ALTO-STUDIO
 

PRIX CASS脡S, LOW COST鈥 DANGER !

Remi GuilletCet article a 茅t茅 茅crit par R茅mi GUILLET aujourd鈥檋ui retrait茅. Ing茅nieur de l鈥橢cole Centrale Nantes (ex ENSM promotion 1966) il est aussi Docteur en M茅canique et Energ茅tique (Universit茅 H. Poincar茅-Nancy 1-2002) et dipl么m茅 en Economie/Gestion (DEA Universit茅 Paris 13-2001).
Son activit茅 professionnelle l鈥檃 amen茅 脿 travailler essentiellement en recherche appliqu茅e dans le domaine de la combustion. Il s鈥檈st fait notamment conna卯tre pour ses travaux sur la 芦 combustion humide 禄, recevant un Prix 芦 Montgolfier 禄 des Arts chimiques en 2002 (Prix d茅cern茅 par la Soci茅t茅 d鈥橢ncouragement de l鈥橧ndustrie Nationale).

Il a 茅t茅 en charge du secteur Energie/BTP au si猫ge de OSEO entre 1995 et 1998


Aid茅es par des progr猫s technologiques consid茅rables depuis deux si猫cles, les strat茅gies 茅conomiques se sont laiss茅es guider par des d茅fis 芦 capitalistes 禄 insatiables toujours plus exigeants en profits et toujours justifi茅es par l鈥檌ntervention de la main invisible (1) 禄 sens茅e optimiser pour le plus grand nombre le r茅sultat de choix r茅pondant 脿 des int茅r锚ts individuels鈥

Comme corollaire, la loi du march茅 s鈥檈st impos茅e comme bienfaitrice, lib茅ratrice, lib茅rale, capable de tout r茅guler au mieux鈥 d茅terminante de prix optimis茅s.

S鈥檃ppuyant alors sur les th茅ories 茅conomiques pour jouer avec les volumes afin de faire baisser les prix, le fonctionnement de ce march茅 a engendr茅 la soci茅t茅 de consommation, accept茅e par le plus grand nombre, conquis par les bienfaits d鈥檜n 芦 toujours plus de biens mat茅riels consomm茅s 禄鈥 mais faisant appel 脿 toujours plus de ressources naturelles non renouvelables pour produire, transformer, transporter, vendre鈥 et produisant toujours plus de d茅chets d茅gradant l鈥檈nvironnement鈥

Des pr茅suppos茅s 芦 oubli茅s 禄 qui nous ont men茅s 脿 une dure r茅alit茅鈥

En effet,

-la th茅orie 茅conomique a oubli茅 de consid茅rer que notre plan猫te 茅tait un milieu fini,

-la th茅orie 茅conomique a oubli茅 qu鈥檈lle s鈥檃ppuyait sur des ressources naturelles en quantit茅 limit茅es et particuli猫rement les 茅nergies fossiles dont elle a n茅glig茅 d鈥檃ppr茅cier
la 芦 juste valeur 茅conomique 禄 (2,3),

-la th茅orie 茅conomique a oubli茅 de prendre en compte l鈥檌mpact de l鈥檃ctivit茅 茅conomique sur l鈥櫭ヽosyst猫me (2),

-la th茅orie 茅conomique s鈥檈st mise d鈥檈mbl茅e au service du 芦 capital 禄, oubliant que l鈥檋omme devait 锚tre au centre de ses pr茅occupations (4),

-la th茅orie 茅conomique n鈥檃 pas imagin茅 que l鈥檌niquit茅 du partage des richesses produites allait augmenter avec la croissance 茅conomique, in fine, mettant en p茅ril la stabilit茅 du monde et la coh茅sion sociale des Etats,

-la th茅orie 茅conomique n鈥檃 pas imagin茅 l鈥檃pparition d鈥檜n hiatus entre une 茅conomie financi猫re 芦 soda 禄, virtuelle, g茅n茅ratrice de bulles, et l鈥櫭ヽonomie r茅elle (5)鈥

Non, nous ne pouvons plus croire en l鈥榠ntervention vertueuse de 芦 la main invisible 禄 si largement exploit茅e par les 茅conomistes pour justifier une confiance absolue dans la capacit茅 du march茅 脿 optimiser du point de vue de l鈥檌nt茅r锚t g茅n茅ral les comportements individuels: une b茅vue comparable 脿 celle faite 脿 propos du co没t 茅cologique de l鈥檃ctivit茅 茅conomique.

Avec la soci茅t茅 de consommation sont n茅es les associations de d茅fense de consommateurs partisans d鈥檜ne consommation 脿 des prix bas, toujours plus bas鈥

Avec la crise que nous connaissons aujourd鈥檋ui les Pouvoirs Publics ont appuy茅 cette qu锚te pour r茅pondre au d茅sir des consommateurs de 芦 plus de pouvoir d鈥檃chat 禄鈥

Dans les deux cas on a oubli茅 que, pour l鈥檈ssentiel, consommateurs et salari茅s constituaient la m锚me population, ne faisaient qu鈥檜n !鈥 que la course aux prix bas avait vite fait d鈥櫭猼re nuisible aux salari茅s et 脿 l鈥檈mploi鈥 et ainsi provoquer de gravissimes d茅s茅quilibres soci茅taux.

La probl茅matique soci茅tale des prix cass茅s et autre discount鈥

鈥 dans un contexte de mondialisation

Dans le contexte de 芦 mondialisation 禄 des 茅changes qui aujourd鈥檋ui concernent 脿 peu pr猫s tout ce qui se consomme, faire chuter les prix, c鈥檈st assur茅ment soutenir le d茅veloppement des d茅localisations, soutenir l鈥檌mportation depuis les pays 脿 faible co没t de la main d鈥櫯搖vre鈥 (du moins aussi longtemps que ne seront dissuasifs les co没ts du transport des marchandises).

Ainsi consommer 脿 prix bas est nuisible 脿 l鈥檈mploi local ou national dans tous les secteurs de production : une 茅vidence !

On met beaucoup d鈥檈spoir dans des activit茅s de substitution comme 芦 le service 脿 la personne 禄鈥 Alors on doit 锚tre attentif au fait que ce type d鈥檃ctivit茅 n鈥檃 de chance de se d茅velopper que si le taux d鈥檃ctivit茅 dans les autres secteurs, notamment dans le secteur de la production, reste suffisant, sinon le manque de ressource et la disponibilit茅 trouv茅s au sein de chaque famille rendra improbable le d茅veloppement de ce nouveau service.鈥 Par ailleurs, il et clair que les secteurs les plus susceptibles de participer 脿 l鈥櫭﹒uilibre de la balance du commerce ext茅rieur restent ceux de la production !

鈥 dans un contexte de 芦 grande distribution 禄

Dans un contexte de tr猫s forte concurrence entre grandes enseignes on observe un 茅crasement des prix qui est en passe de d茅tr么ner les prix pratiqu茅s dans les magasins sp茅cialis茅s dans le 芦 discount 禄, avec des cons茅quences gravissimes pour l鈥檈mploi dans tout le secteur commercial et des r茅percussions dramatiques sur les fournisseurs.

Avec les derni猫res innovations technologiques, bient么t les grandes et moyennes surfaces d茅sireuses de diminuer leurs co没ts de fonctionnement, ne proposeront plus d鈥檈mplois de 芦 caissi猫re 禄鈥 Avec la pratique des 芦 marges arri猫re 禄 les grandes cha卯nes et leurs centrales d鈥檃chats n茅gocient avec leurs fournisseurs, sous peine de 芦 d茅 r茅f茅rencement 禄, des ristournes鈥 qui selon F. Rullier, Directeur des 茅tudes 脿 l鈥橧nstitut de Liaison et d鈥橢tudes des industries de la Consommation (ILEC) repr茅sentaient 32 % des prix nets factur茅s en 2003 (tandis que d鈥檃utres sources mentionnaient pour certains cas des taux d茅passant 60% !).

鈥 dans un contexte de soldes quasi permanentes

De plus en plus massivement les consommateurs attendent d茅sormais les soldes (par ailleurs en passe de devenir permanentes puisque n茅cessaires 脿 la gestion des stocks et au chiffre d鈥檃ffaire des commer莽ants !) pour commettre leurs achats non alimentaires.

Ainsi les consommateurs se sentant presque grug茅s par les prix 芦 affich茅s 禄 pourraient en venir 脿 les contester. D鈥檃illeurs ne voit-on pas r茅appara卯tre le 芦 marchandage 禄! Dans ce cheminement, le troc n鈥檃-t-il pas de nouvelles chances鈥 via internet ! Par LeMonde.fr , le 17/09/09 : Selon l'institut IRI-France (Information Resources, Inc.), depuis le d茅but de l'ann茅e, les ventes sous promotions ont repr茅sent茅 17,2 % du chiffre d'affaires de la grande distribution. Du jamais vu !...

鈥 dans un contexte d茅flationniste

Des prix bas g茅n茅ralis茅s, durables, c鈥檈st la d茅flation鈥

Alors la crise financi猫re et bancaire menace, d鈥檃utant plus grave que la d茅flation est accompagn茅e par un ch么mage qui se d茅veloppe, l鈥檜n soutenant l鈥檃utre pour l鈥檃mplifier.

Si on rappelle la concomitance des crises 茅nerg茅tique, 茅cologique, 茅conomique, on aboutit 脿 une crise soci茅tale (que d鈥檃utres diront de 芦 civilisation 禄) qui oblige 脿 de profondes modifications dans le fonctionnement du march茅 et n茅cessite de nouvelles approches, d鈥檕rdre philosophique et politique鈥 de l鈥櫭ヽonomie (6) 鈥

Quelques pistes nouvelles鈥

L鈥櫭﹒uit茅 au centre du d茅bat

L鈥檃ctivit茅 茅conomique produit une valeur ajout茅e. Elle s鈥檈xprime habituellement comme la somme de la masse salariale et des b茅n茅fices nets (taxes et investissements d茅duits).

En d鈥檃utres termes la valeur ajout茅e est la somme de la r茅mun茅ration du travail et de la r茅mun茅ration du capital. Pour que la machine 茅conomique fonctionne correctement il doit y avoir un partage harmonieux, 茅quitable, de la valeur ajout茅e entre le 芦 capital 禄 et le 芦 travail 禄.

Si du point de vue macro - 茅conomique cette harmonie n鈥檈st pas trouv茅e la production ne peut s鈥櫭ヽouler (traditionnellement, les 茅conomistes assimilent consommation et r茅mun茅ration des salari茅s, 茅pargne et r茅mun茅ration du capital).

Alors, si l鈥檋armonie commence par un partage 茅quitable de la valeur ajout茅e au sein de l鈥檈ntreprise (7), elle doit se poursuivre par une r茅partition tout aussi 茅quitable de la valeur ajout茅e tout au long des cha卯nes (fili猫res) qui vont des producteurs de la mati猫re 芦 premi猫re 禄 jusqu鈥檃ux consommateurs finaux!



Le partage 茅quitable de la valeur ajout茅e dans l鈥檈ntreprise

Nous avons eu l鈥檕ccasion de d茅velopper un mod猫le de partage 茅quitable, n茅goci茅, de la valeur ajout茅e au sein de l鈥檈ntreprise. Ce mod猫le a 茅t茅 pr茅sent茅 dans un ouvrage ainsi que dans de nombreux articles publi茅s par les 茅ditions l鈥橦armattan (7).

Selon ce mod猫le, en m锚me temps que la r茅mun茅ration des salari茅s est faite de salaire et de participation aux profits, la r茅mun茅ration des actionnaires est faite de dividendes et d鈥檜ne prime index茅e sur la masse salariale (dite 芦 prime de fid茅lit茅 脿 l鈥檈ntreprise 禄)鈥

Il est alors essentiel de souligner ici que ces modalit茅s de r茅mun茅rations, qui positivent aux yeux de tous aussi bien la hauteur de la masse salariale que celle des profits, donc annihile notamment l鈥檋ostilit茅 traditionnelle des actionnaires vis-脿-vis de la r茅mun茅ration du travail, mettent les salari茅s et les actionnaires dans des conditions a priori plut么t favorables 脿 de bonnes n茅gociations.

L鈥檃boutissement de ces n茅gociations se traduit par l鈥檈xpression d鈥檜ne valeur 茅quitable du rapport entre la r茅mun茅ration du capital et celle du travail. Ce qui signifie aussi la reconnaissance par les acteurs qu鈥檜n rapport 茅quitable existe entre la 芦 marge de profits 禄 et la r茅mun茅ration du travail鈥鈥檈st-脿-dire avec la capacit茅 脿 consommer, avec le 芦 pouvoir d鈥檃chat 禄 apport茅 par le travail.

Les attendus de l鈥檃pplication du mod猫le dans la grande distribution

Comme dans les autres entreprises, appliqu茅 脿 la grande distribution, le mod猫le 茅voqu茅 au dessus ventile plus 茅quitablement la valeur ajout茅e produite par la grande surface, entre ses actionnaires et ses salari茅s.

A un moment o霉 l鈥檈mploi dans ce secteur est menac茅 par une concurrence exacerb茅e entre mastodontes de la distribution, d鈥檃bord entre eux, mais aussi avec les magasins 芦 discount 禄, 脿 un moment o霉 les nouvelles technologies d鈥檈ncaissement font leur entr茅e, la piste du partage 茅quitable, n茅goci茅, de la valeur ajout茅e m茅rite d鈥櫭猼re 茅tudi茅e鈥 notamment parce qu鈥檈lle d茅bouche sur des marges et autres profits contenus, car index茅s sur la r茅mun茅ration du travail鈥 ne pouvant cro卯tre que s鈥檌l y a croissance corr茅lative de cette derni猫re.

Un prix 茅quitable pour les mati猫res 芦 premi猫res 禄

Pour coller 脿 l鈥檃ctualit茅 nous 茅voquerons le cas des producteurs de mati猫res premi猫res alimentaires鈥

Le rapport de force in茅quitable entre les producteurs, particuli猫rement les plus petits, et les mastodontes de la transformation, de la distribution avec leurs centrales d鈥檃chat et leur 芦 marges arri猫res 禄, ruine les producteurs, premier maillon de la fili猫re alimentaire (aujourd鈥檋ui il s鈥檃git des producteurs de lait, demain d鈥檃utres producteurs du secteur agricole feront probablement l鈥檃ctualit茅 ), en France, en Europe....

On peut m锚me dire que les producteur de mati猫re premi猫re sont pris en tenaille entre leurs propres fournisseurs, appartenant le plus souvent aux secteurs p茅troliers, chimiques (sans compter avec l鈥檃rriv茅e des monopoles fournisseurs d鈥橭GM !) et leurs clients, autant de mastodontes devant lesquels ils ont le r么le du 芦 pot de terre 禄, n鈥檃yant gu猫re d鈥檈spoir de b茅n茅ficier d鈥檜ne quelconque marge arri猫re ou autre ristourne !

Plut么t que d鈥櫭猼re soutenus par des aides souvent v茅cues comme avilissantes, d鈥檃utres voies peuvent 锚tre envisag茅es pour rendre leur enti猫re dignit茅 脿 ces professionnels鈥 Par exemple et en coh茅rence avec notre mod猫le d鈥櫭﹒uit茅 du partage de la valeur ajout茅e au sein de l鈥檈ntreprise, nous proposons que soit n茅goci茅 entre les professionnels et les Pouvoirs Publics, et revu autant que n茅cessaire, un prix 芦 plancher 禄 pour une production adapt茅e 脿 la demande, mais un prix index茅 sur la totalit茅 de la valeur ajout茅e aval engendr茅e dans la m锚me fili猫re, incluant la transformation de la mati猫re premi猫re, les conditionnement, stockage, transport, commercialisation鈥 jusqu鈥檃u consommateur final..

Selon la proposition, de cha卯ne ouverte (avec son premier maillon faible), on passerait ainsi 脿 une cha卯ne ferm茅e o霉 chaque maillon aurait les meilleures chances de recueillir une r茅mun茅ration digne de la valeur ajout茅e intrins猫que apport茅e par son travail et en coh茅rence avec celle des autres intervenants de la fili猫re !

On aura compris que le terme 芦 low cost 禄 qui appara卯t dans le titre de cet article est l脿 pour rappeler le cas du 芦 discount a茅rien 禄鈥n cas de discount qui constitue un outrage 脿 l鈥櫭ヽologie pour tous ceux qui sont sensibilis茅s 脿 la n茅cessit茅 de pr茅server les ressources 茅nerg茅tiques fossiles et notre environnement鈥 et savent ce que le transport par a茅ronefs 芦co没te禄 脿 la plan猫te (3) 鈥

(1) M茅taphore du philosophe et 茅conomiste 茅cossais A. Smith

(2) Voir l鈥檃rticle 芦 Croissance et 茅nergie : une br猫ve synth猫se 禄 par R. Guillet

(3) Voir l鈥檃rticle 芦 Plaidoyer pour une autre croissance 禄 par R. Guillet

(4) Voir l鈥檃vant propos du livre 芦 Pour plus de solidarit茅 entre le capital et le travail ou de nouvelles chances pour l鈥檈mploi 禄 par R. Guillet (ed. L鈥橦armattan)

(5) Le rapport de la commission Stiglitz sugg猫re un 芦 nouveau PIB 禄

(6) Allusion au livre 芦 J鈥檃i fait HEC et je m鈥檈n excuse 禄 de Florence Noiville

(7) Voir le livre 芦 Pour plus de solidarit茅 entre la capital et le travail ou de nouvelles chances pour l鈥檈mploi 禄 par R. Guillet (茅dit茅 en 2004 + version 2009 en e-book) et articles compl茅mentaires aux 茅ditions l鈥橦armattan.

Vous voulez poursuivre la lecture d'autres articles de Remi GUILLET, alors:

 

Faut-il sauver les entreprises et leurs emplois 脿 tout 芦 prix 禄 ?

Remi GuilletCet article a 茅t茅 茅crit par R茅mi GUILLET aujourd鈥檋ui retrait茅. Ing茅nieur de l鈥橢cole Centrale Nantes (ex ENSM promotion 1966) il est aussi Docteur en M茅canique et Energ茅tique (Universit茅 H. Poincar茅-Nancy 1-2002) et dipl么m茅 en Economie/Gestion (DEA Universit茅 Paris 13-2001).
Son activit茅 professionnelle l鈥檃 amen茅 脿 travailler essentiellement en recherche appliqu茅e dans le domaine de la combustion. Il s鈥檈st fait notamment conna卯tre pour ses travaux sur la 芦 combustion humide 禄, recevant un Prix 芦 Montgolfier 禄 des Arts chimiques en 2002 (Prix d茅cern茅 par la Soci茅t茅 d鈥橢ncouragement de l鈥橧ndustrie Nationale).

Il a 茅t茅 en charge du secteur Energie/BTP au si猫ge de OSEO entre 1995 et 1998


Dans le livre 芦 Pour plus de solidarit茅 entre le travail et le capital ou de nouvelles chances pour l鈥檈mploi鈥 禄 que je publiais en 2004 chez l鈥橦armattan, Dominique Tadd茅i qui me faisait l鈥檋onneur d鈥檈n 茅crire la pr茅face s鈥檌nterrogeait sur le r么le prioritaire que pouvait avoir l鈥檈ntreprise dans un projet de r茅forme visant plus d鈥櫭﹒uit茅 dans le partage des richesses鈥

A peine cinq ans plus tard, une crise majeure devait 茅branler l鈥櫭ヾifice 茅conomique mondial faisant aujourd鈥檋ui mieux appara卯tre que l鈥檈ntreprise est une sinon la cl茅 de vo没te de l鈥櫭ヾifice socio-茅conomique n茅 avec l鈥櫭╮e industrielle dans nos soci茅t茅s occidentales.

Et pourtant, si on demandait au monde des 茅conomistes s鈥檌l faut sauver les entreprises 脿 tout prix, ils r茅pondraient en grande majorit茅 芦 non 禄 tandis qu鈥櫭 l鈥檕ppos茅 les citoyens pensant davantage aux emplois et 脿 ce que ces derniers repr茅sentent pour eux, r茅pondraient tout aussi majoritairement 芦 oui 禄

Pourquoi cette dichotomie?

En effet, du point de vue global, mondial et strictement 茅conomique o霉 toutes les consid茅rations sociales, soci茅tales, 茅cologiques et autres gestions des ressources naturelles les plus rares sont 茅cart茅es, la th茅orie 茅conomique lib茅rale, r茅f茅rence d茅sormais quasi unique, qui fait confiance absolue au libre 茅change, au march茅, au jeu de la Bourse malgr茅 ses d茅rives sp茅culatives et inflationnistes, ne peut que r茅pondre 芦 non 禄 脿 la question pos茅e, consid茅rant la r茅mun茅ration du travail comme une 芦 charge 禄 du point de vue du r茅sultat 茅conomique, consid茅rant une entreprise en tant que telle, plus comme une anecdote qu鈥檜n 茅l茅ment vital constitutif d鈥檜ne matrice g茅n茅ratrice de nouvelles richesses.

Mais du point de vue des Etats, l鈥檃nalyse 茅conomique seule ne suffit plus: les choses se compliquent! En effet, le libre 茅change, la mondialisation, favorisent le d茅placement des capitaux 脿 la vitesse de la lumi猫re (aujourd鈥檋ui virtuels et num茅riques, demandant moins d鈥檜n sixi猫me de seconde pour aller d鈥檜n point de la plan猫te et ses antipodes, ce n鈥檈st pas une m茅taphore!), la d茅localisation de la production vers la main d鈥櫯搖vre 脿 bas co没t, mettent en p茅ril les 茅conomies nationales, les balances commerciales ext茅rieures, les coh茅sions sociales.

Des points de vue r茅gionaux et locaux on retrouve les m锚mes pr茅occupations 脿 l鈥櫭ヽhelle de populations socialement plus affectivement li茅es, d茅pendantes voire solidaires entre-elles.

A propos de 芦 d茅pendances 禄 et de 芦 commerce ext茅rieur, il n鈥檈st pas inutile de rappeler la nomenclature de la comptabilit茅 nationale qui, s鈥檌nspirant de ce qu鈥檃 v茅cu chronologiquement l鈥檈sp猫ce humaine, introduit implicitement une forme de hi茅rarchie dans l鈥檃ctivit茅 芦 茅conomique 禄, distinguant un 芦 noyau dur禄: d鈥檃bord le secteur primaire (agriculture, p锚che, activit茅s mini猫res et foresti猫res鈥.) puis le secteur secondaire (les industries de transformation) enfin les activit茅s d鈥檃ccompagnement que regroupe le secteur tertiaire (commerce, finances, transport, sant茅, 茅ducation, administration, s茅curit茅 et autres services 脿 la collectivit茅鈥). Aujourd鈥檋ui, apr猫s le secteur primaire qui reste 芦 crucial 禄 au niveau des 脡tats, ce sont les activit茅s de transformations qui assurent le plus de cr茅ation de valeurs ajout茅es 芦 r茅elles 禄, les plus exportables, donc les plus utiles du point de vue du commerce ext茅rieur鈥

Ainsi, dans le monde moderne, technologique, la r茅alit茅 veut que les entreprises industrielles soient des structures essentielles ayant un r么le primordial pour la 芦 bonne sant茅 禄 茅conomique des pays. Ce sont elles qui rassemblent les moyens, le savoir faire, les hommes et femmes capables de valoriser les r茅sultats de la recherche en produisant des biens et services nouveaux, esp茅r茅s ou apportant un 芦 mieux-锚tre 禄 dont la mise sur le march茅 g茅n猫re une 芦 valeur ajout茅e 禄 r茅elle, incontest茅e.



Mais l鈥檈ntreprise ne repr茅sente pas que cela : elle est un des 茅l茅ments les plus structurants du point de vue soci茅tal.

Pour les citoyens l鈥檈ntreprise a une utilit茅 芦 soci茅tale 禄. Ceci est une 茅vidence pour la population salari茅e. Cela l鈥檈st 茅galement pour le reste de la population qui trouve souvent sa propre utilit茅, ses ressources, dans l鈥檈xistence d鈥檈ntreprises locales avec les emplois qu鈥檈lles engendrent.

Pour la plupart des citoyens, l鈥檈mploi, avec une dose de s茅curisation minimale, signifie aussi 芦 confiance en l鈥檃venir 禄, cr茅e un contexte favorable aux projets individuels et familiaux de tous ordres, allant du d茅sir d鈥檈nfants 脿 celui de devenir 芦 propri茅taire 禄鈥 Plus g茅n茅ralement c鈥檈st faire appel aux cr茅dits bancaires鈥 Si ceux-ci sont devenus indispensables au dynamisme de l鈥櫭ヽonomie moderne, aujourd鈥檋ui, non seulement les banques sont frileuses en mati猫re d鈥檃llocation de cr茅dits -crise des 芦 subprimes 禄 oblige- mais de leur c么t茅 les demandes ont beaucoup chut茅!

Dans un pr茅c茅dent article nous 茅crivions 芦 Si le cr茅dit est une condition n茅cessaire 脿 la croissance, il n鈥檈st disponible que dans un contexte de confiance鈥 禄. Nous aurions coll茅 davantage 脿 la r茅alit茅 d鈥檃ujourd鈥檋ui avec : 芦 Si le cr茅dit est une condition n茅cessaire 脿 la croissance, il n鈥檈st disponible et sollicit茅 que dans un contexte de confiance鈥 禄. Selon l鈥檃ssociation fran莽aise des soci茅t茅s financi猫res : 芦 Les cr茅dits 脿 la consommation connaissent un net recul depuis un an鈥. les pr锚ts personnels ont chut茅 de plus de 29 %. En juillet 2009, le nombre de cr茅dits 脿 la consommation d茅livr茅 par les 茅tablissements sp茅cialis茅s bancaires a recul茅 de plus de 18 % par rapport 脿 juillet 2008... Ce sont surtout les pr锚ts personnels qui se sont effondr茅s en enregistrant une baisse de presque 30 %. Les cr茅dits renouvelables et le financement de voitures ont baiss茅 respectivement de plus de 15 et 12 % 禄.

Par ailleurs, l鈥檈ntreprise est le support 脿 de tr猫s nombreuses externalit茅s: associations touchant aussi bien la culture, les sports, les services sociaux鈥, suivi m茅dical (dans le cadre de la m茅decine du travail), cr猫ches d鈥檈ntreprises, loisirs de tous depuis les plus jeunes jusqu鈥檃ux seniors les plus confirm茅s qu鈥檈lles soutiennent ou m锚me organisent鈥

Ainsi, compte tenu de ce que repr茅sentent les entreprises pour les salari茅s mais aussi pour les populations environnantes, qu鈥檕n se place du point de vue priv茅, collectif, soci茅tal, l鈥檜tilit茅 d鈥檜ne entreprise 茅tablie est une 茅vidence et son maintien hautement souhaitable.

N鈥檃-t-on jamais 茅tudi茅 le co没t soci茅tal, 茅cologique de toutes ces 芦 structures 禄 de b茅ton et d鈥檃cier abandonn茅es cr茅ant de v茅ritables friches industrielles ? Ont-elles 茅t茅 amorties ? Si non: quel g芒chis 茅conomique et 茅cologique! Si oui: quel g芒chis soci茅tal!

Revenons, stricto sensu, 脿 la question que soul猫ve le titre de cet article, pour retenir de cette r茅flexion que:

  • les entreprises sont indispensables au bon fonctionnement de la soci茅t茅 occidentale moderne,
  • le nombre de salari茅s ne doit plus 锚tre la premi猫re variable d鈥檃justement des entreprises et la productivit茅 du travail ne doit plus 锚tre consid茅r茅e comme un indicateur essentiel de la 芦 bonne gestion 禄 d鈥檜ne entreprise.

Bien s没r, nous n鈥檕ublions pas ici la n茅cessit茅 de plus de solidarit茅 entre tous les acteurs de l鈥檈ntreprise, d鈥檜n autre partage des risques et profits鈥 sur lesquels nous avons d茅j脿 publi茅 (1) ni l鈥檈spoir que l鈥橢tat puisse favoriser une autre lecture de la bonne gestion de l鈥檈ntreprise.

Quelques pistes 鈥

Dans un contexte de crise majeure, notre propos se doit d鈥檃vancer quelques pistes nouvelles pour consolider la structure entrepreneuriale鈥

Introduction d鈥檜ne 芦 flexis茅curit茅 interne 禄 脿 l鈥檈ntreprise

Le terme de 芦 flexis茅curit茅 禄 est le plus souvent associ茅 脿 des mod猫les nordiques, notamment danois, qui externalisent vers la collectivit茅 les cons茅quences de 芦 mises 脿 pied 禄鈥 par des prises en charge individuelles des cas de licenciements via allocation, formation, assistance en direction d鈥檃utres emplois 鈥 Une solution qui a priori est tr猫s co没teuse pour la collectivit茅 et qui devient incertaine quand la crise touche l鈥檈nsemble des secteurs!

Notre proposition de 芦 flexis茅curit茅 interne 禄 (脿 l鈥檈ntreprise) est autre. Nous en rappellerons ici bri猫vement le principe que nous avons eu l鈥檕ccasion de pr茅senter dans de pr茅c茅dents articles (2) et qui passe par de nouvelles modalit茅s de r茅mun茅rations des acteurs internes (salari茅s) et externes (actionnaires)鈥

Selon notre 芦 mod猫le 禄, les r茅mun茅rations des salari茅s ainsi que celle des d茅tenteurs du capital (actionnaires) sont faites de deux composantes, s鈥檃ppuyant sur les deux m锚mes 茅l茅ments constitutifs de la valeur ajout茅e nette (taxes et investissements d茅duits) que sont la masse salariale et les dividendes. Ainsi d鈥檜n c么t茅 la r茅mun茅ration des salari茅s est la somme de la masse salariale - c鈥檈st toujours la composante pr茅d茅termin茅e, connue a priori de la r茅mun茅ration - et d鈥檜ne participation aux r茅sultats significative index茅e sur les dividendes qui en est la part variable, flexible. De l鈥檃utre c么t茅, la r茅mun茅ration des actionnaires ou autres d茅tenteurs de capitaux est la somme des dividendes, fonction des r茅sultats de l鈥檈ntreprise et d鈥檜ne prime dite 芦 prime de fid茅lit茅 禄 脿 l鈥檈ntreprise index茅e sur la masse salariale donc stable pr茅d茅termin茅e comme l鈥檈st la masse salariale.

La 芦 hauteur 禄 des parts index茅es est l鈥檕bjet de n茅gociations entre des partenaires internes et externes devenus avec ces nouvelles modalit茅s de r茅mun茅rations beaucoup plus enclins 脿 coop茅rer, car partageant d茅sormais des vues positives de la hauteur de la masse salariale et de celle des profits.

Toutes choses 茅gales par ailleurs, plus l鈥檌ndexation est 茅lev茅e plus la part flexible de la r茅mun茅ration des salari茅s est 茅lev茅e鈥 et plus la prime de fid茅lit茅 est 茅lev茅e dans la r茅mun茅ration des actionnaires. (Nous reviendrons dans un prochain article sur les avantages de la fid茅lisation des actionnaires).

Aujourd鈥檋ui l鈥檌nt茅r锚t 脿 souligner de ces modalit茅s de r茅mun茅rations est qu鈥檈lles peuvent permettre 脿 une entreprise de passer un cap difficile (3) gr芒ce 脿 un choix judicieux du 芦 niveau de la flexibilit茅 禄 n茅goci茅.

Des tontines d鈥檈ntreprises ou autres r茅seaux de solidarit茅 inter - entreprises.

Les 芦 tontines 禄 sont des syst猫mes d鈥檌nvestissements invent茅s par le banquier italien Tonti et appliqu茅s une premi猫re fois en France au XVII猫me si猫cle鈥 Les tontines ont pris diverses formes selon les r茅gions du monde et les p茅riodes mais elles ont en commun de rassembler des individus souscripteurs qui partagent les 芦 b茅n茅fices 禄 du syst猫me jusqu'au dernier survivant.

Les tontines revivent aujourd'hui comme un syst猫me d鈥檈ntraide l脿 o霉 les banques refusent d'intervenir. Des groupes d'amis, voisins ou coll猫gues peuvent se constituer afin de proposer, sur la base de la confiance, des aides 脿 chacun des membres. Les cotisations des membres et les remboursements permettent de financer les projets 脿 venir. Ce syst猫me repose sur, et entretient de vraies relations sociales.

Ce concept, cr茅ateur de liens, porteur de solidarit茅 芦 脿 la vie 脿 la mort 禄 entre individus, nous semble potentiellement porteur de solidarit茅 inter - entreprises, du moins dans le cas de TPE-PME-PMI鈥

On peut m锚me penser que des r茅seaux de solidarit茅 (nationale ?) ainsi constitu茅s sur la base de liens de confiance pr茅alablement 茅tablis via les tontines peuvent constituer un terreau favorable 脿 des rapprochements d茅bouchant sur des regroupements donnant naissance 脿 des PME / PMI de plus grandes tailles et donc plus aptes 脿 op茅rer sur le march茅 international, moins vuln茅rables si elles regroupent des activit茅s plus diversifi茅es que dans chacune d鈥檈lles prise s茅par茅ment鈥

l鈥橢tat au timon re-distributeur via les entreprises

Plut么t qu鈥檌ndemniser les ch么meurs, l鈥橢tat peut envisager d鈥檃ider les entreprises 脿 maintenir l鈥檈mploi par une allocation destin茅e aux salari茅s de l鈥檈ntreprise en difficult茅 et prenant la forme d鈥檜ne ressource exceptionnelle et temporaire compensatrice d鈥檜ne baisse d鈥檃ctivit茅鈥



Nous avons conscience que de telles dispositions seraient d鈥檃bord 脿 n茅gocier avec les instances responsables du bon respect des r猫gles de la concurrence et du libre 茅change voulues par l鈥櫭ヽonomie de march茅. Mais rien n鈥檈st inscrit dans le marbre et le contexte 茅conomique et social mondial se pr锚te 脿 l鈥檃cceptation d鈥檌mportantes 芦 retouches 禄 des r猫gles du jeu capitaliste鈥

Ainsi l鈥檃llocation transitant par l鈥檈ntreprise couvrirait deux objectifs : d鈥檜ne pierre deux coups ! l鈥橢tat venant simultan茅ment au secours de l鈥檈ntreprise et de ses salari茅s !

Le chemin en serait-il pris? Ouvrant la voie, voici une actualit茅 du 19 janvier 2009 o霉 on pouvait lire:



芦 La Commission europ茅enne vient tout juste d'autoriser la France 脿 mettre en oeuvre les mesures d'aides aux entreprises, pr茅vues dans son plan de relance, destin茅es 脿 les aider 脿 surmonter la crise 茅conomique鈥. 禄. Soulignant que cette mesure qui permet aux pouvoirs publics, aux collectivit茅s territoriales et 脿 certains organismes publics d'accorder, sur les deux ann茅es 2009 et 2010, des aides allant jusqu'脿 500.000 euros aux entreprises mises en difficult茅 par la crise 茅conomique actuelle ou qui rencontrent des probl猫mes de financement en raison du resserrement du cr茅dit, constituera in茅vitablement une bouff茅e d'oxyg猫ne pour ces entreprises affect茅es par la conjoncture, la Commissaire se f茅licite que la France, comme l'Allemagne et le Portugal fassent usage du nouvel encadrement propos茅 par la Commission, ajoutant que les mesures prises ne donneront pas lieu 脿 des distorsions de concurrence disproportionn茅es鈥 禄

Mais l鈥橢tat re-distributeur via les entreprises peut aussi, et en coh茅rence avec l鈥檃llocation compensatrice de la baisse d鈥檃ctivit茅, 锚tre incitateur pour que le temps lib茅r茅 soit consacr茅 脿 la formation continue en interne, cette formation pouvant avantageusement diversifier les aptitudes et qualification de chacun des salari茅s: une vraie nouvelle culture d鈥檈ntreprise 脿 promouvoir avec le soutien de tous les acteurs internes et externes 鈥



Une taxation assouplie ou 芦 flottante 禄

Nous avons d茅j脿 eu l鈥檕ccasion de plaider pour des taxes index茅es sur la valeur ajout茅e(1), une modalit茅 de taxation qui nous semble 锚tre la plus 茅quitable car mieux r茅partie entre la r茅mun茅ration du travail et celle du capital.

Mais la crise qui touche l鈥櫭ヽonomie constitue un contexte ou il y a uniformit茅 dans les d茅fis 脿 relever et donc est une aubaine pour certains changements allant plus loin via les taxes pour soutenir les entreprises et l鈥檈mploi salari茅. Ainsi ce n鈥檈st pas r锚ver d鈥檌maginer que les taxes deviennent un vrai levier extra muros d鈥檃ide aux entreprises et 脿 la gestion de l鈥檈mploi. Plus particuli猫rement, on 茅voquera l鈥檌d茅e que toutes taxes et bien s没r celles sur les salaires soient 芦 flottantes 禄, all茅g茅es temporairement en cas de grandes difficult茅s des entreprises.

En cas ultime d鈥檈ntreprise sans repreneur, l鈥橢tat pourrait aussi envisager d鈥檌ntervenir pour favoriser l鈥櫭﹎ergence de Soci茅t茅s Coop茅ratives de production (SCOP) via des d茅taxations de circonstances...

Des mesures dissuasives au licenciement abusif et d鈥檈ncouragement 脿 l鈥檈mploi

Reste le cas des entreprises en bonne sant茅 茅conomique et qui malgr茅 cela licencient鈥

Alors 茅viter les abus pourrait passer par des p茅nalit茅s dissuasives, 脿 la hauteur de la diminution de masse salariale r茅sultant des licenciements envisag茅s et au moins 茅gale 脿 ce que co没terait 脿 la collectivit茅 les indemnit茅s de ch么mage dues aux licenciements pr茅vus, cela sur une p茅riode 脿 n茅gocier mais en rapport avec la dur茅e moyenne du ch么mage individuel.

A l鈥檕ppos茅 et pour encourager l鈥檈mploi (en contrat 脿 dur茅e ind茅termin茅e), des aides 脿 hauteur des indemnit茅s de ch么mage et pour une p茅riode 茅galement fonction de la dur茅e moyenne de recherche d鈥檈mploi seraient des pistes 脿 explorer.

On observera que si la premi猫re proposition semble favorable aux d茅localisations et peu attirante 脿 l鈥檌mplantation de soci茅t茅s 茅trang猫res, elle est compens茅e par l鈥檈ffet inverse de la deuxi猫me mesure.

Au bout du compte, si globalement les dispositions prises par la loi de modernisation de l鈥櫭ヽonomie (Journal Officiel du 5 ao没t 2008) ne nous 茅loignent pas des objectifs de maintien voire de renforcement du tissu entrepreneurial, d鈥檃utres mesures sont n茅cessaires pour aller plus loin, particuli猫rement quand il s鈥檃git d鈥檈ntreprises des secteurs primaires et secondaires.

Cependant il reviendra toujours aux entreprises de 芦 remplir le carnet de commandes 禄 et notamment au management de d茅finir les meilleures strat茅gies permettant de maintenir ou de se redresser au plus vite l鈥檈ntreprise en difficult茅s, ou mieux, de savoir anticiper une diversification d鈥檃ctivit茅s voire une r茅orientation devenue indispensable. A titre d鈥檈xemple: faut-il toujours autant attendre de l鈥檌ndustrie automobile? Alors, la formation continue interne dont nous avons parl茅 peut devenir un atout majeur pour la p茅rennit茅 d鈥榰ne entreprise.

Nous conclurons en 茅voquant le rapport de la commission 芦 Stieglitz 禄 concernant la r茅vision du PIB, pour relever que le 芦 mieux-锚tre 禄, voire le 芦 bien-锚tre 禄 a pour pr茅alable une bonne insertion des populations actives鈥. Pour tout ce qu鈥檌l repr茅sente du point de vue aussi bien priv茅 que collectif cette insertion passe d鈥檃bord par l鈥檈mploi, donc le plus souvent par les entreprises鈥

A nous de prendre en compte l鈥檃ctivit茅 humaine mesur茅e en terme d鈥檈mploi comme indicateur de progr猫s social, de bon 茅quilibre soci茅tal et de croissance harmonieuse鈥n vue d鈥檜n tout 芦 nouveau PIB 禄.

Pour donner une note humoristique au propos, on dira qu鈥檌l est temps de r茅 - interpr茅ter les paroles que chantait H. Salvador : 芦 Le travail, c鈥檈st la sant茅鈥.禄!

(1) Voir aux 茅ditions l鈥橦armattan les publications de R. Guillet (2) Voir plus particuli猫rement l鈥檃rticle 芦 Flexis茅curit茅: une autre voie 禄 par R. Guillet (3) Voir plus particuli猫rement l鈥檃rticle 芦 Un mod猫le de r茅mun茅ration solidaire et 茅quitable comme alternative 脿 la faillite de l鈥檈ntreprise 禄 par R. Guillet

Annexe: L鈥櫭﹙olution du taux de ch么mage en France depuis 1968*


  • Il s'agit de donn茅es Insee qui comptabilise le ch么mage au sens BIT (Bureau International du Travail. Ce taux exprime le nombre les 芦 ch么meurs par rapport 脿 la 芦 population active 禄. (Graphe vu sur le site 芦 france-inflation com 禄). Apr猫s une baisse continue depuis 2006, le ch么mage est reparti 脿 la hausse depuis fin 2008 et atteignait 脿 la fin du deuxi猫me trimestre 2009 le niveau qui avait 茅t茅 atteint d茅but 2006.(Source : Insee). On observe que le ch么mage des jeunes est 脿 un niveau particuli猫rement 茅lev茅鈥vec des pr茅visions globalement peu rassurantes pour 2010.

Vous voulez poursuivre la lecture d'autres articles de Remi GUILLET, alors: