Carte de la frabceLe secrétaire d’Etat chargé de l’Emploi a dialogué en direct avec les internautes, le 16 octobre 2008.

Ce chat a porté sur le nouveau Service public de l’emploi issu de la fusion de l’ANPE et du réseau des Assedic. Le nouveau nom et les nouveaux services pour les demandeurs d’emploi ont été présentés par le Secrétaire d’Etat chargé de l’Emploi.

Ci-dessous un extrait du script du chat

ModĂ©rateur : Bonjour Ă  tous, le chat commence dans quelques minutes. Posez dès maintenant vos questions...

* JJBB35 : Est-ce que L’ANPE est plus efficace et y a-t-il un meilleur contrĂ´le des chĂ´meurs ou des demandeurs d’emploi ?

L. Wauquiez : On considère que l’accompagnement par l’ANPE offre un gain d’efficacitĂ© de 20% pour trouver un emploi.

Max : Quelle sera la rĂ©partition des rĂ´les entre le nouvel opĂ©rateur et les Maisons de l’Emploi ?

L. Wauquiez : Il faut dire les choses clairement. Les maisons de l’emploi ont Ă©tĂ© crĂ©Ă©es car on n’osait pas fusionner l’ANPE et l’ASSEDIC. Les maisons de l’emploi apporteront d’autres choses Ă  travers les missions locales et l’orientation.

Laurent : Quel est le coĂ»t estimĂ© de cette fusion ? Qui va payer ? (recherche d’un logo - recherche d’un nom - immobilier (nouveaux sites et sièges) - signalĂ©tiques - brochures - site internet - formations de plusieurs dizaines de milliers d’agents en vue de la polyvalence, etc.)

L. Wauquiez : Tout d’abord le coĂ»t pour trouver le nom est de 135 000 euros. C’est un prix compĂ©titif. On a vraiment essayĂ© de faire au plus juste. Je suis auvergnat et nous avons la rĂ©putation de compter chaque sou. Donc j’essaie que la rĂ©forme soit bien ajustĂ©e en termes de dĂ©penses. Bien sĂ»r, cela a un coĂ»t car il faut former les agents. Mais c’est un investissement qui vaut la peine. Cela va amĂ©liorer leur efficacitĂ© et donc ce sont des gains Ă  terme. Par ailleurs, il y a deux services de gestion des RH, deux services de compta, etc. Cela fait beaucoup de monde qui n’est pas au service des demandeurs d’emploi.

pourvoir : La fusion ASSEDIC-ANPE va-t-elle contribuer Ă  ce que l’ANPE s’intĂ©resse un peu plus au public des bĂ©nĂ©ficiaires des minimas sociaux (notamment RSA) et non pas uniquement aux demandeurs d’emploi indemnisĂ©s par l’ASSEDIC ?

L. Wauquiez : C’est une question importante car un des buts de la rĂ©forme est de savoir si cela va les aider ou non. Aujourd’hui, vous avez des aides Ă  la mobilitĂ© aux ASSEDIC si vous entrez dans les cases. Ce qui m’intĂ©resse, c’est de savoir si on vous aide Ă  trouver un job. Maintenant, on ne vous aidera pas en fonction de votre bon ou mauvais statut, mais parce que cela vous aidera Ă  trouver un emploi.

isidore61 : C’est la 1re fois qu’une fusion entre 2 opĂ©rateurs qui ont des statuts et des missions diffĂ©rentes se rĂ©alise ; avez-vous vraiment pris la mesure de la complexitĂ© de la dĂ©marche ? Cette complexitĂ© ne pourrait-elle pas amoindrir, du fait des longues nĂ©gociations et du coĂ»t, les bĂ©nĂ©fices de la fusion ?

L. Wauquiez : C’est vrai, c’est une très grosse opĂ©ration. C’est 45 000 agents, 1 500 sites sur le territoire. On demande un gros effort aux agents. Souvent, le travail fait par les agents ASSEDIC est caricaturĂ© et Ă  tort. C’est parce qu’ils ont fait ce job que pour le PĂ´le Emploi, je suis confiant. Je ne veux pas que ce soit juste la rĂ©forme d’une usine Ă  gaz administrative, mais je veux qu’on amĂ©liore le service rendu.

BĂ©atrice : Les mĂ©tiers des agents ANPE et ASSEDIC sont très diffĂ©rents. Chacun va-t-il devoir apprendre le mĂ©tier de l’autre ?

L. Wauquiez : Oui, en partie. D’abord, c’est un mĂ©tier qui est complexe dans lequel il y a une vraie spĂ©cialitĂ©. Quand vous ĂŞtes ASSEDIC, il faut connaĂ®tre le domaine juridique. Mais il faut que tous les agents pour l’emploi puissent ĂŞtre en lien avec les demandeurs d’emploi. Derrière, il y a des tâches plus spĂ©cialisĂ©es avec des agents plus spĂ©cialisĂ©s. Une formation sera faite pour les agents afin de leur permettre de mieux se connaĂ®tre. C’est un beau dĂ©fi, dans une vie professionnelle, de pouvoir moderniser le travail qu’on rend. L’accompagnement pour les demandeurs d’emploi, c’est un beau dĂ©fi !

Tengaar : Les agents PĂ´le Emploi auront-ils plus de temps pour s’intĂ©resser aux entreprises et les mettre plus en relation avec les demandeurs d’emploi ?

L. Wauquiez : C’est une question très importante car le service public de l’emploi est lĂ  pour s’occuper des demandeurs d’emploi, et aussi pour rĂ©cupĂ©rer les offres. Un des gros avantages de la crĂ©ation de PĂ´le Emploi, c’est qu’on va mettre la culture et les compĂ©tences ensemble. Je souhaite qu’on dĂ©veloppe des partenariats avec les entreprises sur la durĂ©e, que nous les accompagnions vraiment, en leur proposant les personnes, les formations, etc. C’est dans cette logique qu’il faut crĂ©er une force de prospective pour aller chercher les emplois un Ă  un.

christandebeziers : L’UNEDIC est bĂ©nĂ©ficiaire cette annĂ©e mais le « bĂ©nef » a Ă©tĂ© retirĂ© pour financer autre chose, pourquoi ?

L. Wauquiez : L’UNEDIC est bĂ©nĂ©ficiaire certes mais ce n’est pas fait pour ça. On a suffisamment de choses Ă  faire, comme bien accompagner les gens et arriver Ă  financer tous nos dĂ©fis. Une partie de l’argent de l’UNEDIC, 10%, sert Ă  financer cette rĂ©forme. C’était dĂ©jĂ  le cas avant, il s’agit de financer l’amĂ©lioration pour les demandeurs d’emploi.

Karim : Quand est-il de la mobilitĂ© des demandeurs d’emploi après l’expĂ©rimentation ?

L. Wauquiez : C’est un sujet qui me tient très Ă  cĹ“ur. Je viens d’un dĂ©partement plutĂ´t rural, la Haute-Loire, dans lequel les questions de mobilitĂ© ne sont pas nĂ©gligeables. Si vous n’avez pas des aides pour la mobilitĂ©, vous ne pouvez pas y arriver. Quelqu’un qui n’a pas son permis de conduire a des chances rĂ©duites d’accĂ©der Ă  un emploi. Cela vaut donc la peine d’investir lĂ -dessus. Je prĂ©fère financer le permis de conduire, ou le prĂŞt d’une voiture plutĂ´t que de laisser galĂ©rer quelqu’un.

Mr Douh : La crise financière va-t-elle impacter l’emploi ? Est-ce que la fusion va apporter un plus dans cette gestion de crise ?

L. Wauquiez : Oui, elle va impacter l’emploi. Ce ne serait pas honnĂŞte de dire l’inverse. Par contre, mon travail est d’essayer de protĂ©ger le plus possible le secteur et d’amortir le choc. C’est ce qu’on essaie d’ailleurs en crĂ©ant PĂ´le Emploi. C’est ce qu’on essaie aussi de faire en travaillant sur la formation professionnelle pour qu’elle bĂ©nĂ©ficie Ă  ceux qui en ont vraiment besoin. Hier, par exemple, on a signĂ© une convention avec BNP Paribas pour dĂ©velopper des emplois dans le service. J’aime bien quand les banques s’occupent de ça. C’est aussi en allant chercher les nouveaux emplois, je pense aux emplois verts pour le dĂ©veloppement de l’écologie ou le secteur du service Ă  la personne. Je suis très intĂ©ressĂ© que les internautes posent des questions lĂ -dessus. Ma vision de la politique de l’emploi, c’est de prĂ©fĂ©rer des mesures pragmatiques plutĂ´t que des grosses usines Ă  gaz. Aider, par exemple, quelqu’un Ă  passer son permis de conduire, c’est lui permettre de trouver un emploi près de chez lui. Je crois beaucoup Ă  ces mesures concrètes, très pragmatiques.

brigitte : Je dĂ©plore un peu que les agents de l’ANPE nous envoient des offres qui ne correspondent absolument pas Ă  notre profil ?

L. Wauquiez : Je comprends ce que dit Brigitte. En mĂŞme temps, il ne faut pas jeter la pierre Ă  l’ANPE, ils gèrent beaucoup d’emplois et beaucoup d’employeurs. Parfois, quand on est employeur, on se retrouve avec des piles d’offres. Cela fait partie des secteurs oĂą l’on a une marge d’amĂ©lioration, cela fait aussi partie des sujets sur lesquels on veut passer des partenariats pour les techniques de recrutement. Une technique de recrutement que j’aime bien... C’est de faire des recrutements en regardant le profil des gens, ce qu’ils ont au fond d’eux-mĂŞmes, s’ils peuvent devenir de bons collaborateurs. Ce n’est pas le diplĂ´me qui compte.

Alpharad : L’accompagnement renforcĂ© des demandeurs d’emplois n’est-il pas une manière cachĂ©e de pouvoir accroĂ®tre le nombre de radiations ? (pièges Ă  radier)

L. Wauquiez : Ce n’est pas le but, mais le but est quand mĂŞme, mĂŞme en pĂ©riode de crise, de refuser ceux qui abusent du système. On veut mieux accompagner ceux qui cherchent un job. Il y a des gens qui sont indemnisĂ©s en France, et qui travaillent en Belgique. Je ne peux pas accepter ça. Ces gens prennent l’argent qui pourrait ĂŞtre mieux utilisĂ© pour ceux qui cherchent de l’emploi. On n’accepte pas tout et n’importe quoi.

Malik34 : Je suis agent ANPE, Ă  quand l’objectif fixĂ© par Mme LAGARDE de 30 demandeurs d’emplois Ă  suivre par conseiller ? J’en ai actuellement 140 Ă  suivre par mois.

L. Wauquiez : Pardonnez-moi, ce n’est pas Ă  moi de le dire car vous connaissez mieux votre mĂ©tier que moi, mais la moyenne de demandeurs d’emploi suivis par conseiller est de 80 aujourd’hui. Mais si on vous met des personnes vraiment Ă©loignĂ©es de l’emploi, c’est impossible. Sur ces 80, s’il y a des cadres, il n’y aura pas de problème Ă  le faire. En Suède par exemple, 80 demandeurs d’emploi sont suivis, mais ils arrivent Ă  mieux spĂ©cialiser les accompagnements. Cela aboutit Ă  une efficacitĂ© plus importante. Je raisonne plus dans l’objectif de « faciliter votre travail ».

Michel49 : Pourquoi les agents ANPE qui placent les chĂ´meurs ne sont pas issus du monde actuel de l’entreprise ? Car hĂ©las, beaucoup ne connaissent rien au monde actuel.

L. Wauquiez : Tous les agents du futur PĂ´le Emploi mĂ©ritent mieux que la caricature. Il y en a plein qui viennent de l’entreprise. Donc il y a un vrai brassage. Ce n’est pas les agents qui sont mauvais, c’est le système qui n’était pas bon. Les coupables, c’est nous les politiques.

alfredob : Comment peut-on privilĂ©gier le sauvetage des banques Ă  la prĂ©caritĂ© et au chĂ´mage ? Je trouve ça inhumain

L. Wauquiez : Bien sĂ»r que les chiffres annoncĂ©s donnent le vertige avec tous ces milliards d’euros. Il faut comprendre que ce n’est pas de l’argent qui sort, c’est un engagement, une signature faite par l’État destinĂ©e Ă  redonner confiance. C’est une erreur d’opposer le secteur Ă©conomique et financier et le job que vous aurez. Ce qui m’intĂ©resse, ce n’est pas de sauver les banques pour sauver les banques, mais pour sauver les emplois. Mon job est surtout de m’occuper de l’emploi et de ceux qui en cherchent un. Il faut qu’on garde espoir, qu’on se batte, il y a une tempĂŞte, il faut tout faire pour essayer d’amortir la crise. Mes derniers mots seront pour les gens de « PĂ´le Emploi », pour leur dire qu’aujourd’hui, c’est un jour important. Ils changent de nom et on leur demande beaucoup d’efforts. Je voulais les remercier de toute l’énergie qu’ils vont dĂ©velopper, car leur job est très beau. Ils peuvent redonner de l’espoir Ă  des gens.