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Pour s'amuser un peu et surtout prendre du recul avec la blogosphère....

... lisez ce billet sur Pointblog.. un modèle du genre

 

Au secours nous n'allons plus pouvoir détester le grand capital (joke)

Si le concept de développement durable concerne tous les compartiments de notre vie en société (social, économique, politique, environnement...) il est un secteur où on le pensait étranger: celui de la finance et en particulier du financement des jeunes entreprises par les sociétés de capital risque.

Et bien détrompez vous un article intéressant de newsmanager indique les points suivants:

"Au total, quelque 1,25 milliard d'euros d'engagements ont été enregistrés dans le capital risque durable européen en 2006.

A titre de comparaison, 72 milliards d'euros avaient été levés par des sociétés de capital risque ou sociétés de MBO "traditionnelles" en Europe en 2005, dont environ 30 % (ou 20 milliards d'euros) uniquement dédiés au capital risque."

Certes, la proportion du financement par capital risque de projets liés au développement durable reste modeste.

"Mais il faut souligner que, il y a cinq ans, le marché du capital risque durable était quasi-inexistant", insiste Eurosif.

Les sociétés de capital risque intervenant sur ce secteur (Venture Capital for Sustainability) ont tendance à effectuer des investissements situés entre 1 million et 5 millions d'euros, et se focalisent sur la phase initiale de développement des sociétés.

Décidément si même les sociétés de capital risque décident d'investir dans des projets permettant le développement durable que va t il rester aux manichéens de tout bord qui fustigent le grand capital et les méchants financiers....

 

Un petit commentaire sur un article du journal les Echos

Un article des Echos de ce jour (ici) aborde la question centrale du financement de la création d'entreprises. Il en ressort une présentation plutôt optimiste de la situation du financement en insistant sur:

- l'augmentation des montants investis dans le capital risque,

- les effets positifs de la politique fiscale menée,

- le rĂ´le des FCPI

- l'intérêt de l'organisme de financement France investissement.

Lorsque l'on aborde la situation du financement de la création d'entreprise on peut voir le verre à moitié vide ou à moitié plein.

Reste que dans la chaîne du financement de la création d'entreprises le parent pauvre est sans conteste le financement des dépenses de faisabilité technologique et commerciale. Cette étape est cruciale puisque l'entrepreneur cherche des fonds pour finaliser son produit, pour concevoir le prototype voire déposer un brevet.... et ce 1 à 2 ans avant de lancer véritablement la phase de commercialisation et de production.

Cette phase d'amorçage très risquée est peu appréciée par les sociétés de capital investissement qui préfèrent financer des entreprises "matures" (capital développement) ou des opérations de transmission (capital transmission).

Ce faisant combien y -a - t 'il vĂ©ritablement de projets financĂ©s en phase d'amorçage ? 20,30,40,... moins de 60 probablement. RapportĂ©e au nombre d'entrepreneurs en quĂŞte de financement, 500, 800 probablement plus de 1 000, la probabilitĂ© de rĂ©ussite est faible.

Concernant la phase de lancement commercial et de production (phase de capital risque), elle aussi est délaissée. Car derrière les chiffres se cache une autre réalité:

  • beaucoup de financements dans cette phase ne concernent pas de nouvelles entreprises mais des re-financements. C'est-Ă -dire des sociĂ©tĂ©s qui ont dĂ©jĂ  Ă©tĂ© financĂ©es et qui bĂ©nĂ©ficient d'un second tour de table.
  • la phase de capital risque Ă  la française est particulière puisqu'elle ne correspond que peu avec la dĂ©finition qui en est donnĂ©e gĂ©nĂ©ralement.

En effet la plupart des sociĂ©tĂ©s de capital risque, contrairement Ă  ce que l'on pourrait espĂ©rer, demande Ă  ce que l'entreprise dispose dĂ©jĂ  d'un volant de chiffre d'affaires, avec une rĂ©ponse classique : « nous ne sommes pas lĂ  pour permettre Ă  l'entreprise d'Ă©vangĂ©liser le marchĂ©, revenez nous voir lorsque vous aurez fait la preuve qu'il existe une clientèle ».

  • les FCPI sont Ă©galement dans cette dĂ©marche avec une difficultĂ© supplĂ©mentaire: en dessous d'un besoin financier infĂ©rieur Ă  500 000 euros, pour la plupart, vous ne les intĂ©ressez pas. Ce qui, vous en conviendrez, limite fortement le nombre d'entreprises potentiellement Ă©ligibles.

En ce qui concerne la politique fiscale celle-ci est peu incitative car la plupart des mesures sont plafonnées.


  • Le dispositif Madelin est loin d'avoir rĂ©volutionnĂ© le financement de la crĂ©ation d'entreprises.

Sinon comment expliquer que la France dispose de 10 fois moins de business angels que la Grande Bretagne, comment expliquer qu'un pays comme le Japon où il n'existait quasiment pas de business angels en 1 an a réussi à en comptabiliser plus de 3000 et ce n'est qu'un début.

Mais au Japon un particulier qui investit dans une entreprise peut déduire la moitié du montant investi de ses impôts qu'il devra payer au titre de ses plus-values. En France un couple marié pourra déduire au maximum 40 000 euros.

En ce qui concerne l'opportunité de création de la structure France Investissement, il est intéressant de se rapporter à une étude récente de la Caisse des dépôt et Consignation sur le comportement des sociétés de capital investissement.

Plusieurs indications:

  • les sociĂ©tĂ©s de capital investissement n'ont pas de difficultĂ©s pour mobiliser des fonds auprès de leurs souscripteurs. Ceci confirme l'interrogation que l'on peut avoir sur l'intĂ©rĂŞt de crĂ©er la structure de financement "France Investissement" qui va probablement apporter 2 milliard d'euros Ă  des organismes qui en ont peu besoin.
  • les sorties (revente des actions achetĂ©es lors de l'entrĂ©e au capital) sont rĂ©alisĂ©es dans de bonnes conditions: les plus values constatĂ©es au premier semestre 2006 sont supĂ©rieures de 25% Ă  celles affichĂ©es sur la mĂŞme pĂ©riode en 2005.
  • l'Ă©tude constate Ă©galement qu'il existe un goulot d'Ă©tranglement entre les flux d'entrĂ©es (les sommes collectĂ©es) et les flux de sorties (les investissements).

Ce faisant le financement des entreprises en phase de création ou de développement pour les PME n'est pas limité par un manque d'argent. Ce n'est pas un problème d'offre de financement mais plutôt un problème de distribution, d'allocation des fonds.

Ainsi créer une nouvelle structure de financement peut être justifiée si elle comble un manque dans la chaîne du financement de la création d'entreprises. C'est à dire le financement de:

  • la phase d'amorçage (validation de la technologie, dĂ©pĂ´t de brevet, prototype),
  • la phase de capital risque (lancement industriel et commercial du produit)

Or rien n'indique aujourd'hui que France Investissement va investir en priorité sur ces deux axes.

Derrière les mots il est urgent d'aller voir ce qui s'y cache car ne nous trompons pas lorsque l'on parle de capital risque en France il s'agit plutôt, sur le terrain, de capital développement

 

Des blogueurs lancent des pistes de réflexions pour faciliter la création d'entreprises

Depuis le début de l'année plusieurs blogueurs souhaitent lancer de nouveaux outils permettant de favoriser la création d'entreprises. Ainsi Patrick Amiel a "tiré" le premier en lançant l'idée suivante "que diriez-vous de constituer un fond d'investissement collégial?.

En gros, on réunit 100 personnes qui souhaitent investir chacune 5.000€ pour financer un ou plusieurs petits entrepreneurs. Soit 500K€ à investir collégiale ment au lieu de mettre ça sur un codevi ou en bourse?"

Jean Michel Billaut emboite le pas en s'interrogeant: "Pourquoi ne mettons- nous pas sur pied un "P2P capital venture" ? Une plate-forme permettant de faire connaitre des projets en dĂ©marrage, de rassembler ceux qui seraient prĂŞts Ă  mettre un peu de sous, (un peu Ă  la Prosper.com ), de faire une "due diligence" comme on dit dans les milieux autorisĂ©s, aussi en P2P ??? etc..."

Ces initiatives pour obtenir un effet de levier important sur la création d'entreprises doivent prendre en compte différentes données:

La Caisse des dépôt et Consignation a publié récemment une étude sur le comportement des sociétés de capital investissement.

Plusieurs indications:

les sociétés de capital investissement n'ont pas de difficultés pour mobiliser des fonds auprès de leurs souscripteurs. Ceci confirme l'interrogation que l'on peut avoir sur l'intérêt de créer la structure de financement "France Investissement" comme indiqué lors d'un précédent billet.

  • les sorties (revente des actions achetĂ©es lors de l'entrĂ©e au capital) sont rĂ©alisĂ©es dans de bonnes conditions: les plus values constatĂ©es au premier semestre 2006 sont supĂ©rieures de 25% Ă  celles affichĂ©es sur la mĂŞme pĂ©riode en 2005.
  • la plupart des sorties concernent la filière Technologie de l'information.
  • L'Ă©tude constate Ă©galement qu'il existe un goulot d'Ă©tranglement entre les flux d'entrĂ©es (les sommes collectĂ©es) et les flux de sorties (les investissements).

Ce faisant le financement des entreprises en phase de création ou de développement pour les PME n'est pas limité par un manque d'argent. Ce n'est pas un problème d'offre de financement mais plutôt un problème de distribution, d'allocation des fonds.

Ainsi créer une nouvelle structure de financement peut être justifiée si elle comble un manque dans la chaîne du financement de la création d'entreprises. C'est à dire le financement de:

  • la phase d'amorçage (validation de la technologie, dĂ©pĂ´t de brevet, prototype),
  • la phase de capital risque (lancement industriel et commercial du produit)

Pa rapport aux différentes réflexions menées afin d'augmenter la création d'entreprises, ou à minima de la faciliter il conviendrait de savoir si le gouvernement entend continuer la procédure d'aide qu'il avait mis en oeuvre courant 2006 pour accompagner la création de société de business angels.

Pour mémoire les caractéristiques principales étaient les suivantes:

Les sociétés de business angels regrouperont au minimum 4 personnes physiques (particuliers) qui souhaitent investir dans la création ou le développement d'entreprises en apportant des fonds en échange d'actions.

- Les investisseurs, qui sont des particuliers, bĂ©nĂ©ficieront d'une rĂ©duction d'impĂ´t lors de l'entrĂ©e au capital de l'entreprise financĂ©e : 25% des sommes investies, dans la limite du plafond de 40.000 euros pour un couple Ă©tabli par le dispositif Madelin en faveur des PME.

- De plus lors de la cession ultérieure des actions les investisseurs bénéficieront d'une exonération sur les plus-values réalisées.

- Chaque association souhaitant entrer dans ce programme et donc bĂ©nĂ©ficier d'une soutien financier pendant 3 ans devra rĂ©pondre Ă  diffĂ©rents critères, entre autre :

  • constituer un rĂ©seau officiel connu par le plus grand nombre,
  • investir dans des projets de crĂ©ation d'entreprises Ă  potentiel,
  • aider les crĂ©ateurs Ă  mobiliser d'autres types de financement en fonds propres,
  • conseiller les crĂ©ateurs,
  • Ă©valuer les projets,
  • accroĂ®tre le nombre d'investisseurs de proximitĂ©s par la mise en oeuvre d'actions de communication

L'aide de l'état sous la forme de subvention est une aide ponctuelle qui permet de stimuler la création d'association de business angels

Cette aide est donc accessible pendant les 3 premières années de création de l'association et ne pourra:

  • excĂ©der au total 100 000 euros,
  • ĂŞtre supĂ©rieure Ă  50% du budget de l'association.

De plus l'aide sera limitée à 1 000 euros par dossier présenté (2000 si forte activité de l'association)