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L'étude McKINSEY intéressante mais à ne pas emporter à la plage

Après un week-end merveilleux à la plage (Peyrac sur mer: 26°) j'ai trouvé le courage de lire l'étude McKinsey (donner un nouvel élan à l'industrie Française) destinée à faire un état des lieux concernant nos PME-PMI industriels tout en proposant des pistes d'amélioration.

Du courage il en faut car je ne m'attendais pas à un diagnostic réjouissant, et effectivement l'évolution de l'industrie Française reste préoccupante notamment depuis 1995.

On assiste de manière simultanée à :
  • une baisse des effectifs de 5% (de 95 Ă  2003)
  • une baisse des marges de 12% en moyenne (de 95 Ă  2003 »)
  • une baisse des investissements de 27% en moyenne (de 96 Ă  2003)
La faiblesse du dynamisme de nos PME/PMI est assez criante lorsque l'on constate qu'il y a trois fois moins d'entreprises françaises qui passent la barre des 15 millions d'euros de chiffres d'affaires que nos consoeurs Britanniques.

En ce qui concerne la sphère financière l'étude met en lumière plusieurs points:
  • un dynamisme du capital risque deux fois plus faible en France qu'en Grande Bretagne (Aujourd'hui il y a 10 fois moins de business angels en France qu'en Angleterre),
  • la rentabilitĂ© moyenne des entreprises Françaises est plus faible que celle constatĂ©e en Allemagne, Grande Bretagne et Etats-Unis.
Parmi les pistes de travail le cabinet propose:
  • de revoir la fiscalitĂ© applicable aux niveaux des actionnaires et des personnes physiques qui pourraient ĂŞtre amenĂ©es Ă  financer la crĂ©ation et le dĂ©veloppement des entreprises. Un impact fiscal beaucoup plus faible permettrait de compenser la prise de risque inhĂ©rente aux financement des entreprises.
  • La crĂ©ation de Small business Act Ă  la Française : au USA ce type de procĂ©dure permet de soutenir les PME/PMI par un apport de compĂ©tence, de conseil mais aussi de financement. De plus une partie des contrats publics sont obligatoirement rĂ©servĂ© aux PME/PMI.
  • Favoriser le dĂ©cloisonnement universitĂ© - recherche publique et entreprises. Il s'agit de favoriser une comprĂ©hension rĂ©ciproque des problĂ©matiques de chacun des acteurs mais Ă©galement de proposer des axes de coopĂ©rations. Par exemple affirmer Ă  cĂ´tĂ© de la mission de formation des universitĂ©s une mission de recherche industrielle en lien avec les entreprises.
Cette dernière proposition est intéressante d'autant plus qu'elle renvoi à une problématique de fonds : la connexion de nos universités avec le monde du travail et de l'économie.
Bien qu'ayant suivi des études de gestion, quel choc lorsqu'en maîtrise un professeur vous indique que la mission de l'université n'est pas « d'offrir aux entreprises des cadres correspondants à leurs attentes ».

Je vous raconte cela mais ça date de plus de 15 ans, cela a du forcément changé..non ?

Bon pour me remonter le moral je retourne Ă  la plage
 

"La France d'en bas" des Entrepreneurs indépendants est elle suffisamment écoutée par nos �lus?

Le Président de la République a lancé courant septembre le haut conseil de la science et de la technologie. Sous son autorité les membres du conseil seront appelés à conseiller, éclairer le gouvernement sur les choix et orientations à prendre en matière de :
  • recherche scientifique,
  • transfert de technologie et d'innovation.
Les 20 membres composant ce conseil appartiennent Ă  l'AcadĂ©mie des sciences ou au Collège de France ou Ă  dâ??autres structures de recherche.

On peut sâ??interroger sur la composition de ce comitĂ©; sans remettre en cause les compĂ©tences des membres il aurait Ă©tĂ© peut ĂŞtre opportun dâ??Ă©largir cette instance de rĂ©flexion Ă  des entrepreneurs, ingĂ©nieurs, consultants, techniciens qui au travers de start-up ou de PME-PMI font lâ??Ă©conomie de demain.

Le ministère de lâ??Ă©conomie et des Finances a su quant Ă  lui sâ??entourer dâ??experts dâ??horizon divers pour son rapport
« Les technologies clés 2010 ». L'étude qui a été menée répond à deux interrogations:
  • quelles sont les technologies qui assureront un avantage de compĂ©titivitĂ© et d'attractivitĂ© Ă  la France dans le monde Ă  l'horizon 2010-2015 ?
  • quelles orientations technologiques doivent prendre les acteurs publics pour rĂ©pondre Ă  ces impĂ©ratifs ?

La rĂ©alisation de lâ??Ă©tude a Ă©tĂ© confiĂ©e Ă  5 sociĂ©tĂ©s sous la conduite dâ??un cabinet de conseil.

Plus de 100 experts de lâ??industrie, des PME/PMI, de la recherche publique et des rĂ©seaux locaux dâ??accompagnement ont Ă©tĂ© mobilisĂ©s pour apporter une contribution prospective.

Pour Ă©valuer lâ??intĂ©rĂŞt que reprĂ©sente le point de vue des PME-PMI dans les problĂ©matiques dâ??innovation et de transfert de technologie on peut sâ??appuyer sur le bilan 2004 du CrĂ©dit ImpĂ´t Recherche.

Ce mĂ©canisme fiscal qui aide les entreprises dans leurs opĂ©rations de recherche et de dĂ©veloppement (via une rĂ©duction de lâ??impĂ´t sur les sociĂ©tĂ©s ou le remboursement dâ??une partie des dĂ©penses de R/D pour les jeunes entreprises) est intĂ©ressant puisquâ??il concerne Ă  la fois les TPE, PME et grands groupes.

Or si on analyse les bénéficiaires on remarque que sur 2004 :
  • 6 369 entreprises
  • 4 176 (TPE-PME indĂ©pendantes, non liĂ©es Ă  un groupe)
  • 880 groupes
Ainsi au niveau du CIR, presque 7 entreprises sur 10 qui innovent sont des TPE/PME/PMI.

Ces dernières doivent sûrement avoir quelques idées sur les tendances technologiques actuelles et futures�.
 

Et sâ??il y avait une corrĂ©lation entre le budget dâ??une Ecole de Commerce ou dâ??ingĂ©nieurs et sa rĂ©putationâ?¦

(Si vous ĂŞtes Français et Directeur dâ??une structure dâ??enseignement; pour votre moral ne lisez pas ce billet)

Privées ou publiques, les universités américaines peuvent percevoir des financements provenant du gouvernement fédéral et des Etats et instances locales, directement ou indirectement, sous forme de subventions pour le fonctionnement des établissements, contrats de recherche, ou bourses et autres aides pour les étudiants.

A cela, il faut ajouter deux modes de financement privés, très spécifiques à la culture économique américaine:

1- Le "fund raising", qui consiste à mener de véritables campagnes de levée de fonds auprès d'un large public (anciens élèves, entreprises, et autres), est pratiqué par les universités individuellement ou bien en groupe. 22 établissements d'enseignement supérieur privés et publics ont ainsi déjà recueilli en un mois un total de 256,3 millions de dons et promesses de dons , la somme de leurs objectifs pour l'année en cours est supérieure à un milliard de dollars.

2- Les "endowment funds" correspondent au capital financier des universités, principalement constitués et abondés par les dons collectés et une partie des intérêts de ce capital. Le placement de ces fonds peut engendrer des revenus très appréciables suivant l'importance des sommes placées .

Harvard University, dont les activités de " fund raising " sont parmi les plus fructueuses, vient d'annoncer un retour d'investissements de 16.7% sur son capital financier, lequel atteint ainsi 29,2 milliards de dollars, ce qui fait d'elle l'université la plus riche des Etats-Unis, très loin devant Yale University, classée en 2ème position par la National Association of College and University Business Officers (NACUBO), avec un capital nouvellement évalué à 18 milliards grâce à un rendement de 22.9% cette année !

Les revenus du considérable patrimoine de Harvard, subdivisé en environ 11.000 différents fonds, lui permettent de couvrir une grande partie de ses dépenses annuelles (aides-étudiantes, salaires des professeurs, maintenances des locaux, etc.).

Source : http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/39311.htm
 

Google gobe You Tube....

Le rachat de You tube par Google a été confirmé.

Les fondateurs de cette start up qui héberge des vidéos et la société de capital risque Sequoia Capital, qui possède 30% des actions, font une belle plus value:

  • Sequoia a vu sa mise initiale multipliĂ©e par 41 en 2,5 ans
  • Les fondateurs Chad Hurley, Steve Chen, et Jawed Karim devraient rĂ©cupĂ©rer chacun entre 100 et 200 millions de dollars
Google va lâcher dans cette histoire 1 ,65 milliards de dollars, reste Ă  savoir sâ??il sâ??agit de cash ou dâ??Ă©change dâ??actions.

Cette opération va indirectement revaloriser aux yeux des capitaux risqueur tous les business qui tournent autour de la vidéo sur le web.

Ce faisant Dailymotion, qui a son siège Ă  Paris et qui compte aujourd'hui 17 salariĂ©s et vise une trentaine d'embauches d'ici fin 2007devrait voir sa cĂ´te monter auprès des financiers. En effet lâ??entreprise propose aux amateurs de vidĂ©os de mettre leurs
« Ĺ?uvres » sur le site Dailymontion.

Après une première levée de fonds de 150 000 euros réalisé en juin 2005, la société française a levé en août 2006 7 millions d'euros auprès des sociétés de capital-risque Atlas Venture et Partech International.

Billet Ă  partir des sources : Techcrunch et news
 

Analyse et perpective du financement de la nouvelle Ă©conomie

Un podcast vidéo,ici, du fondateur de la société Chausson finance qui aborde différents thèmes:

- les nouvelles règles de la nouvelle économie ( les business models)

- la reprise des opérations de financement des start up

- une petite présentation de notre petit lapin préféré, voir un ancien billet.