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FICHE 1 Comment et quand me faire connaître d'investisseurs financiers (capital risque, financement par un industriel...)

businessfinance Dans la série "10 fiches conseils pour lever des fonds" nous avons eu une phase introductive avec "Les questions essentielles à toute démarche de financement", voici maintenant la première fiche :FICHE 1 Comment et quand me faire connaître ?

Pour prĂ©server et faire fructifier les intĂ©rĂŞts de votre sociĂ©tĂ©, soyez vigilants. Ce qui tombe sous le sens, mĂ©rite, parfois, un questionnement plus rĂ©flĂ©chi. Voici quatre adages populaires que nous vous invitons Ă  « rĂ©Ă©valuer » pour que la discussion avec des investisseurs potentiels serve toujours au mieux les intĂ©rĂŞts de votre entreprise :

1. L’ARGENT N’A PAS D’ODEUR...

Tous les investisseurs, financiers ou industriels, ne se valent pas. Chaque investisseur aura sa stratĂ©gie propre : ĂŞtre majoritaire ou rester minoritaire, investir dans le long terme ou Ă  plus court terme, prendre des participations dans des entreprises d’un mĂŞme secteur ou diversifier ses intĂ©rĂŞts… Le choix d’un investisseur ou d’un autre, acteur financier ou industriel, n’est pas sans consĂ©quence et l’origine des fonds non plus. A vous de savoir sĂ©lectionner l’investisseur qui sera le mieux adaptĂ© Ă  la nouvelle page que vous souhaitez Ă©crire pour votre entreprise.

2. MIEUX VAUT TARD QUE JAMAIS...

Entrer en relation avec des investisseurs devrait toujours être le résultat d’une démarche volontaire et maîtrisée. Rechercher un investisseur lorsque l’on est en situation de faiblesse ne place jamais l’entreprise dans les conditions optimales d’un bon accord. Mieux vaut anticiper un besoin de financement car le temps de réaction d’un fonds ou d’un industriel peut représenter de nombreux mois, entre le premier contact avec l’entreprise et la décision d’investir. Donnez-vous les moyens de vos ambitions en optant pour la solution de financement et la typologie d’investisseurs qui donneront le plus de chance à votre projet dès l’élaboration de votre plan de développement (business plan). De même pour le financement d’un nouveau produit, l’ouverture d’une nouvelle division ou la conquête de nouveaux marchés, l’anticipation des besoins de financement vous permettra de garder la maîtrise de votre développement tout en rendant possible l’expansion de votre entreprise.

3. NE PAS SE FIER AUX APPARENCES...

Au-delĂ  de ces « fondamentaux », la valorisation de l’entreprise dĂ©pend de plus en plus de la perception qu’en ont ses publics. A ce titre, la qualitĂ© de votre communication jouera un rĂ´le dĂ©terminant. Comme vous faites appel Ă  des experts en matière financière et juridique, n’hĂ©sitez pas Ă  faire appel Ă des professionnels de la communication. Ils vous conseilleront dans votre stratĂ©gie de communication pour susciter l’intĂ©rĂŞt des investisseurs et vous accompagneront dans la rĂ©alisation de supports efficaces de prĂ©sentation de votre entreprise.

N’oubliez pas que toute prise de parole laisse une trace de manière durable et que vous n’avez pas deux fois l’occasion de faire une bonne première impression.

4. « NO RISK, NO RETURN » (Pas d’opportunitĂ© sans risque)

Certes… toutefois, efforcez-vous de bien identifier l’intention de l’investisseur et ses moyens financiers pour ne pas courir de risque inutile. Ne prenez pas de risque si l’opportunité ne se révèle pas à la hauteur de vos attentes.

5. LES PROMESSES N’ENGAGENT QUE CEUX QUI LES CROIENT

Avant d’opter pour une solution visant à accroitre les capacités financières de son entreprise, il est de la plus grande importance d’évaluer précisément la nature de son besoin. Pour une PME qui ouvre son capital, la Bourse n’est probablement pas, au moins dans un premier temps, la meilleure solution compte tenu de ses contraintes réglementaires.

Une introduction en Bourse prématurée peut être dangereuse en terme de coûts et de communication d’information. Un investisseur plus proche des préoccupations de l’entreprise peut s’avèrer une solution préférable.

 

Levée de fonds et maîtrise de l’information stratégique en 10 fiches conseil

businessfinanceAfin d'aider les entreprises dans leur démarche de levée de fonds, un service d'état, le haut Responsable Chargé de l’Intelligence Economique (HRIE) a mandaté un groupe de travail composé de professionnels de l’investissement appartenant au conseil stratégique de petites ou grandes entreprises, au capital-risque ou investissement, à la communication financière, au retournement de sociétés en difficultés, à la réglementation boursière ou à l’expertise-comptable.

Ainsi ont été mobilisé: AFG (L'Association Française de la Gestion financière ) , le Comité Richelieu, Syntec, France Angels, Paris Tech, AFIC (Association Française des Investisseurs en Capital) et Croissance plus.

Pour que s’installe un dialogue fructueux entre le chef d’entreprise en recherche de financement et les sociétés de capital investissement, il est déterminant que les entrepreneurs comprenne la logique particulière et se familiarise avec les codes des financiers.

Les dix fiches réflexes qui ont été réalisées visent à permettre à tout entrepreneur, quel que soit la taille ou le secteur d’activité de son entreprise, de poser les bonnes questions dès lors qu’il souhait développer son entreprise avec le concours d’un investisseur.

Avant de vous prĂ©senter les fiches sur une dizaine de jours il convient tout d'abord de se poser :

"Les questions essentielles à toute démarche de financement" (cliquer ici)

 

Les questions essentielles à toute démarche de financement

businessfinancePOURQUOI SE POSER CETTE QUESTION ?

Quelle que soit la nature de la société ou la maturité des produits, chaque chef d’entreprise cherche à répondre à des questions fondamentales qui l’aideront à faire le point et à envisager des scénarios de financement.

QUELLE EST VOTRE VISION STRATÉGIQUE DE VOTRE SOCIÉTÉ ?

  • Qu’apportez vous d’original sur votre segment de marchĂ© ?
  • Quels sont les acteurs phares du marchĂ© ?
  • Quels sont les concurrents du marchĂ© ?
  • Quelle est la tendance de votre marchĂ© ?
  • Quels sont vos avantages concurrentiels ?
  • Quel est votre risque le plus fort ?
  • Quels sont vos meilleurs atouts ?

QUELLE EST LA SITUATION ÉCONOMIQUE DE VOTRE ENTREPRISE ?

  • Y a-t-il un risque social liĂ© Ă  votre projet ?
  • Comment Ă©voluent vos rĂ©sultats ?
  • Comment Ă©voluent vos frais fi nanciers ?
  • Comment Ă©voluent vos dĂ©lais de règlements clients et fournisseurs ?
  • Comment Ă©volue votre besoin en fonds de roulement (BFR) et mobilisez-vous votre compte client ?

    Le BFR correspond à l’argent gelé par l’entreprise pour financer son cycle d’exploitation. Il regroupe l’ensemble des stocks et des créances clients moins les dettes fournisseurs.
  • PrĂ©sentez-vous une dĂ©pendance Ă  l’égard d’un client ou d’un fournisseur ?
  • Quelles relations entretenez-vous avec vos banques habituelles ?
  • Quelle est l’atmosphère sociale ?

QUEL RĂ”LE VONT JOUER LES RESSOURCES HUMAINES ?

  • Qui va s’occuper du projet ?
  • Avec quelle organisation projet ?
  • Quel sera le degrĂ© de qualifi cation requis ?
  • Quels seront les besoins de recrutement ?
  • Quels seront les besoins de formation ?
  • Quel Ă©chelonnement des besoins humains ?
  • Que coĂ»tera, mois par mois, le volet humain du projet ?

QUELLES VONT ĂŠTRE LES IMPLICATIONS JURIDIQUES ?

  • Comment protĂ©ger votre idĂ©e ?
  • Quelles sont les normes rĂ©glementaires Ă  observer ?
  • Quelles sont les modications de structures juridiques Ă  envisager ?
  • Quelles sont les autorisations administratives et rĂ©glementaires qui conditionnent la rĂ©alisation du projet ?
  • Quelle vision avez-vous des divers dĂ©lais juridiques ?

QUELS SONT LES ENJEUX LIÉS Ă€ L’ORGANISATION DU MANAGEMENT ?

  • Comment piloterez-vous le changement ?
  • Quel sera votre tableau de bord ?
  • Comment prĂ©serverez-vous le savoir-faire de l’entreprise ?
  • Avez-vous mesurĂ© les changements de taille de la sociĂ©tĂ© en cas d’investissement ?

La prochaine fiche : FICHE 1 Comment me faire connaĂ®tre ?

 

Le label Entreprise Innovante des Pôles de Compétitivité

businessfinanceLe label Entreprise Innovante des Pôles de compétitivité a été lancé le jeudi 3 juin dans les locaux de l’ESCP Europe sous l’égide du Ministère de l’Economie, de l’Industrie et de l’Emploi avec comme finalité: faciliter le financement des entreprises auprès des investisseurs privés en leur donnant plus de visibilité.

Le label « Entreprise Innovante des PĂ´les » fait l’objet d’une charte nationale qui a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© signĂ©e par 25 pĂ´les sur 72 ( tous devraient probablement s'engager dans cette dĂ©marche).

Pour gérer cette action une association a été créée: Polinvest. Celle-ci devra s'occuper de la mise en relation entre les investisseurs et les entreprises cibles.

L'association permettra donc aux investisseurs d'identifier des entreprises Ă  potentiel qui sont Ă©ligibles aux fonds communs de placements en innovation (FCPI) dans lesquelles investir.

Une Ă©quipe d'expert sera mis Ă  la disposition des entreprises afin de les aider Ă  lever des fonds.

Objectifs: entre 200 et 300 entreprises labellisées chaque année.

 

L'Ă©volution du capital risque

businessfinanceIl fut un temps non loin de nous, un peu plus de 7 ans, où le rapport de force entre les entrepreneurs et les sociétés de capital risque était plutôt à l’avantage des premiers.

La forme la plus spectaculaire était ces fameuses soirées ou journées où quelques créateurs présentaient leur projet en étant quasiment assurés d’avoir plusieurs propositions de financement pourvu que le business eu un rapport avec l’économie d’internet.

Depuis le balancier ne s’est pas rééquilibré mais a réalisé un 360° au profit des organismes de financement en haut de bilan. Ce faisant ces opérations de rencontre entre entrepreneurs et VC existent encore mais nettement moins et surtout avec beaucoup moins de frénésie.

Ce rapport de force inversé résulte du fait que dans la chaîne du financement de la création d’entreprises le parent pauvre est sans conteste le financement des dépenses de faisabilité technologique et commerciale.

Cette étape est cruciale puisque l’entrepreneur cherche des fonds pour finaliser son produit, pour concevoir le prototype voire déposer un brevet.... et ce 1 à 2 ans avant de lancer véritablement la phase de commercialisation et de production (dans le secteur de la santé, du médicament cela peut dépasser les 7 années avant d’être en mesure de commercialiser la solution).

Cette phase d’amorçage très risquée est peu appréciée par les sociétés de capital investissement qui préfèrent financer des entreprises "matures" (capital développement) ou des opérations de transmission (capital transmission).

Ce faisant combien y -a- t’il vĂ©ritablement de projets financĂ©s en phase d’amorçage ? 50,80,,... moins de 100 probablement. RapportĂ©e au nombre d’entrepreneurs en quĂŞte de financement, 500, 800 probablement plus de 1 000, la probabilitĂ© de rĂ©ussite est faible.

Concernant la phase de lancement commercial et de production (phase de capital risque), elle aussi est dĂ©laissĂ©e. MalgrĂ© les chiffres d'investissements annoncĂ©s, se cache une autre rĂ©alitĂ© :

  • beaucoup de financements dans cette phase ne concernent pas de nouvelles entreprises mais des re-financements. C’est-Ă -dire des sociĂ©tĂ©s qui ont dĂ©jĂ  Ă©tĂ© financĂ©es et qui bĂ©nĂ©ficient d’un second tour de table.
  • la phase de capital risque Ă  la française est particulière puisqu’elle ne correspond que peu avec la dĂ©finition qui en est donnĂ©e gĂ©nĂ©ralement. En effet la plupart des sociĂ©tĂ©s de capital risque, contrairement Ă  ce que l’on pourrait espĂ©rer, demande Ă  ce que l’entreprise dispose dĂ©jĂ  d’un volant de chiffre d’affaires, avec une rĂ©ponse classique : « nous ne sommes pas lĂ  pour permettre Ă  l’entreprise d’évangĂ©liser le marchĂ©, revenez nous voir lorsque vous aurez fait la preuve qu’il existe une clientèle ».


Les FCPI sont Ă©galement dans cette dĂ©marche avec une difficultĂ© supplĂ©mentaire : en dessous d’un besoin financier infĂ©rieur Ă  500 000 euros, pour la plupart, vous ne les intĂ©ressez pas.

Ce qui, vous en conviendrez, limite fortement le nombre d’entreprises potentiellement éligibles.

Donc il y a vĂ©ritablement un problème qui ne peut trouver sa solution que dans une politique destinĂ©e Ă  augmenter l’offre de financement :

  • En stimulant le nombre de business angels : lĂ  encore les dispositifs fiscaux sont compliquĂ©s, peu lisibles et surtout peu incitatifs car la plupart des mesures sont plafonnĂ©es.

Le dispositif Madelin est loin d’avoir révolutionné le financement de la création d’entreprises. Sinon comment expliquer que la France dispose de 10 fois moins de business angels que la Grande Bretagne, comment expliquer qu’un pays comme le Japon où il n’existait quasiment pas de business angels en 1 an a réussi à en comptabiliser plus de 3000 et ce n’est qu’un début.

Mais au Japon un particulier qui investit dans une entreprise peut déduire la moitié du montant investi de ses impôts qu’il devra payer au titre de ses plus-values. En France un couple marié pourra déduire au maximum 40 000 euros....

Il est vrai que la loi TEPA permettant de déduire du montant de l'ISF 75% des investissements réalisés va dans le bon sens néanmoins l'ISF moyen en France est de 6 700 euros... Sauf à consi­dé­rer que les 565 000 contri­buables ISF vont tous finan­cer des start up et que dans le même temps des dizaines de busi­ness angels vont finan­cer un seul projet…la solution miracle n'a pas encore été appliquée pour financer des projets entre 80 000 et 300 000 euros.

  • En stimulant les sociĂ©tĂ©s de capital investissement:

Visiblement sur les trois dernières années ont remarque que les sociétés de capital investissement n’ont pas de difficultés pour mobiliser des fonds auprès de leurs souscripteurs.

Par contre il existe un goulot d’étranglement entre les flux d’entrées (les sommes collectées) et les flux de sorties (les investissements).

Ce faisant le financement des entreprises en phase de création ou de développement pour les PME n’est pas limité par un manque d’argent.

Ce n’est pas un problème d’offre de financement mais plutôt un problème de distribution, d’allocation des fonds.

Alors peut être que pour stimuler le sociétés de capital investissement faudrait il que ces structures gèrent pour le compte de l'Etat et des Conseil Régionaux des fonds publics destinés à financer la phase d'amorçage avec en corolaire des exigences de rentabilité moins contraignantes.

Dans un souci de saine gestion, mais également de non gaspillage des fonds publics il semble opportun que ce soit des financiers professionnels et donc des capitaux risqueurs qui gèrent ces fonds plutôt qu'aux travers de nouvelles sociétés de capital risque 100% public.

S'il convient d'abaisser le niveau d'exigence et de rentabilité des sociétés de capital risque via la création d'un département "amorçage" il serait dangereux de supprimer toute référence à des notions de base qui sont:

  • au minimum la prĂ©servation du capital investi,
  • une rentabilitĂ© minimale recherchĂ©e.

Dans le cas inverse ces départements amorçages deviendraient des "monstres à subvention".... et là ma casquette de contribuable citoyen prendrait le dessus sur celle de Directeur de la Pépinière d'Entreprises de Narbonne.