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Différence entre le financement US et le financement made in france

retis 2Si l'on devait de manière assez synthétique et rapide comparer le financement de la création d'entreprises en France et celui des USA et plus particulièrement de la Silicon Vallée on pourrait indiquer:

- Aux USA il existe des dizaines d'investisseurs clés, en tant que tel obtenir l'aval de l'un d'entre eux entraîne presque automatiquement l'accord d'autres confrères VC.

- La silicon Vallée propose des ressources (techniques, logistiques, humaines ) importantes et complémentaires pour accompagner la création de start-up.

- La puissance de feu des sociétés de capital investissement est collossale avec la possibilité de mobiliser des dizaines de millions de dollars.

- Les investisseurs financiers au-delà de l'argent apportent véritablement:

  • des conseils en stratĂ©gie et organisation de la filière
  • des solutions pour aider l'entreprise Ă  produire (mise en relation avec des sous-traitants, aide directe au recrutement...) et Ă  vendre (mise en relation avec des clients) tout cela grâce Ă  un carnet d'adresses qui Ă  lui seul peut justifier leur entrĂ©e.
    En France si les sociétés de capital investissement offrent les mêmes promesses, la réalité quant à elle me semble nettement plus éloignée.

Par exemple Jeff Clavier (un des plus important VC) dispose d'un relationnel très poussé avec des entreprises comme Microsoft, Yahoo, Google....Avoir Jeff Clavier au capital de sa société assurément cela vous ouvre des portes...peu de chance que vous connaissiez le barrage de la secrétaire si vous souhaitez contacter les grands groupes cités.

- Des universités qui forment des salariés en prise directe avec les métiers et compétences recherchés

- Des groupes internationaux et des entreprises leader dans le secteur sont à proximité, ce qui favorise le business inter-entreprises.

- Des investisseurs financiers qui ont choisi délibérément d'investir dans la phase d'amorçage (early stage)

Alors il peut être tentant pour un créateur français d'aller chercher de l'argent auprès de fonds américains surtout si l'on adhère au regard plutôt critique que porte le rédacteur de Techcrunch.fr et directeur général du fonds israélien Lightspeed Gemini Internet Lab, Ouriel Ohayon.

Ce dernier indique que « Vu d'IsraĂ«l, des Etats-Unis, ou de la CorĂ©e du Sud, les investisseurs français restent frileux. » Les levĂ©es hexagonales oscillent, en moyenne, entre 1 et 5 millions d'euros, alors qu'elles dĂ©passent souvent les 10 millions de dollars outre-Atlantique. « En France, on rĂ©plique beaucoup ce qui a Ă©tĂ© fait ailleurs. » Et quand les sociĂ©tĂ©s innovent, comme Netvibes ou Wikio, elles sollicitent des fonds Ă©trangers. Les rĂ©ussites françaises devien­nent vite des proies faciles, Ă  l'instar d'iBazar et de Kelkoo.

Alors tenté par une levée de fonds en terre américaine... pas facile car même si votre marché est par nature mondial il vous sera très difficile de motiver des investisseurs américains car:

  • en early stage (amorçage) ce qui importe c'est l'apport de compĂ©tence que les capitaux risqueurs vont pouvoir vous transmettre. Or si votre entreprise n'est pas Ă  proximitĂ© du siège social du VC, ou de son lieu de rĂ©sidence cet Ă©change d'expĂ©rience ne sera pas efficace et pĂ©renne.
    Jeff clavier investit dans des entreprises qui sont en général à 50 Km autour du siège de sa société de capital risque.
  • si votre sociĂ©tĂ© est basĂ©e en France cela veut dire probablement que la première phase de dĂ©veloppement est franco-française voire europĂ©enne. LĂ  encore on investit sur les marchĂ©s que l'on connaĂ®t bien.
    Tout VC pour étudier un projet se met à la place du client pour évaluer si en tant que tel il serait intéressé. Il est facile pour un américain de se mettre à la place d'un américain désirant acheter un nouveau 4*4 révolutionnaire, moins évident de se mettre à la place d'un français qui voudrait acheter la dernière nouvelle boisson dérivée du vin....Ainsi les barrières culturelles, les moeurs peuvent constituer un frein à la bonne compréhension d'un projet.

Au total selon Jeff Clavier sur les 20 entrepreneurs français qui le contactent chaque année pour tenter leur chance presqu'aucun n'arrive à lever des fonds made US.

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Commentaires
1.   GaĂŻc  â€ş  lundi 28 mai 2007 à 14:39

Ce qui me surprend le plus dans cette article, c'est le petit nombre d'entrepreneurs qui contacte Jeff Clavier...

je crois que les entrepreneurs français manquent surtout de visibilité au niveau national. Je connais, par exemple, quelques personnes qui veulent investir dans des jeunes pouces ... Mais qui ne savent pas bien où chercher.

En France, on manque surtout de dynamisme Ă  tous les niveaux... ou presque

 
2.   Jean-Philippe  â€ş  mardi 29 mai 2007 à 18:33

Avis Ă  tous les chercheurs de fonds GAĂŹC connait des business angels....alors rendez vous sur son blog: gaic.wordpress.com/

Sans rancunes GAĂŹC......

 
3.   GaĂŻc  â€ş  mercredi 30 mai 2007 à 04:02

Jean-Philippe,

Aucune rancune...

D'ailleurs, je reprenais les propos de notre président Nicolas Sarkozy. Si la France connait assez peu de création d'entreprises (300 000 en 2006, il me semblent, pour 450 000 par mois aux USA) ce n'est pas seulement pour des raisons fiscales ou administratives. Même si ça n'aide pas...

On estime à 4000 le nombre de business angels, un chiffre qui à mon avis ne reflète pas le potentiel d'investisseurs. Surtout avec la multiplication des Golden Parachutes pour incompétence...

Il nous manque peut être le goût du risque... Lean Forward!

Les investisseurs dont je parlais cherchent Ă  investir dans la Nanotechnologie... en France ou en Europe.

Merci d'avoir mentionné mon blog!

 
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