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C'est quoi le capital investissement ? (suite)

Dans un précédent billet (ici) nous avions caractérisé ce qu'est le capital investissement à partir d'une définition*:

« Le capital investissement, c'est l'association entre un entrepreneur et un financier qui acceptent les risques de l'entreprise dans le but de partager les fruits futurs »

4 NOTIONS FONDAMENTALES ( dont une induite):

Nous avions identifié deux composantes:

1- L'association:

2- Les risques:

Deux notions doivent également être abordées:

3- Le partage des fruits

L'association entre l'entrepreneur et le financier a comme objectif principal la création de
« nouvelle valeur ». Cette notion de création de valeur est appréciée de manière différente selon les deux parties en présence:

a)- L'entrepreneur va analyser:
  • l'évolution de son salaire,
  • l'évolution de ses « rémunérations annexes » (prise en charge de frais kilométriques, des frais de restauration, des frais de représentation bien évidemment toutes ses dépenses ont toujours un lien avec l'activité principale de l'entreprise si, si je pense ce que je viens d'écrire naïf vous croyez ?)
  • l'évolution des dividendes perçus. Par exemple grâce à l'entrée au capital d'une société de capital risque l'entreprise PAGE RANK a pu financer l'acquisition d'une nouvelle chaîne de production.

    Ce faisant le chiffre d'affaires a augmenté et le résultat net comptable après impôt sur les sociétés est passé de 10 000 euros en 2005 à 50 000 euros en 2006.

    Notre entrepreneur possédant 80% des actions de la société va pouvoir toucher un revenu appelé dividende à hauteur de 40 000 euros (80% de 50 000 euros). Alors que l'année précédente bien qu'ayant 100% du capital il a perçu 10 000 euros de dividende.
  • l'évolution ou le maintien du statut social:
    Etre chef d'entreprise c'est également bénéficier d'une image, d'un statut social, voire souvent d'une identité qui se confond avec celle de son entreprise.

    Ce qui explique d'ailleurs pourquoi certains entrepreneurs dépassent les 70 ans et continuent de piloter leur entreprise sans songer véritablement à la transmission. Il est évident que lorsque pendant 30 ans vous avez travaillé 5 à 6 jours par semaine et entre 10 à 12 heures par jour, l'entreprise a nourri probablement votre portefeuille mais également votre personnalité. Pas facile d'abandonner un costume qui vous va si bien..

    Si à 99% les opérations d'ouverture de capital à des financiers résultent plus d'une obligation qu'une adhésion naturelle; il n'est pas rare que l'entrepreneur en question soit flatté et sans fait l'échos d'avoir comme associé une société de capital investissement.
b)- La société de capital investissement va analyser:
  • La rémunération qu'elle pourrait percevoir au titre des dividendes.
    Néanmoins dans le cadre de projet de création d'entreprise la probabilité de distribution de dividende est faible, dans la mesure où le résultat net comptable est réinvesti en général dans l'entreprise afin de financer de nouveaux investissements, constituer un fonds de trésorerie.
  • La plus value éventuelle qu'elle va percevoir lors de la revente des actions. Pour financer votre projet la société de capital risque vous a acheté chaque action 200 euros. Qu'elle est la probabilité que dans 5 ans chaque action vaille 300, 400, 800 euros? La rémunération de la société de capital investissement va donc résulter de la différence entre le prix de vente et le prix d'achat de chaque action.
  • Une troisième rémunération peut résulter d'un placement non pas sous la forme d'actions mais d'obligations convertibles. Dans ce cas la société de capital investissement adopte un comportement hybride entre le banquier et l'actionnaire. En effet la société de capital investissement va prêter de l'argent à votre entreprise avec la possibilité de convertir ce prêt en actions quand elle le souhaite.

    Nous aborderons probablement l'intérêt de ce type de placement ultérieurement mais ce qu'il faut retenir c'est qu"avec les obligations convertibles, le financier peut sous certaines conditions recevoir une rémunération sous la forme d"un double taux d"intérêt (taux d"intérêt sur les sommes prêtées et « taux d"intérêt » sur la non conversion des obligations en actions)
4- Le rapport entre la rentabilité prévisionnelle et le risque perçue.

Les opérations de capital investissement s"analysent du point de vue de l"investisseur comme une opération de placement financier. Votre entreprise, votre projet constitue une opportunité de placement comme peut l"être le placement sur un CODEVI, un PEL ou l"achat d"ctions cotées au CAC 40.

Désolé de vous l"annoncer comme cela, mais à ce stade de votre recherche de financement vous ne représentez qu"une opportunité de placement.

Ce faisant le chargé d"affaire qui analysera votre projet de création (si vous êtes un jeune entrepreneur) ou de développement (si vous êtes une PME-PMI mature) va faire le lien entre les probabilités de revenus et plus value futurs et les risques encourus comme nous l"vions indiqué précédemment (ici).

D"une manière générale, certains diront de manière théorique, les sociétés de capital investissement ne refusent pas en tant que telle la prise de risque. Car c"est la prise de risque qui potentiellement peut générer une plus value confortable.

Supposons deux entreprises qui affichent une rentabilités équivalente de 100 000 euros chacune (résultat net comptable).
  • L"entreprise Vieux moulin qui existe depuis 10 ans.
    Compte tenu de son passé, pour obtenir 20% du capital, la société de capital investissement va devoir payer 1 600 00 euros.
  • L"entreprise Précosse bébé qui elle existe depuis 1 ans.
    Compte tenu de la jeunesse de l"entreprise, ses associés ne pourront probablement pas obtenir la même valorisation que celle obtenue par l"entreprise Vieux moulin. En effet, toute chose étant égale par ailleurs (excusez-moi mon côté financier/scientifique qui remonte), le risque d"une jeune entreprise semble plus élevé que celle d"une entreprise mature.

    Ce faisant pour obtenir 20% du capital, la société de capital investissement va débourser 800 000 euros.
Au final l"entreprise Précose bébé constitue une opportunité d"investissement plus intéressante puisqu"elle offre une rentabilité de 12,5% (100 000/ 800 000 * 100) alors que l"entreprise Vieux moulin affiche une rentabilité de 6,25% (100 000 / 1 600 000 *100).

Cet exemple qui traduit la relation proportionel qui existe entre la rémunération d'un placement et son risque, vous la connaissez également à titre personnel.

En effet si vous placez votre épargne sur un codevi, vous ne prenez aucun risque par contre la rémunération sera également très faible. Par contre si vous achetez des actions cotées sur le marché boursier (CAC 40 par exemple) votre rémunération potentielle sera supérieure mais le risque également.. à vous de choisir.

*excepté la définition initiale (dont il faut que je retrouve l'auteur) l'ensemble du billet est une "production du blog".
 

Le Sénat lance la 9 ième édition du Concours Tremplin Entreprises

Cette manifestation doit permettre à des futurs créateurs d'entreprises ou dirigeants de jeunes entreprises:
  • de bénéficier d'une aide financière. Les candidats devront concourir obligatoirement dans l'une des catégories suivantes:

    • logiciels (logiciels d'entreprise, jeux, logiciels embarqués, logiciels accessibles par le web, CAO, autres logiciels techniques)

    • matériaux, composants et systèmes (équipements télécom, électronique, optique, énergie, innovations industrielles)

    • services (distribution de biens, service aux personnes et aux entreprises, commerce électronique, marketing)

    • sciences de la vie (biotechnologies, biopharmacie, medical devices, bio-informatique, diagnostics)

    Pour chaque catégorie un lauréat sera désigné et recevra la somme de 15 000 euros. De plus un prix spécial hors catégorie de 7 500 euros sera remis par l'Association Jacques Douce.
  • de présenter leurs projets innovants aux sociétés de capital risque,
  • de crédibiliser leur démarche dans la mesure où les candidats pré sélectionnés auront fait l'objet d'un filtrage qui se veut rigoureux. Pour information les modalités de sélections seront les suivantes:

    • Phase 1 : le Comité de sélection va étudier plus de 300 dossiers de candidatures. A l'issue de cette phase, 60 dossiers sont retenus.

    • Phase 2 : les 60 porteurs de projet retenus sont auditionnés par le Comité de sélection lors d'un grand oral, à l'issue duquel 30 lauréats sont distingués. C'est dans ces 30 que 4 lauréats bénéficieront d'une aide financière.
  • potentiellement de bénéficier d'une couverture médiatique.

Critères pour pouvoir participer au concours:

  • les projet doit correspondre aux 4 secteurs d'activités retenus (Logiciels, Matériaux, Composants et systèmes, Services Sciences de la vie)
  • en terme de stade de développement, toutes les maturités sont acceptées, du capital d'amorçage au capital développement.

    Néanmoins le coeur de cible de la manifestation est le capital risque.

    Ce qui veut dire que peut candidater:

    1-un particulier qui n'a pas encore créé la société,

    2-une société qui cherche des aides financières pour concevoir un prototype, identifier la bonne technologie pour concevoir son produit, déposer un brevet,

    3-une société qui est dans une phase de premier développement commercial et financement des premiers investissements pour lancer la production,

    4-une société qui est déjà mature (plusieurs années d'existence, bénéficiaire).

    Par contre il est clair que les candidats qui se reconnaîtront plus dans les points 2 et 3 auront plus de chance de faire partie des 30 sélectionnés et a fortiori des 4 lauréats.

Modalités logistiques:
  • Ouverture des candidatures le 1er janvier 2007
  • Date limite d'enregistrement des dossiers : 28 février 2007
  • Frais d'inscription : 60,00 euros TTC
 

C'est quoi le capital investissement?

« Le capital investissement, c'est l'association entre un entrepreneur et un financier qui acceptent les risques de l'entreprise dans le but de partager les fruits futurs »*

4 NOTIONS FONDAMENTALES ( dont une induite):

1- L'association:
  • L'entrepreneur va apporter un prototype, un brevet, une entreprise déjà en fonctionnement depuis plusieurs années.
  • La société de capital investissement va apporter ses conseils en management, stratégie, finance et son carnet d'adresses mais surtout de l'argent
2- Les risques:

Le risque de faillite

L'entrepreneur va prendre en compte:
  • Risque A: la perte potentielle des sommes investies dans la société
  • Risque B: un coût d'opportunité qui représente l'équivalent salaire qu'il aurait perçu s'il n'avait pas créé son entreprise.

    « Vous comprenez monsieur le financier si j'étais salarié au sein du groupe DUMOULIN je toucherais un salaire de 100 00 euros par an»

La société de capital investissement va prendre en compte:
  • Risque: la perte potentielle des sommes investies dans la société
Le risque de rentabilité

Le risque pour la société de capital investissement est que l'entreprise n'atteigne pas un niveau de rentabilité jugé suffisant.
Une entreprise qui afficherait des résultats constants ne constituerait pas une bonne « affaire » pour la société de capital investissement. En effet il lui serait difficile de réaliser une plus value sur la cession des actions si la société bien que rentable présente des résultats stagnants.

Pour justifier le prix de vente par action à 200 euros alors qu'elles ont été achetées 100 euros mieux vaut montrer que dans l'intervalle la société a créée plus de valeur.

Le risque d'illiquidité

La société de capital investissement a fait l'acquisition de titres de votre société afin de financer vos projets de développement. Cette collaboration est sur du moyen terme, dans la mesure où celle-ci a comme objectif de revendre sous 5 ans en moyenne les actions.

Ce faisant pendant une période non déterminée précisément la société de capital investissement ne va pas pouvoir vendre ses titres, elle est donc dans l'impossibilité de rendre
« liquide » au sens financier du terme ses actions.

Dans le cas d'une entreprise innovante la société de capital risque va devoir attendre la fin de la phase de prototypage, la fin des premières démarches commerciales et de production avant de pouvoir envisager la cession des titres à un industriel par exemple.

Le problème réside lorsque l'entreprise ne présente pas une situation économique suffisamment attrayante pour que la société de capital investissement trouve un repreneur de ses titres. Dans ce cas elle se trouve collée à l'entreprise, et donc ne peut pas rendre liquide sa participation.

Elle ne peut que constater une immobilisation financière qui la prive d'autres opportunités.

De nombreuses sociétés de capital investissement ont connu cette problématique notamment suite aux investissements réalisés pendant la « bulle internet ». Depuis 2005-2006 la situation est de nouveau plus saine et globalement les sociétés de capital investissement ont retrouvé des marges de manoeuvres.


*excepté la définition initiale (dont il faut que je retrouve l'auteur) l'ensemble du billet est une "production du blog".

Un peu de suspens...la suite dans un prochain billet

Actualisation du billet : pour la suite c'est (ici)
 

Un comparatif Entrepreneur Français / Entrepreneur Américain

businessfinanceFIDUCIAL et l'IFOP présentent les résultats d'une enquête croisée auprès de patrons de TPE américains et français afin de mettre en avant ce qui les rapproche et les différencie dans leur quotidien, leurs valeurs, leur conception de l'entreprise et du métier de dirigeant.

L'enquête a été menée auprès d'un échantillon représentatif de 500 dirigeants français de TPE et 1000 dirigeants de TPE basées aux Etats-Unis.

Les principaux enseignements:

- Un goût d'entreprendre partagé:

  • 54% des patrons français considèrent que les Français ont le goût pour entreprendre,</li>
  • 92% des patrons américains, considèrent que leurs compatriotes ont l'esprit d'entreprise</li>
  • Les patrons français se lancent dans l'aventure de la création d'entreprise pour satisfaire un besoin d'indépendance (35% contre 26% pour les Américains) et se réaliser (23% contre 10% pour les Américains)
  • Les patrons américains mettent également en avant la possibilité de gagner plus d'argent (17% contre 4% en France)
  • En France, les entrepreneurs se définissent d'abord comme indépendants, autodidactes (55% contre 40% d'américains) et chef d'entreprise (21% contre 9%), tandis qu'aux Etats-Unis, les dimensions de manager et de leader sont plus répandues (26% contre 6%).

- Un socle de valeurs communes:

  • Les patrons des 2 pays partagent une valeur : le sens de l'effort qu'ils considèrent comme l'atout indispensable pour diriger une entreprise (73% des dirigeants français, 63% des dirigeants américains).
  • Un engagement qui se traduit dans les horaires de travail : bien que les congés du chef d'entreprise soient plus élevés en France qu'aux Etats-Unis (en moyenne 19 jours/an contre 11), la durée moyenne du temps de travail hebdomadaire y est plus élevée (54 heures/semaine contre 52). Selon ces estimations, les chefs d'entreprise des 2 pays travailleraient en moyenne 2 600 heures par an, soit 950 heures de plus que le salarié français aux 35 heures.
  • Comme autres atouts pour diriger, les Français mettent en exergue l'expérience et la compétence ou le relationnel et le commercial (56% contre 28%) quand les patrons américains insistent plus sur la capacité à manager et le goût du risque (48% contre 22%).

- Une vie plus facile pour les entrepreneurs aux USA:

  • Les responsabilités et les tracas de la vie de dirigeant semblent moins ressentis aux Etats-Unis : 57% des Français trouvent qu'une entreprise représente beaucoup de tracas, contre 28% aux Etats-Unis.
  • Une majorité de dirigeants américains considère qu'il est plutôt aisé : d'innover sur de nouveaux produits ou nouveaux services (55% contre 37% pour les patrons français), d'obtenir des crédits bancaires (51% contre 27%),

ou de développer sa clientèle ou ses marchés (50% contre 35%).

- Optimisme et confiance en l'avenir:

  • Si l'optimisme à moyen terme des patrons est majoritaire en France et aux Etats-Unis, il est plus élevé chez les chefs d'entreprise américains (76% contre 53% sur le climat général, 85% contre 69% sur leur activité).
  • De plus, le taux de croissance de leur activité prévu pour les 2 prochaines années par les patrons américains est quasiment le double du taux espéré par les Français (4,5% contre 2,3% l'an).
 

La situation du capital risque / capital investissement

La Caisse des dépôt et Consignation a publié récemment une étude sur le comportement des sociétés de capital investissement.

Plusieurs indications :
  • le secteur ne connaît pas de problème particulier pour obtenir des financements auprès des souscripteurs habituels.

    Ceci confirme l'interrogation que l'on peut avoir sur l'intérêt de créer la structure de financement "France Investissement" (voir billet précédent ici)
  • les sorties (revente des actions achetées lors de l'entrée au capital) sont réalisées dans de bonnes conditions: les plus values constatées au premier semestre 2006 sont supérieures de 25% à celles affichées sur la même période en 2005.
  • la plupart des sorties concernent la filière Technologie de l'information.
  • en moyenne les sociétés de capital investissement lors du premier tour de table apportent 1.5 millions d'euros.
  • 67% des investissements sont réalisés dans les technologies de l'information.
  • 23% des financements sont attribués aux sciences de la vie.
  • l'industrie n'est pas oubliée avec 7 % des investissements dans ce secteur

L'étude constate également qu'il existe un goulot d'étranglement entre les flux d'entrées (les sommes collectées) et les flux de sorties (les investissements).

Il faut espérer que la France ne connaîtra pas la même situation que les Etats-Unis où certains fonds courant 2006 ont remboursé leur souscripteur faute d'investissement.