de plus en plus fragile !

Ainsi, des phénomènes qui autrefois n’avaient de conséquences que « régionales » ont dans ce monde « globalisé » des retentissements et de lourdes conséquences économiques au plan international et intercontinental…

Pour une grande part, la fragilisation grandissante de l’économie est donc liée à une mondialisation / globalisation des échanges rendue réalisable grâce à des développements technologiques qui ont permis de « fonctionner » suivant des théories favorables à un capitalisme débridé, attendant du libre échange mondial des coûts toujours plus bas et des marges de profits toujours plus hautes, à tous les niveaux et pour toutes les filières, depuis la matière première jusqu’à la commercialisation des produits ou services finaux ( mais faisant toujours l’impasse sur la génération d’externalités sociétales et environnementales pratiquement toujours négatives… sur le gaspillage du patrimoine naturel, en énergie notamment !).

Ainsi, aujourd’hui, une très grande majorité des pays développés vit dans la dépendance et s’en trouve fragilisée… Qui par un moteur d’avion nécessairement à importer, car ici on ne construit plus que la carcasse des aéronefs (ce qui n’est déjà pas si mal !), qui par des écrans plats, car là on ne fabrique que les circuits imprimés, qui par des manches de balais car seule la paille de riz (synthétique !) est produite de façon rentable et compétitive dans ce pays. Pour être plus explicite, on peut évoquer les difficultés rencontrées par les industries des pays de l’ex-URSS au lendemain de l’éclatement du bloc soviétique, car industries très souvent brutalement fragilisées puisque devenues dépendantes de fournisseurs « Ã©trangers » avec des stratégies propres …

Dans d’autres cas, plus extrêmes, des addictions technologiques sont nées, créant des dépendances totales donc encore plus grandes envers des pays exportateurs. On pense par exemple à l’agriculture, à la téléphonie mobile qui, soit par sous capacité industrielle, soit par manque d’investissement dans les outils industriels nécessaires, soit par perte des savoir-faire et compétences humaines, soit par choix stratégique délibéré, … conduisent les pays importateurs vers des développements de pointe en même temps qu’elles les fragilisent un peu plus…

Dans ce texte, nous mettons l’accent sur la fragilité induite par un nuage de cendres volcaniques qui cloue au sol le transport aérien. Mais demain on pourra « reprendre la copie » et disserter sur la fragilité des communications électroniques, la fragilité du développement de l’informatique dématérialisée, délocalisée, la fragilité du « Cloud Computing » (encore une affaire de nuage !) avec toutes les conséquences potentielles sur les sécurités, civile, militaire, financière (un risque de plus pour cette dernière !).

Le monde réel a désormais son clone électronique (informatique) dans tous les domaines. Les décisions se prennent à l’issue de travaux sur le clone. L’activité professionnelle se développe souvent face à un écran, singeant le jeu vidéo (avec des risques spécifiques de confusion chez les individus eux-mêmes fragiles). Mais les décisions prises « impactent » sur le monde réel avec sa sensibilité, sa réactivité propre… que le clone n’a su avoir ! Et on peut attendre de tels protocoles qu’apparaissent de nouvelles sources de risques et de nouvelles désillusions…

Ainsi, on va de surprises en surprises, on voit poindre le chaos là où on pensait avoir prévu (la science des probabilités a ses limites !) On voit des fonds de pensions qui ruinent leurs souscripteurs plus qu’ils ne produisent la rente attendue ! Un phénomène qui risque de s’accentuer avec la finance virtuelle qui, voyageant à la vitesse de la lumière, accélère dangereusement le rythme du jeu et le trafic de spéculateurs de tout poil !

De leur côté, des professions bien réelles et « terre-à-terre », par exemple celles des producteurs de lait et autres agriculteurs, victimes de la globalisation d’échanges non régulés, voient leurs ressources diminuer de façon catastrophique (par exemple et très récemment de -20% en moyenne en France et en un an).

Faut-il pour autant passer sous silence les marées noires – catastrophes récurrentes et bien réelles, elles aussi – qui fragilisent ou même détruisent les écosystèmes et sont un des grands symboles du développement technologique et de la croissance économique de feu le XXième siècle…

Bien sûr, pour exporter un TGV, un Airbus ici où là, il faut accepter toutes les infortunes de l’échange planétaire… Mais le faut-il « Ã  tout prix » ? Y compris lorsque le jeu de la concurrence est biaisé ! Y compris lorsque pour vendre un train, il faut « livrer » le savoir- faire qui va avec… Qui se souvient de l’époque « pompidolienne » (fin des années 60, début 70) où on se gaussait de vendre aux pays déjà émergents des usines « clés en main » ! « Si on ne le fait pas, d’autres le feront à notre place » disait-on pour tout justificatif ! Sans doute vrai ! Et rien n’a véritablement changé même si on sait le côté sombre de ce genre de business !

La précarité des individus accrue…

La « nouvelle » précarité des individus est aussi très souvent la conséquence inéluctable de la fragilisation croissante de ce monde et de la globalisation des échanges.

Si la précarité se voit de l’extérieur… elle se vit « intérieurement » pour être d’abord une grande détresse. A l’état potentiel ou de prémices, elle annihile les projets qui donnent un sens à la vie…

Certes, le monde occidental a mis en place des structures sociales sécurisantes (assurances, sécurité sociale obligatoire, mutuelles complémentaires …) qui sont autant de protection contre la maladie, la vieillesse, les accidents de la vie. Mais, assez naturellement, ces structures ont peu à peu relayé et donc inhibé l’instinct de solidarité (familial, clanique, communautaire, tribale…) qui existe encore dans les sociétés moins développées.

Nous voulons dire que de façon ordinaire la pratique de la solidarité « coutumière » s’estompe avec le développement de l’organisation des sociétés, une pratique qui disparaît un peu plus quand le « chacun pour soi », le culte de la réussite individuelle deviennent le paradigme encensé par le corps social.

Or, dans le même temps, l’accès à ces infrastructures chargées d’exercer la solidarité officielle, administrée, exige des présupposés qui font référence à un statut social (papiers signifiant l’appartenance au pays ou officialisant un accueil dans les règles, domicile, emploi…) rendant lesdites infrastructures inaccessibles aux plus démunis, SDF et autres marginaux… Pour les « exclus » ne restent alors plus que les mouvements associatifs auxquels nous rendrons ici un vif hommage.

Alors on doit répéter que la précarité a trop souvent ses racines dans la mondialisation/globalisation des échanges. Est-il nécessaire de préciser combien, dans un monde d’échanges globalisés, les défis de la réussite économique des entreprises, qui se mesure à l’aune du profit, de la productivité du travail, sont responsables de précarités individuelles, d’exclusions ? On sait aussi qu’aujourd’hui, la compétition internationale, la mondialisation des affaires, la croissance, sont élitistes et que les chances d’emploi sont de plus en plus compromises pour les salariés les plus humbles.

Ensuite il y a la précarité entretenue, voire amplifiée, par la survie à « crédit ». A côté des précarités individuelles, on peut aussi penser aux Etats et à leur dette qui, s’accroissant avec le temps, accroît leur propre précarité ! Dans les deux cas, l’histoire montre qu’on ne peut s’endetter impunément indéfiniment !

Ainsi le monde édifié par deux siècles d’aventures scientifiques, technologiques, philosophiques occidentales, monde généralement appréhendé comme de plus en plus performant… a-t-il été marqué par un manque de plus en plus flagrant de sagesse, de partage…pour finalement se révéler comme de plus en plus fragile et générateur de précarité.

Alors les pauvres de maintenant seraient-ils plus pauvres, plus heureux en Afrique qu’en Europe ? En Inde qu’au Brésil ? Nous n’aurons pas l’impudence de répondre à de telles questions qui recouvrent trop de souffrances dans tous les cas (2).

A coup sûr, tous les pays, quel que soit leur degré de développement, doivent rester avant tout préoccupés de « l’harmonie » de leur développement, sauf à prendre de grands risques de « fracture sociale aggravée » et de voir sourdre de lourds désordres sociaux.

Et rien ne peut justifier que la « machine » du développement économique mise en place soit ou devienne une « centrifugeuse » ou un « broyeur social ». Aux économistes politiciens et autres politiciens économistes d’y veiller !

Pour conclure, revenons sur les cendres islandaises pour y voir également un symbole de « futurible » désastreux… si on ne sait réagir à temps, en terme de partage de l’emploi, en terme de partage des richesses produites, en terme de respect de l’environnement et plus généralement en terme de respect du patrimoine naturel.

Mais ce nuage souligne aussi – après d’autres observations mentionnées dans les articles que nous avons publiés sur ce site (3) - combien l’Occident aura de difficultés à passer du modèle actuel à un nouveau modèle de développement qui sera d’abord et nécessairement une menace pour de nombreuses activités économiques bien en place, bien ancrées dans leurs habitudes, dans la certitude de leur indispensable « utilité » (On aura compris que les compagnies de transport aérien ne sont ici ni spécialement ni exclusivement visées !)…

Alors (et au cas où !)… accordons également notre confiance au Phénix qui, si on croît la mythologie grecque, a su (et saura toujours ?) renaître de ses cendres … Reste à trouver derrière quoi, derrière qui se cache aujourd’hui cet « oiseau rare »…

(1) Voir Livre « Pour plus de solidarité entre le capital et le travail… » par Rémi Guillet (paru chez l’Harmattan : versions 2004 et 2009, ainsi que les articles associés du même auteur (dont certains parus également sur ce site)

(2) C. Aznavour ne chante-t-il pas que « la misère est plus facile à vivre au soleil… » !

(3) Voir par exemple l’article « Retour laconique sur… Copenhague » (site cfo news)

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Que l’heure de la retraite sonne*… ou celle du débat sur les retraites … et la question de la solidarité est plus que jamais posée …

Remi GuilletCet article a été écrit par Rémi GUILLET aujourd’hui retraité. Ingénieur de l’Ecole Centrale Nantes (ex ENSM promotion 1966) il est aussi Docteur en Mécanique et Energétique (Université H. Poincaré-Nancy 1-2002) et diplômé en Economie/Gestion (DEA Université Paris 13-2001).
Son activité professionnelle l’a amené à travailler essentiellement en recherche appliquée dans le domaine de la combustion. Il s’est fait notamment connaître pour ses travaux sur la « combustion humide », recevant un Prix « Montgolfier » des Arts chimiques en 2002 (Prix décerné par la Société d’Encouragement de l’Industrie Nationale).

Il a été en charge du secteur Energie/BTP au siège de OSEO entre 1995 et 1998…


Notre pays a ré exprimé sa volonté de maintenir le système des retraites par répartition. On doit s’en réjouir… Ce faisant, il a donc renouvelé le vÅ“u qu’à tout moment les pensions de retraite allouées aux plus anciens, dits « inactifs », soient payées par la population desdits « actifs ». Mais le contexte démographique et économique met en péril le mécanisme… si on s’en tient aux seules charges pesant sur le « travail » !

Les publications, rapports et débats concernant les retraites et la problématique d’un financement équilibré lorsqu’il s’agit de retraites par répartition sont trop nombreux pour que nous nous engagions ici dans leur synthèse ou analyse critique. Mais à l’heure où un débat essentiel s’ouvre, notre propos veut argumenter à la faveur d’une « piste », celle de prélèvements dédiés, basés sur l’assiette de la valeur ajoutée et autres plus - values…

La retraite par répartition est un système de retraite inventée en Allemagne à la fin du XIXème siècle par Bismark*, où les salariés doivent payer des cotisations à répartir entre les « retraités ». Par principe, il s’agit donc d’un mécanisme de collecte et de répartition qui assure un transfert du pouvoir d'achat entre générations…

Système collectif, il s'oppose à la retraite par capitalisation pour laquelle la pension est une démarche individuelle assurée par une mise en réserve volontaire (ou dans certains cas obligatoire !) d'un capital qui servira de base à la production d’une rente viagère.

  • On attribue à Bismark de s’être d’abord enquis de l’espérance de vie… afin de réduire à sa plus simple expression le nombre des bénéficiaires du système !

Aujourd’hui, le mécanisme s’appuie sur des ressources provenant essentiellement de charges sociales payées par l’employeur, de cotisations payées par les salariés et enfin de taxes et prélèvements sociaux sur certains revenus et plus - values (via notamment la « contribution sociale généralisée »)...

Concernant la ressource liée au travail (charges de l’employeur et cotisations des salariés) elle est, de fait, dépendante de la durée moyenne travaillée dans une vie de salarié et bien sûr du taux des « charges » retenu. Et l’équilibre ressources / versements devient mathématiquement problématique lorsque que la durée de vie augmente en moyenne de trois mois par an tandis que la durée de l’activité (ou plus prosaïquement la durée du paiement des cotisations) de chaque salarié reste constante.

En France, nous sommes dans la situation où le financement des retraites vient d’amorcer son déséquilibre…

Va-t-on prolonger la durée du « temps travaillé » ?

Malgré l’engouement à y recourir, cette voie n’a, pour beaucoup, de pertinence réelle que la simplicité à l’exprimer… quand on sait la situation de l’emploi en général et les perspectives réelles pour les seniors de trouver un emploi au delà de leurs 50 ans !

A noter que pour un salaire de 100, si un salarié qui pourrait « rapporter » 40 à la caisse, s’y dirige pour y percevoir une « pension » de 70, l’écart enregistré par le budget de la caisse pour le salarié considéré est de 110 !... Donc on comprend que, malgré tout, la mesure de l’allongement du temps « travaillé » garde un potentiel de pertinence… pour celui qui gère ladite caisse !

Va-t-on augmenter les cotisations ?

Pas aisé non plus de choisir cette piste dans un contexte très difficile pour des entreprises devant affronter la compétition internationale… et qui ont des charges sociales souvent très élevées comparativement à leurs homologues étrangères…

Va-t-on diminuer les versements ?

Difficile de s’engouffrer dans cette voie… qui signerait très vite la perte de confiance dans ce système de retraite !

Mais, après ce bref rappel, notre propos est surtout d’argumenter à la faveur de prélèvements dédiés « retraite » basés sur l’assiette de la valeur ajoutée (et autres plus - values)…

Un financement indexé sur valeur ajoutée

Dans le prolongement de l’invention de Bismark (soucieux de paix sociale…), et selon la logique du sempiternel conflit entre le « capital » et le « travail » qui aura marqué le XXème siècle, il a été accepté d’emblée, comme « allant de soi », que les retraites étant une affaire de travailleurs et de salariés, leur financement ne pouvait provenir que du travail…

Et pourtant, d’un point de vue théorique…

Notre réflexion menée à propos des conditions du resserrement des liens entre actionnaires et salariés (1) nous a appris qu’en entreprise, la plus grande « efficience » passait par l’équité de « traitement » entre les acteurs internes (salariés) et externes (actionnaires)… avec, comme corollaire, que les taxes et autres impôts devaient les concerner de la même façon… avec le même taux de prélèvement.

Donc, a priori, les charges destinées à l’alimentation de la caisse d’une retraite (à caractère universel) n’ont pas de raison d’échapper au traitement équitable… pour concerner autant la masse salariale que les bénéfices… donc la totalité de la valeur ajoutée (nette).

Mais donnons d’autres éclairages à cette allégation…

En effet, l’existence même d’actifs (capitaux investis, aussi indispensables à l’entité « entreprise » que ne le sont ses salariés qui apportent leur travail) est bien due à une part d’une plus value provenant d’une activité économique antérieure qui a échappé aux « travailleurs » (malgré les injonctions prolétariennes !) pour permettre à un bailleur de fonds de l’investir dans telle ou telle entreprise et de la faire fructifier ! Ainsi, si l’utilité du capital et sa rémunération ne peuvent être remises en causes, surtout dans le contexte de l’entreprise, le capital est initialement né du (a été engendré par un) travail ! Et, d’un point de vue formel, cela suffit pour que rien ne s’oppose à ce que capital et travail soient traités de façon identique dans le contexte « retraite » !

Par ailleurs, et puisqu’il s’agit de « retirement » (c’est le terme anglo-saxon, en correspondance avec notre « retraite »… et peut - être plus évocateur !), pointons maintenant une différence importante entre l‘activité « travaillée » et la gestion de « capitaux »… Si l’activité travaillée doit avoir un terme qui engendre le droit à une pension de retraite - ce que reconnaît implicitement le principe même de la retraite par répartition - par opposition, l’activité capitalistique peut s’exercer sans retenues et ad vitam ! Les adeptes de la retraite par capitalisation qui misent là-dessus, le savent bien !

Alors, une part de financement en provenance d’une taxe qui porte sur le revenu du capital (ou autres plus - values) peut aussi être vue comme une mesure qui ramène de l’équité entre les individus, qu’ils aient (eu) une activité à durée déterminée (type CDD pour les salariés) ou à durée indéterminée (type CDI pour les bailleurs de fonds)… et cette raison, seule, nous semble également capable de justifier l’existence de taxes issues du capital et destinées aux caisses de retraite.

Après la théorie, venons-en à l’aspect pratique…

Dans un contexte où tout converge pour réduire l’emploi (quête de toujours plus de rentabilité du capital oblige !), à l’heure où le ratio actifs / inactifs s’écroule, à l’heure où, en Occident, la mondialisation pénalise le travail, à l’heure d’une crise sociétale majeure, il n’y a vraiment plus de raison d’écarter la piste du financement des retraites par répartition en s’appuyant sur un « entrelacs » de revenus… du travail et du capital. Nous pensons même qu’il y va de la survie du système !

Plus simplement, après avoir dit que la mesure était juste d’un point de vue théorique, nous dirons maintenant qu’elle est judicieuse d’un point de vue pratique. Des prélèvements versés par l’entreprise basés autant sur ses bénéfices que sur sa masse salariale, donc basés sur l’assiette de la valeur ajoutée, constituent une des voies les plus porteuses pour un financement durable des retraites par répartition !

Destinées à financer une retraite à caractère universel, des taxes sur les revenus de placements et autres plus - values capitalistiques doivent alors suivre le même chemin pour raison d’équité de traitement entre les différentes formes de revenus… et l’élargissement de l’assiette de prélèvements… aux reprises de fonds placés en actions, titres, épargne entreprise ou assurance vie !... aux « bonus » associés aux activités financières des traders et autres banquiers… est justifié ! De même, pas de raison non plus pour que « participation » et autre « intéressement » aux résultats de l’entreprise puissent y déroger !

Ainsi, au nom de plus de justice et d’une solidarité renforcée, avec l’acceptation de la taxation des revenus du capital, de nouvelles « portes » s’ouvrent, la problématique du financement des retraites est fondamentalement changée… avec des perspectives d’équilibre budgétaire durable (ou simple à « revisiter » si nécessaire !).

Selon Michel Husson dans « La véritable histoire de la part salariale » (juillet 2008) et suivant l’analyse dite de la méthode INSEE 1, le ratio salaire / valeur ajoutée a cru jusqu’en 1980 pour atteindre la valeur de 63% puis a perdu 6 points avant de se stabiliser à partir de 1990 à environ 57%.... Cela signifie que, appliquant un même taux de prélèvement dédié « retraite » aux revenus du capital et à ceux du travail et passant de l’assiette « travail » à l’assiette « valeur ajoutée » la ressource « retraite » est multipliée par 1,75… croissant donc de 75% !

Le débat qui s’ouvre ne peut donc oublier la voie de l’élargissement de l’assiette fiscale … et avantageusement s’engager au plus tôt sur la « hauteur des prélèvements » et leur « répartition » car, même si nous en avons exprimé la pertinence, on imagine la difficulté à ce que le consensus puisse se faire, d’un coup, autour d’un même taux de prélèvement sur le « capital » et sur le « travail » !. Rappelons ici que, l’Allemagne (à nouveau !), l’Italie… l’ont cependant fait en suivant la voie de la « TVA sociale »...

Pour un équilibre durable : des versements « actualisés » indexés sur valeur ajoutée produite par l’activité économique du moment…

Mais la solidarité qu’implique le choix des retraites par répartition passe aussi par des retraites qui reflètent la réalité économique du pays au moment considéré. Après ce qui a été suggéré pour le financement, des versements (équilibrés avec les ressources) sont donc implicitement en voie d’indexation sur la valeur ajoutée et autres plus - values, en temps réel… ce qui convient parfaitement à l’exigence de solidarité intergénérationnelle voulue par le système…

On aura compris que le non respect de l’équilibre entre ressources et versements signifierait un nécessaire ajustement pouvant engendrer une dette spécifique de l’Etat, à charge des générations futures et donc contraire à l’esprit de la retraite par répartition…

Il n’est donc pas vain d’insister et réécrire que peu de voies offrent la perspective d’un budget « retraites » durablement équilibré, celle de l’indexation sur la valeur ajoutée d’un prélèvement spécifique nous semblant, et de loin, la plus pertinente.

En lien avec le financement des retraites… le maintien des actifs en « activité »

Privilégier la « flexibilité interne » à l’entreprise

Tandis que les Pays Nordiques ont développé ce qui est appelé « flexisécurité » c'est-à-dire l’ajustement des besoins en salariés à l’activité de l’entreprise (en cas de baisse d’activités, on joue donc là et à plein le licenciement comme variable d’ajustement, laissant le soin aux pouvoirs publics de prendre en charge le salarié sur le « carreau »), nous avons eu l’occasion de décrire et de plaider pour une « flexisécurité interne » à l’entreprise qui maintient le plus possible les salariés dans leur emploi (2). Il est cependant utile de dire ici que cette flexibilité interne suppose l’acceptation d’une part de participation aux résultats (ou autre forme d’intéressement) significative par rapport la masse salariale !…

A propos du « partage de l’activité… ou plutôt du cumul », l’actualité nous a récemment permis un regard vers les sommets qui nous a interpellé… au sujet du comportement de certain(s) grand(s) patron(s) !!! Notre pays manquerait donc à ce point d’élites… que le cumul touche les plus hautes fonctions ? Espérons qu’il s’agit là d’épiphénomène(s) sans effet sur le plus grand nombre !

Le « tutorat »…

Il y a un peu plus d’un an et sous l’égide du gouvernement le « tutorat » était mis en place et faisait l’actualité… Une adéquation entre l’insertion des jeunes et une retraite « biseau » pour les seniors: un passage de relais bénéfique pour les jeunes, les seniors … et les caisses de retraite !

Par exemple, deux à cinq ans « d’alternance », avec temps travaillé en entreprise croissant pour le jeune, de temps de travail décroissant pour le senior, le premier recevant une bourse croissante avec le temps travaillé, un plein salaire évoluant jusqu’au niveau de sa pension de retraite pour le second… et une seule cotisation sociale pour représenter la somme du temps travaillé dans l’entreprise par le binôme, pourrait s’avérer être une bonne inspiration… dans le contexte du (nécessaire) travail des seniors et de difficultés croissantes à pénétrer le milieu professionnel pour les plus jeunes.

Ainsi cet appariement jeune / senior nous semble d’autant plus porteur que la gestion du dispositif se fera au niveau macro économique, donc au niveau national … par le nouveau « pôle emploi »… avec l’accompagnement d’une communication soutenue !

Au final, le financement des retraites par répartition indexé sur la valeur ajoutée et autres plus - values nous apparaît comme légitime et doit donner lieu à un vrai débat car il constitue une des pistes les plus pertinentes pour assurer la pérennité du mécanisme desdites retraites par répartition… En la suivant et en filigrane, on peut même y voir une (légère, mais possible) diminution des charges pesant sur l’emploi…

Le lecteur aura le loisir de mesurer l’intérêt de ce « billet » à l’occasion du débat qui s’ouvre… Par avance, nous le justifions par la crainte que quelque «leurre» ne vienne écarter dudit débat l’un de ses volets les plus pertinents…

  • Vers de Jean Ferrat (extrait de « La montagne »)

(1) voir « Pour plus de solidarité entre le capital et le travail… » version livre en 2004 ou version e-book en 2009 par R. Guillet aux ed. l’Harmattan (2) Voir « Flexisécurité : une autre voie » : un article complémentaire au livre cité en (1) aux ed. L’harmattan

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A model to induce employment and a fair growth..le retour

businessfinanceComme vous le savez j'ouvre le blog à Remi GUILLET qui nous apporte sa vision de l'économie et de la finance. Son dernier article "A model to induce employment and a fair growth" a été publié que partiellement, faute à une erreur matérielle de ma part.

Ce faisant vous trouverez ci après l'article dans son intégralité...

Bonne lecture et mea culpa