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Les capitaux risqueurs indispensables au développement de l'innovation ?

businessfinanceJ'ai retrouv√© un article que j'avais stock√© il y a deux ans et qui avait pour objet de promouvoir la fili√®re capital risque. Loin de moi l'id√©e de remettre en cause le bien fond√© et l'utilit√© des soci√©t√©s de capital investissement...d'ailleurs en France c'est plut√īt le manque que le trop plein de v√©ritable capitaux risqueurs.

Par contre ce qui m'interpelle c'est l'argumentaire développé. Je reprend certains éléments associé à des commentaires.

Dans l'article est indiqu√© que l'innovation ne d√©coule pas seulement d'une excellente id√©e et d'un dur labeur. Il est √©galement n√©cessaire de disposer de capitaux pour l'exploiter, et en g√©n√©ral les banques ne sont pas dispos√©es √† financer la cr√©ation d'entreprises qui pr√©sentent de grands risques. C'est l√† o√Ļ les sp√©cialistes du capital risque entrent en jeu.

C'est gr√Ęce √† ces sp√©cialistes qu'un grand nombre d'innovations ont √©t√© mises sur le march√©. Sans eux, elles seraient rest√©es au stade de projet dans les laboratoires de chercheurs et dans l'esprit d'innovateurs, a d√©clar√© la vice-pr√©sidente de l'Association nationale des sp√©cialistes du capital risque (National Venture Capital Association ou NCVA), Mme Emily Mendell, lors d'une interview.

Les sp√©cialistes du capital risque, a-t-elle dit, recherchent des technologies qui bouleversent le statu quo, car c'est l√† o√Ļ on peut faire le plus d'argent. Un grand nombre d'entre eux sont d'anciens scientifiques et des cr√©ateurs d'entreprise qui sont capables de d√©couvrir les meilleures occasions.

Peut être qu'aux USA les chargés d'affaires sont d'anciens chefs d'entreprises, en France je n'en ai pas encore rencontrés...

Ensuite Mme Emily Mendell qui √©tait (ou est encore) Vice-pr√©sidente de l'Association nationale des sp√©cialistes du capital risque poursuit en indiquant que Microsoft, Apple, Intel, Genentech, Google, eBay, Cisco, AOL et Amgen figurent parmi les soci√©t√©s qui ont d√©marr√© gr√Ęce √† des capitaux √† risque.

Ce qui est faux en tout cas pour Google...les capitaux risqueur ont tout d'abord fermé la porte aux deux créateurs, ce sont deux business angels qui ont amorcé le projet à savoir l'ancien Président de SUN et un professeur de leur université....

Puis elle poursuit ¬ę Au cours de l'ann√©e √©coul√©e c'est le secteur des technologies non polluantes qui a connu la croissance la plus rapide parmi les entreprises financ√©es par les sp√©cialistes du capital risque. Il s'agit d'entreprises qui innovent dans des domaines tels que les √©nergies de remplacement et les √©nergies renouvelables, la r√©duction de la pollution et les √©conomies d'√©nergie, le recyclage et la production d'√©lectricit√© au moyen de techniques plus perfectionn√©es et plus durables. Il s'ensuit que le secteur du capital risque est bien en mesure d'aider notre plan√®te dans ces domaines tr√®s importants. ¬Ľ

Qu'est-ce qui rend une entreprise risquée ?

¬ę Les sp√©cialistes du capital risque recherchent en g√©n√©ral des entreprises qui viennent de voir le jour et qui n'ont pas souvent un plan d'entreprise ou des installations. Parfois, l'entreprise n'en est qu'au stade de l'id√©e ; parfois, c'est un projet issu d'un laboratoire d'universit√©¬Ľ.

Si cela est relativement exact il faut quand même nuancer car si les capitaux risqueurs cherchent des ruptures technologiques elles doivent être accompagnées d'un volant de chiffre d'affaires. En effet la phrase fétiche de nombreux capitaux risqueur est la suivante: "nous ne sommes pas là pour évangéliser vos cibles commerciales". Ce faisant revenez nous voir lorsque vous aurez déjà un carnet de commande rempli...

D'ailleurs aux USA le premier financeur en phase d'amorçage sont les particuliers (business angels) et non pas les capitaux risqueurs.

De plus elle indique que les capitaux risqueurs investissent des fonds mais aussi collaborent avec la direction de l'entreprise en lui fournissant des conseils et le savoir-faire qui peuvent l'aider √† r√©ussir. ¬ę Les sp√©cialistes du capital risque occupent presque toujours un si√®ge au sein du conseil d'administration de la nouvelle soci√©t√© et veillent √† ce que celui-ci adopte les strat√©gies les meilleures. Les investissements effectu√©s √† l'aide de capitaux √† risque sont presque toujours r√©serv√©s √† la recherche et au d√©veloppement, √† la commercialisation, √† l'embauche de salari√©s et √† l'accroissement du chiffre d'affaires, c'est-√†-dire √† l'expansion de la soci√©t√©. ¬Ľ

En France certains capitaux risqueurs refusent d'intervenir au sein des conseil d'administration afin de ne pas risquer d'engager leur propre organisme en cas de problème (gestion de fait, soutien abusif...)

Mme Emily Mendell fait ensuite un bilan sur les investissements:

"Lors de son lancement la jeune société ne fait pas de bénéfice et consacre ses fonds à son développement. Les investissements à l'aide de capitaux à risque ont en général une durée de cinq à dix ans maximum. Pendant cette période, et en général jusqu'à ce que l'entreprise se transforme en société anonyme en émettant des actions ou jusqu'à ce qu'elle soit acquise par une société plus grande, les investissements du spécialiste du capital risque n'ont aucune valeur monétaire.

Sur les quelque 11.000 entreprises financées au moyen de capitaux à risque dans les années 1990, environ 14 % sont devenues des sociétés anonymes et 33 % ont été acquises par d'autres sociétés, ce qui a permis aux investisseurs de faire des bénéfices.

D'o√Ļ viennent les capitaux √† risque ?

Les capitaux √† risque sont issus principalement de grands investisseurs institutionnels, tels que les caisses de retraite publiques et priv√©es, les fondations et dans une moindre mesure les personnes tr√®s riches. ¬ę Ces investisseurs, a dit Mme Mendell, placent leur argent dans une soci√©t√© en nom collectif cr√©√©e avec un √©tablissement de capital risque. Cette soci√©t√© se compose d'associ√©s qui sont responsables des capitaux investis dans une entreprise pr√©sentant de grands risques. ¬Ľ Les investisseurs cherchent √† obtenir un taux de rendement bien sup√©rieur √† celui qu'ils obtiendraient en Bourse pour leurs capitaux.

Si la plupart des capitaux √† risque sont investis aux Etats-Unis, les sp√©cialistes am√©ricains du capital risque s'int√©ressent de plus en plus √† des entreprises √† l'√©tranger, notamment en Chine, en Inde, en Isra√ęl, en Europe de l'Est, en Asie du Sud-Est et au Canada. Ils suivent les cr√©ateurs d'entreprise et vont donc l√† o√Ļ de grandes id√©es sont mises en pratique, a-t-elle fait remarquer.

Ce genre d'investissements, a-t-elle ajouté, est essentiel à l'innovation, à l'efficacité et à l'amélioration des techniques et des produits. Seuls les spécialistes du capital risque sont disposés à investir dans des entreprises risquées et ils le font d'une manière particulière et utile en collaborant avec le créateur d'entreprise pour donner vie aux meilleures idées.

Pour terminer ce billet et r√©pondre √† son titre on peu consid√©rer que les capitaux risqueurs constituent un maillon essentiel pour permettre aux entreprises de cro√ģtre. Mais bien qu'essentiel ils constituent la seconde marche de l'√©chelle de la croissance; la premi√®re est comprend la love money (l'argent de la famille des proches, l'argent du cŇďur) et les business angels....

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Commentaires
1.   Pascall  ‚Äļ  lundi 6 d√©cembre 2010 à 11:13

Aujourd'hui en France, le vrai problème des sociétés de Capital Risque, ce sont leurs clients, c'est-à-dire ceux qui investissent dans les fonds.
Pour leur vendre des parts, il est nécessaire de leur proposer un portefeuille de sociétés rassurantes, donc pas trop innovant et faiblement technologique (l'innovation est plus dans le concept que dans la technologie, l'ingénieur fait plus peur qu'il ne rassure).
Dans ces conditions, le rendement des fonds est très moyen voire largement négatif, le seul gain pour l'investisseur étant l'avantage fiscal.
Pour r√©soudre, le probl√®me, il faudrait une mobilisation des acteurs, mais c'est loin d'√™tre envisageable, la situation actuelle pr√©sentant trop d'avantages : la situation est confortable pour les fonds qui touchent des frais de gestion tr√®s √©lev√©s, mais √©galement pour l'√©tat qui peut annoncer un volume d'aides √† l'innovation qui ne lui co√Ľte aucun frais suppl√©mentaire, la gestion de ces aides √©tant d√©l√©gu√©e aux fonds.
Parmi ces acteurs, Le seul perdant est le client du fond, mais il est victime de ses propres peurs et si il va vers un fond plut√īt que d'investir en direct dans une entreprise, c'est qu'il ne se pr√©occupe pas trop de l'innovation.

Le vrai perdant de cette situation n'en n'est pas acteur et ne peut guère peser : c'est la société française tout entière qui se voit grignoter de toute part par les pays émergents...

 
2.   Jean-Philippe  ‚Äļ  lundi 6 d√©cembre 2010 à 14:10

Pascal rien √† rajouter, effectivement il s'agit d'un probl√®me syst√©mique..et rien n'est plus difficile que de faire √©voluer une fili√®re o√Ļ l'Etat et les grandes institutions sont main dans la main.

Combien de fois nous avons entendu qu'enfin il y aurait des financements pour la création d'entreprises: ce fut avec les FCPI (résultat O, allez demander à un FCPI de financer l'amorçage techno ou commerciale) , puis les FIP ( soit disant une partie réservée aux jeunes entreprises, effectivement ils investissent dans des entreprises entre 3 et 5 ans qui ont déjà de l'activité), France Investissement ce fonds de fonds....on ne voit toujours rien venir en direction de la création...A quand la prochaine annonce non suivie des faits ?

 
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