Remi GuilletCet article a été écrit par Rémi GUILLET aujourd’hui retraité. Ingénieur de l’Ecole Centrale Nantes (ex ENSM promotion 1966) il est aussi Docteur en Mécanique et Energétique (Université H. Poincaré-Nancy 1-2002) et diplômé en Economie/Gestion (DEA Université Paris 13-2001).
Son activité professionnelle l’a amené à travailler essentiellement en recherche appliquée dans le domaine de la combustion. Il s’est fait notamment connaître pour ses travaux sur la « combustion humide », recevant un Prix « Montgolfier » des Arts chimiques en 2002 (Prix décerné par la Société d’Encouragement de l’Industrie Nationale).

Il a été en charge du secteur Energie/BTP au siège de OSEO entre 1995 et 1998…


La santé de la planète est trop préoccupante pour la confier à un G8, 13 ou 20... Puisqu’en effet, il s’agit de la planète TERRE et l'ensemble des Etats est concerné en même temps que l'ensemble des individus (puissants et faibles, riches et pauvres)... Donc, comme l’économiste Prix Nobel Joseph Stiglitz le suggère, confions désormais ce "dossier" à une "ONU" élargie en la circonstance... à tous les peuples, avec leur sensibilité, leurs croyances, leurs valeurs morales et éthiques, tous affichant une inquiétude de plus en plus forte face aux changements que subit leur environnement.

En effet, les orientations issues d’une « entente » entre les plus puissants, quel que soit leur nombre, ne peuvent que constituer une réponse biaisée par rapport au « meilleur » souhaitable pour tous, pour aujourd’hui et pour plus tard … cela pour moult raisons.

D’abord, le critère de sélection des « G » étant la puissance économique, une puissance économique fondée sur un modèle de croissance dévastateur du patrimoine naturel et responsable du désastre écologique en cours, ne peut que rendre perplexe l’observateur quant à l’éclairage donné à la problématique et la capacité à rompre avec des défis devenus traditionnels, propres audit modèle. Cela d’autant moins que les représentants des « G » puissances, élus démocratiquement, sont d’abord des représentants issus de majorités victimes de la « pensée unique », peu enclines à abandonner leur culture « consumériste ».

Ensuite, aucun modèle ne semblant aujourd’hui poindre pour servir de fondement à une vraie alternative ne fait que réduire les chances d’un changement de cap… ce serait vers quoi ? Et cela est vrai au point que les pays émergents semblent être les premiers supporters du modèle occidental actuel avec ses excès, ses défis outranciers. Ainsi, la « société de con -sommation » peut être vue comme un « modèle » qui fait d’autant plus rêver qu’on n’y a pas massivement accédé ! Et l’iniquité croissante dans le partage de la richesse produite (ou le partage de la « capacité à consommer »), qui aboutit à de plus en plus de pauvreté et de précarité pour la majorité, ne fait qu’entretenir le mythe !

Alors, il y aurait peu de chance pour que des décisions prises démocratiquement par ceux qui « vivent » le modèle en cours mènent à un vrai changement de cap !

Dans un tel contexte, de nécessaire mais improbable changement d’orientation de nos défis, il devient utile de rappeler que l’individualisme, le « sauve-qui-peut », la quête du « toujours plus », la cupidité, l’éloge de la réussite démesurée sont des comportements qui relèvent plus de l’acquis que de l’inné. Ils ont pour pendants, l’altruisme, le partage, la solidarité, l’équité qui, du coup, sont intrinsèquement des valeurs porteuses de changement radical !

D’ailleurs, il est facile de témoigner que ces derniers « leitmotiv » sont (encore) de pratique courante ici ou là, dans telles ou telles contrées, et particulièrement chez les plus démunis, les exclus du développent économique « occidental ». Et cela suffit pour imaginer que ces oubliés, ces « hors circuits » des grands raouts internationaux peuvent apporter beaucoup à l’humanité à un moment où nous devons jeter un autre regard sur le monde, un regard plus responsable, un regard plus conscient de la fragilité des équilibres qui nous rendent cette planète vivable, un regard plus respectueux du patrimoine qu’elle recèle, un regard plus respectueux du caractère unique et fini de notre TERRE…

Alors, ces « autres voix » seraient-elles porteuses de suggestions menant à de nouveaux paradigmes ?… N’est-il pas paradoxal (mais excitant !) de penser que des « solutions » puissent émerger de débats entre pays « riches » et pays « pauvres », les derniers permettant aux premiers de sortir du piège économique, énergétique, écologique, sociétal, dans lequel ils se débattent !

Mais supposant que de nouvelles orientations - en rupture - émergent, encore faudra-t-il qu’une majorité les accepte selon un processus démocratique, puis les applique… Alors et à nouveau nous aurons, à coup sûr, besoin de « tout le monde » … (sans oublier que la participation de tous relève d’abord du respect d’une équité élémentaire !).

En attendant que les voeux de J. Stiglitz ne se réalisent, aurait-on conscience d’être dans « le mur » ou dans « l’impasse » (à chacun de choisir sa métaphore) ? Va-t-on s’y complaire ? … Les G8, G13 et autre G20 semblent bien peu aptes à prendre les mesures pertinentes, nécessaires et maintenant urgentes… pour un réel changement de cap !

Pour conclure ce bref article, voici, à fin d’illustration, une proposition (que nous pensons inédite) nécessitant une contribution de tous et un vote favorable de la communauté internationale, porteuse de modération dans l’usage des ressources naturelles « non renouvelables » (comme l’énergie fossile, la biodiversité menacée…) :

  • Que la planète soit rémunérée par un « impôt pour prélèvement planétaire », voire dans certains cas, par une « amende planétaire pour destruction de patrimoine » … destinés à alimenter un fonds de re-répartition mondial au bénéfice des victimes des dérèglements de l’environnement et autres abus de l’activité humaine, les besoins ne manquent pas et ne sont pas prêts de manquer ! Et l’humanité y trouvera son compte…

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