Carte de la francePour en savoir plus sur ce futur classement europ√©en des universit√©s voici reproduit ci dessous les propos de madame Val√©rie P√©cresse, Ministre de l'Enseignement sup√©rieur et de la Recherche, lors de la conf√©rence organis√©e dans le cadre de la Pr√©sidence fran√ßaise de l'Union europ√©enne sur ¬ęles indicateurs de comparaison internationale¬Ľ.

Un classement pour favoriser la mobilité étudiante en Europe

Les étudiants européens veulent suivre des parcours de formation dont ils peuvent être certains à la fois de la qualité et de la pertinence par rapport à leur projet professionnel.

Un semestre ou une ann√©e d'√©tudes √† l'√©tranger, c'est bien s√Ľr une formidable exp√©rience humaine. Mais une mobilit√© reste avant tout un temps de formation, un temps pr√©cieux qui, comme tous les autres semestres ou toutes les autres ann√©es, doit √©galement concourir √† la future insertion professionnelle des √©tudiants.

Une mobilité, c'est donc une décision réfléchie, un choix reposant notamment sur l'évaluation des atouts supplémentaires qu'elle apporte dans un parcours de formation.

Aujourd'hui, les repères nécessaires pour que tous les étudiants européens puissent faire ce choix, à un moment ou un autre de leurs études, sont encore insuffisants.

De l√† naissent bien des r√©ticences, de la part d'√©tudiants qui h√©sitent √† envisager le co√Ľt financier, mat√©riel et affectif d'un tel d√©paysement pour un gain universitaire qu'il ne leur est pas possible d'√©valuer avec pr√©cision.

Aussi nous faut-il désormais agir. Il faut non seulement simplifier la vie quotidienne des étudiants qui se lancent dans cette belle aventure, mais aussi mieux les informer, bien avant leur départ, sur la nature et la qualité des cursus qu'ils pourront suivre hors de leur pays d'origine.

Si nous voulons donner un nouvel √©lan √† Erasmus et plus g√©n√©ralement √† la mobilit√© √©tudiante en Europe, il nous faut donc offrir √† nos √©tudiants une v√©ritable information sur l'offre de formations en Europe: pour choisir un pays d'accueil, bien s√Ľr, mais aussi pour choisir l'universit√© et le cursus qu'ils fr√©quenteront.

C'est cela même que nous voulons leur apporter en construisant ensemble un classement des universités: une information objective, compréhensible et claire, qui permette à nos étudiants de savoir dans quoi ils s'engagent lorsqu'ils partent étudier dans l'un de nos pays.

Construire un classement européen pour cesser de subir les défauts des classements existants

Avec l'incroyable essor médiatique du classement de Shanghai, nous avons pris la mesure des effets que pouvaient provoquer de tels exercices lorsqu'ils sont construits sur des critères qui ne nous sont pas favorables.

Selon la ministre le classement de Shanghai a de nombreux défauts, ce faisant nous aurions le choix entre continuer à subir, année après année, la parution de classements que nous avons toutes les raisons du monde de contester, ou alors nous pouvons construire ensemble un classement européen, objectif et bien pensé, qui fera rayonner nos universités dans le monde et viendra mettre un terme au quasi monopole des classements existants.

Subir ou faire entendre notre voix, voil√† l'alternative et sur ce point, le choix de la France est tr√®s net : il nous faut construire ensemble un v√©ritable ¬ę classement de Bruxelles ¬Ľ des universit√©s mondiales et europ√©ennes.

C'est cet outil qui nous manque aujourd'hui si nous voulons vraiment faire de la mobilité au cours des études supérieures la règle, comme je le proposerai la semaine prochaine à mes collègues européens lors du Conseil des ministres de l'Education.

Nous le devons aussi si nous voulons attirer vers nos universit√©s les √©tudiants du monde entier. Pour l'heure ils se dirigent trop souvent en masse vers les formations nord-am√©ricaines et h√©sitent encore trop √† rejoindre les n√ītres, faute, pour nombre d'entre elles, de r√©putation internationale bien √©tablie.

Construire le classement européen en tenant compte de la nature de nos universités

Aux yeux de la France, nous avons donc toutes les raisons d'agir : en continuant √† subir les classements existants, nous donnerions le sentiment de les accepter par d√©faut, et nous en renforcerions ainsi la l√©gitimit√© et la cr√©dibilit√©. Ce serait un paradoxe.

Or ces classements ont d'indiscutables d√©fauts : trop souvent, ils font la part belle aux indicateurs de r√©putation, plus faciles √† construire, et n√©gligent les indicateurs objectifs, qui supposent de recueillir, de compiler et de hi√©rarchiser des donn√©es d'une autre complexit√©.

La performance réelle des universités leur échappe ainsi bien souvent et ce défaut se trouve démultiplié lorsqu'il se heurte aux effets de la taille infiniment diverse des établissements.

A mes yeux, ces classements souffrent √©galement d'un autre vice, plus n√©faste encore : ils ne saisissent le plus souvent qu'une petite part de l'activit√© de nos universit√©s : certains n'√©valuent que les formations, en laissant massivement de c√īt√© la recherche ; d'autres, souvent plus complexes, ne s'attachent qu'aux travaux de recherche, en ignorant alors les activit√©s d'enseignement.

Nous ne pouvons nous satisfaire de ces √©valuations ¬ę √† la d√©coupe ¬Ľ, y compris lorsqu'elles sont s√©rieuses et cr√©dibles. Tous ensemble, partout en Europe, nous avons en effet d√©cid√© de refonder nos syst√®mes d'enseignement et de recherche en r√©affirmant leur compl√©mentarit√©.

Mais permettez-moi √©galement de le pr√©ciser, Mesdames et Messieurs, le classement europ√©en que la France appelle de ses vŇďux doit offrir des informations non seulement sur les atouts et les qualit√©s de chaque √©tablissement, mais aussi sur la valeur et le dynamisme de leurs formations ou de leurs d√©partements.

Les classements qui se r√©sument √† une hi√©rarchie des √©tablissements sont dans une large mesure inutiles aux √©tudiants : ils n'apportent pas une information suffisamment pr√©cise.

Chaque √©tudiant a au contraire besoin de conna√ģtre la qualit√© de l'enseignement de la discipline qui le concerne, de sa discipline. C'est pourquoi, un classement europ√©en doit construire une v√©ritable cartographie des disciplines en Europe. Il faut que les √©tudiants europ√©ens disposent de toutes les informations n√©cessaires pour construire un parcours europ√©en de formation autour de leur propre projet professionnel. L'√©tudiant en droit n'a pas le m√™me besoin que le math√©maticien, l'historien ne cherche pas la m√™me information que l'√©tudiant en biologie.

Le classement européen des universités est donc à mes yeux un outil au service des étudiants, leur permettant de s'orienter parmi les formations proposées en Europe et de choisir sur la base d'une information objective et calibrée en fonction de leurs besoins individuels. C'est en ce sens qu'il deviendra un véritable moteur de la mobilité étudiante en Europe.

Et il en irait de m√™me de nos enseignants et de nos chercheurs, dont nous voulons √©galement d√©velopper la n√©cessaire mobilit√© : car eux aussi souhaitent pouvoir rejoindre une √©quipe de recherche ou d'enseignement bien pr√©cise, pour y poursuivre leurs travaux dans les conditions les plus stimulantes.

Point d'analyse:

J'esp√®re que cette d√©marche est vraiment fond√©e et que comme l'indique madame la ministre le classement de Shanghai n'est pas objectif, car sinon cela revient √† casser le thermom√®tre en esp√©rant lutter contre la fi√®vre. Autrement dit le r√©sultat du classement ne nous convient pas donc changeons les crit√®res du classement...apr√®s le classement europ√©en est il envisag√© un classement franco fran√ßais o√Ļ tout le monde est gagnant???