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C'est quoi le capital investissement?

« Le capital investissement, c'est l'association entre un entrepreneur et un financier qui acceptent les risques de l'entreprise dans le but de partager les fruits futurs »*

4 NOTIONS FONDAMENTALES ( dont une induite):

1- L'association:
  • L'entrepreneur va apporter un prototype, un brevet, une entreprise dĂ©jĂ  en fonctionnement depuis plusieurs annĂ©es.
  • La sociĂ©tĂ© de capital investissement va apporter ses conseils en management, stratĂ©gie, finance et son carnet d'adresses mais surtout de l'argent
2- Les risques:

Le risque de faillite

L'entrepreneur va prendre en compte:
  • Risque A: la perte potentielle des sommes investies dans la sociĂ©tĂ©
  • Risque B: un coĂ»t d'opportunitĂ© qui reprĂ©sente l'Ă©quivalent salaire qu'il aurait perçu s'il n'avait pas crĂ©Ă© son entreprise.

    « Vous comprenez monsieur le financier si j'étais salarié au sein du groupe DUMOULIN je toucherais un salaire de 100 00 euros par an»

La société de capital investissement va prendre en compte:
  • Risque: la perte potentielle des sommes investies dans la sociĂ©tĂ©
Le risque de rentabilité

Le risque pour la société de capital investissement est que l'entreprise n'atteigne pas un niveau de rentabilité jugé suffisant.
Une entreprise qui afficherait des résultats constants ne constituerait pas une bonne « affaire » pour la société de capital investissement. En effet il lui serait difficile de réaliser une plus value sur la cession des actions si la société bien que rentable présente des résultats stagnants.

Pour justifier le prix de vente par action à 200 euros alors qu'elles ont été achetées 100 euros mieux vaut montrer que dans l'intervalle la société a créée plus de valeur.

Le risque d'illiquidité

La société de capital investissement a fait l'acquisition de titres de votre société afin de financer vos projets de développement. Cette collaboration est sur du moyen terme, dans la mesure où celle-ci a comme objectif de revendre sous 5 ans en moyenne les actions.

Ce faisant pendant une période non déterminée précisément la société de capital investissement ne va pas pouvoir vendre ses titres, elle est donc dans l'impossibilité de rendre
« liquide » au sens financier du terme ses actions.

Dans le cas d'une entreprise innovante la société de capital risque va devoir attendre la fin de la phase de prototypage, la fin des premières démarches commerciales et de production avant de pouvoir envisager la cession des titres à un industriel par exemple.

Le problème réside lorsque l'entreprise ne présente pas une situation économique suffisamment attrayante pour que la société de capital investissement trouve un repreneur de ses titres. Dans ce cas elle se trouve collée à l'entreprise, et donc ne peut pas rendre liquide sa participation.

Elle ne peut que constater une immobilisation financière qui la prive d'autres opportunités.

De nombreuses sociétés de capital investissement ont connu cette problématique notamment suite aux investissements réalisés pendant la « bulle internet ». Depuis 2005-2006 la situation est de nouveau plus saine et globalement les sociétés de capital investissement ont retrouvé des marges de manoeuvres.


*excepté la définition initiale (dont il faut que je retrouve l'auteur) l'ensemble du billet est une "production du blog".

Un peu de suspens...la suite dans un prochain billet

Actualisation du billet : pour la suite c'est (ici)
 

Un comparatif Entrepreneur Français / Entrepreneur Américain

businessfinanceFIDUCIAL et l'IFOP présentent les résultats d'une enquête croisée auprès de patrons de TPE américains et français afin de mettre en avant ce qui les rapproche et les différencie dans leur quotidien, leurs valeurs, leur conception de l'entreprise et du métier de dirigeant.

L'enquête a été menée auprès d'un échantillon représentatif de 500 dirigeants français de TPE et 1000 dirigeants de TPE basées aux Etats-Unis.

Les principaux enseignements:

- Un goût d'entreprendre partagé:

  • 54% des patrons français considèrent que les Français ont le goĂ»t pour entreprendre,</li>
  • 92% des patrons amĂ©ricains, considèrent que leurs compatriotes ont l'esprit d'entreprise</li>
  • Les patrons français se lancent dans l'aventure de la crĂ©ation d'entreprise pour satisfaire un besoin d'indĂ©pendance (35% contre 26% pour les AmĂ©ricains) et se rĂ©aliser (23% contre 10% pour les AmĂ©ricains)
  • Les patrons amĂ©ricains mettent Ă©galement en avant la possibilitĂ© de gagner plus d'argent (17% contre 4% en France)
  • En France, les entrepreneurs se dĂ©finissent d'abord comme indĂ©pendants, autodidactes (55% contre 40% d'amĂ©ricains) et chef d'entreprise (21% contre 9%), tandis qu'aux Etats-Unis, les dimensions de manager et de leader sont plus rĂ©pandues (26% contre 6%).

- Un socle de valeurs communes:

  • Les patrons des 2 pays partagent une valeur : le sens de l'effort qu'ils considèrent comme l'atout indispensable pour diriger une entreprise (73% des dirigeants français, 63% des dirigeants amĂ©ricains).
  • Un engagement qui se traduit dans les horaires de travail : bien que les congĂ©s du chef d'entreprise soient plus Ă©levĂ©s en France qu'aux Etats-Unis (en moyenne 19 jours/an contre 11), la durĂ©e moyenne du temps de travail hebdomadaire y est plus Ă©levĂ©e (54 heures/semaine contre 52). Selon ces estimations, les chefs d'entreprise des 2 pays travailleraient en moyenne 2 600 heures par an, soit 950 heures de plus que le salariĂ© français aux 35 heures.
  • Comme autres atouts pour diriger, les Français mettent en exergue l'expĂ©rience et la compĂ©tence ou le relationnel et le commercial (56% contre 28%) quand les patrons amĂ©ricains insistent plus sur la capacitĂ© Ă  manager et le goĂ»t du risque (48% contre 22%).

- Une vie plus facile pour les entrepreneurs aux USA:

  • Les responsabilitĂ©s et les tracas de la vie de dirigeant semblent moins ressentis aux Etats-Unis : 57% des Français trouvent qu'une entreprise reprĂ©sente beaucoup de tracas, contre 28% aux Etats-Unis.
  • Une majoritĂ© de dirigeants amĂ©ricains considère qu'il est plutĂ´t aisĂ© : d'innover sur de nouveaux produits ou nouveaux services (55% contre 37% pour les patrons français), d'obtenir des crĂ©dits bancaires (51% contre 27%),

ou de développer sa clientèle ou ses marchés (50% contre 35%).

- Optimisme et confiance en l'avenir:

  • Si l'optimisme Ă  moyen terme des patrons est majoritaire en France et aux Etats-Unis, il est plus Ă©levĂ© chez les chefs d'entreprise amĂ©ricains (76% contre 53% sur le climat gĂ©nĂ©ral, 85% contre 69% sur leur activitĂ©).
  • De plus, le taux de croissance de leur activitĂ© prĂ©vu pour les 2 prochaines annĂ©es par les patrons amĂ©ricains est quasiment le double du taux espĂ©rĂ© par les Français (4,5% contre 2,3% l'an).
 

La situation du capital risque / capital investissement

La Caisse des dépôt et Consignation a publié récemment une étude sur le comportement des sociétés de capital investissement.

Plusieurs indications :
  • le secteur ne connaĂ®t pas de problème particulier pour obtenir des financements auprès des souscripteurs habituels.

    Ceci confirme l'interrogation que l'on peut avoir sur l'intérêt de créer la structure de financement "France Investissement" (voir billet précédent ici)
  • les sorties (revente des actions achetĂ©es lors de l'entrĂ©e au capital) sont rĂ©alisĂ©es dans de bonnes conditions: les plus values constatĂ©es au premier semestre 2006 sont supĂ©rieures de 25% Ă  celles affichĂ©es sur la mĂŞme pĂ©riode en 2005.
  • la plupart des sorties concernent la filière Technologie de l'information.
  • en moyenne les sociĂ©tĂ©s de capital investissement lors du premier tour de table apportent 1.5 millions d'euros.
  • 67% des investissements sont rĂ©alisĂ©s dans les technologies de l'information.
  • 23% des financements sont attribuĂ©s aux sciences de la vie.
  • l'industrie n'est pas oubliĂ©e avec 7 % des investissements dans ce secteur

L'étude constate également qu'il existe un goulot d'étranglement entre les flux d'entrées (les sommes collectées) et les flux de sorties (les investissements).

Il faut espérer que la France ne connaîtra pas la même situation que les Etats-Unis où certains fonds courant 2006 ont remboursé leur souscripteur faute d'investissement.